Rechercher

COVID : Si Israël atteint 45 000 cas, cela pourrait coûter 123 M NIS par jour

La récession prendrait forme si une part importante de la population active tombe malade ou est bloquée en quarantaine, selon le gouverneur de la Banque d'Israël

Ricky Ben-David est journaliste au Times of Israël

Le gouverneur de la Banque d'Israël Amir Yaron s'exprime lors d'une conférence de presse à la Banque d'Israël à Jérusalem, le 7 janvier 2019. (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)
Le gouverneur de la Banque d'Israël Amir Yaron s'exprime lors d'une conférence de presse à la Banque d'Israël à Jérusalem, le 7 janvier 2019. (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)

Si Israël atteint 45 000 infections confirmées au COVID-19 par jour, cela pourrait coûter à l’économie environ 123 millions de shekels par jour et jusqu’à 2,5 milliards de shekels tous les 20 jours, a estimé lundi la Banque d’Israël.

Le variant hautement contagieux du coronavirus Omicron balaie actuellement Israël, faisant grimper les taux d’infection à des niveaux record, mais le pic de la vague n’est pas encore passé. Le professeur Salman Zarka, chargé du gouvernement pour la lutte contre le coronavirus, a déclaré lundi que ce pic n’arriverait que dans trois à cinq semaines et a prévenu qu’il faudrait envisager un « confinement important ».

Le gouverneur de la Banque d’Israël, Amir Yaron, s’est exprimé lundi devant la commission des Finances de la Knesset pour présenter les estimations de la Banque centrale sur l’économie.

« A ce stade, nous ne parlons pas d’une évolution macro-économique », a déclaré Yaron. « La plupart des estimations portent sur une vague relativement courte – un certain nombre de semaines – c’est pourquoi le coût pour l’économie par cas confirmé de coronavirus n’a pas de proportions macro-économiques », a-t-il dit, selon une traduction de Reuters.

Un restaurant fermé dans la rue Dizengoff à Tel-Aviv, pendant un confinement national, le 6 janvier 2021 (Miriam Alster/FLASH90)

D’après M. Yaron, la récession prendrait forme si une part importante de la population active tombe malade ou est bloquée en isolement, ce qui aurait un impact sur l’activité économique et la consommation.

Le coût quotidien de l’isolement d’une personne a été estimé à 273 shekels par jour, selon une présentation de la Banque centrale à la commission. Le Premier ministre Naftali Bennett a déclaré que les informations présentées au cabinet dimanche montraient la probabilité qu’ « un total de 2 à 4 millions de citoyens soient infectés pendant la vague actuelle ».

M. Yaron a déclaré à la commission des Finances que le gouvernement devrait se préparer aux pires scénarios dans lesquels certains secteurs économiques pourraient être sévèrement touchés et « pourraient entraîner des dommages macro-économiques ».

« Lors des précédents confinements imposés par le dernier gouvernement dirigé par Benjamin Netanyahu, différentes formes d’aide ont été accordées aux entreprises durement touchées, un geste que le ministre des Finances Avigdor Liberman a déclaré ne pas espérer répéter.

Illustration : Le ministre des Finances Avigdor Liberman lors d’une première lecture du budget de l’État à la Knesset, le 2 septembre 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Lors d’un point presse lundi, M. Liberman a rejeté les souffrances signalées par certains chefs d’entreprises, en particulier les restaurateurs, dont certains ont déclaré que leurs bénéfices avaient été réduits de moitié.

« J’ai vu des propriétaires d’entreprises parler de pertes », a déclaré M. Liberman. « J’ai vu les dividendes qu’ils ont gagnés. Toute entreprise qui est lésée doit être aidée. Tous les commerces sont en excellente forme et j’en suis heureux. Tous les magasins et les restaurants étaient pleins à Modiin. À ce jour, d’après les discussions avec les hommes d’affaires, le problème est le manque de main-d’œuvre. »

Interrogé sur les versements du gouvernement aux entreprises, similaires à ceux distribués par le gouvernement Netanyahu, M. Liberman a répondu : « Je n’ai pas dit qu’en aucun cas il n’y aura d’aide aux entreprises, mais il n’y aura pas de distribution de cadeaux. Il n’y aura pas de pots-de-vin électoraux ».

M. Yaron a réaffirmé lors du briefing devant la commission des Finances lundi que la croissance économique d’Israël en 2022 était prévue à 5,5 % une fois que la vague actuelle d’infections se sera calmée et que les entreprises commenceront à se redresser.

Des personnes marchent dans un centre commercial à Rosh Pina, avant sa réouverture au public le 2 mars 2021. (Michael Giladi/FLASH90)

La Banque a déclaré la semaine dernière qu’elle révisait ses estimations sur la croissance du PIB pour 2022 de 6,5 % à 5,5 %, et 5 % en 2023.

L’activité économique en Israël « se poursuit à un rythme soutenu » et les chiffres du chômage sont en baisse, mais une autre vague d’infections « entraîne une augmentation de l’incertitude concernant l’intensité de l’activité économique à court et à moyen terme », a déclaré la Banque centrale dans un communiqué lundi dernier.

Israël avait bénéficié d’un rebond de l’économie en 2021, après avoir surmonté la quatrième vague de la pandémie survenue l’été dernier, en renforçant rapidement certaines restrictions, en lançant une campagne de vaccination de rappel et en approuvant les vaccins pour les enfants âgés de 5 à 11 ans.

Début décembre, un rapport de l’OCDE a indiqué que l’activité avait fortement rebondi en 2021 et que le PIB devrait connaître une croissance robuste de 6,3 % en 2021. L’OCDE prévoyait que le PIB d’Israël augmente de 4,9 % en 2022 et de 4 % en 2023.

Selon un rapport de Dun & Bradstreet publié le mois dernier, l’économie israélienne devrait croître de 7 % en 2021, soit une croissance supérieure à la moyenne mondiale de 5,9 %.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...