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Débat présidentiel US : Trump traite Biden de « mauvais Palestinien »

Selon Biden, Netanyahu est favorable au projet de cessez-le-feu du mois dernier alors que pour son prédécesseur, il veut continuer la guerre et « finir le boulot »

Composite photo de l'ex-président Donald Trump, candidat Républicain à la présidence, à gauche, et le président Joe Biden lors d'un débat présidentiel organisé par CNN, jeudi 27 juin 2024, à Atlanta. (AP/Gerald Herbert)
Composite photo de l'ex-président Donald Trump, candidat Républicain à la présidence, à gauche, et le président Joe Biden lors d'un débat présidentiel organisé par CNN, jeudi 27 juin 2024, à Atlanta. (AP/Gerald Herbert)

Le président américain Joe Biden et l’ex-président Donald Trump se sont accrochés lors du débat qui les a opposés jeudi soir, qui les a notamment amenés à parler de la guerre d’Israël contre le Hamas et les violences néonazies.

Biden est apparu faible et hésitant face aux accusations – souvent fausses – de son rival Républicain, et les deux candidats présidentiels les plus âgés qu’ils ait été donné de voir en sont venus à des insultes personnelles à quelques mois des élections de novembre.

La mauvaise performance de l’actuel président inquiète ses collègues Démocrates et devrait raviver les inquiétudes de l’électorat vis-à-vis d’un candidat de 81 ans jugé par certains trop vieux pour un autre mandat de quatre ans.

Organisé à Atlanta, ce débat, présenté par Dana Bash et Jake Tapper, de CNN, est le premier des deux rencontres prévues au titre de cette élection présidentielle. Les deux hommes s’étaient déjà affrontés lors de deux débats en 2020 et Biden l’avait emporté sur Trump – le président sortant de l’époque -, lors de cette élection.

La voix enrouée, se reprenant fréquemment ou se perdant dans des phrases confuses, le président américain a souvent manqué d’assurance, contrastant avec le ton résolu et énergique de son adversaire républicain. Trump s’est exprimé avec fermeté mais en faisant de très longues phrases et en proférant de nombreux mensonges sur l’élection de 2020 et les poursuites et poursuites judiciaires dont il a fait l’objet.

Cela a donné lieu à plusieurs moments étranges, comme celui concernant l’évocation de la guerre d’Israël contre le Hamas. Trump a accusé Biden de ne pas aider Israël à « finir le travail » contre le Hamas.

« Il ne veut pas le faire. Il est un peu devenu Palestinien », a déclaré Trump à propos de Biden dans la partie politique étrangère. « Mais ils ne l’aiment pas parce que c’est un très mauvais Palestinien. Il est faible. »

Biden a assuré avoir obtenu un accord général autour de son projet en trois étapes destiné à mettre fin à la guerre, y compris de la part d’Israël.

« Tout le monde, du Conseil de sécurité des Nations unies au G7 en passant par les Israéliens et [le Premier ministre israélien Benjamin] Netanyahu, approuve le projet que j’ai proposé », a déclaré Biden. « Le seul qui veut que la guerre continue est le Hamas. »

Trump a déclaré que Biden avait tort et qu’Israël voulait la poursuite des hostilités – ce avec quoi il était d’accord.

« C’est Israël qui veut continuer. Il dit que le seul à vouloir continuer est le Hamas », a déclaré Trump. « En fait, c’est Israël, et vous devriez les laisser faire pour qu’ils finissent le travail. Il ne veut pas. »

Lorsqu’on lui a demandé s’il soutiendrait la création d’un État palestinien pour assurer la paix dans la région, Trump a hésité. « Je verrai. »

Lorsqu’il était à la présidence, il avait proposé un plan de paix pour créer un État palestinien, semi-souverain et non contigu à Israël.

Biden a reconnu avoir empêché l’envoi d’une cargaison de bombes d’une tonne destinées à Israël, au motif qu' »elles n’étaient pas indiquées dans les zones peuplées. Elles tuent beaucoup de populations innocentes. »

Il a poursuivi en affirmant qu’à l’exception de ces bombes, son administration avait fourni à Israël toutes les armes dont il avait besoin et mené l’initiative internationale pour déjouer l’attaque iranienne de missiles et de drones contre l’État juif en avril dernier.

« Nous avons sauvé Israël. Personne n’apporte autant de soutien à Israël de par le monde », a affirmé Biden.

Il a, par ailleurs, réaffirmé le Hamas était « très affaibli » par Israël, et que le groupe terroriste « devait être éliminé ».

« Nous envoyons nos meilleurs spécialistes et membres de nos services de renseignement pour les aider à attraper le Hamas, comme nous l’avons fait pour Ben Laden », a déclaré le président.

Biden a ensuite indiqué qu’Israël devait être prudent dans l’utilisation de certaines armes dans les zones les plus peuplées de Gaza.

Comme par le passé, Trump a déclaré qu’il avait quitté ses fonctions avec un Iran affaibli qui s’est selon lui renforcé avec Biden, ce qui avait permis à ses mandataires – le Hamas et le Hezbollah – d’attaquer Israël.

Le président américain Joe Biden, à droite, et le candidat Républicain à la présidence, l’ex-président Donald Trump, à gauche, lors d’un débat présidentiel organisé par CNN, le 27 juin 2024, à Atlanta. (AP/Gerald Herbert)

Trump et Biden se sont également affrontés au sujet de la meurtrière marche néonazie de Charlottesville, en Virginie, en 2017, dont Trump n’avait pas spontanément condamné les agissements.

« Il nous a dit : ‘Je pense qu’il y a des gens bien des deux côtés’ », a rappelé Biden. « Quel président américain peut dire que des nazis sortis de champs avec des torches en déversant leur bile antisémite et en portant des croix gammées sont des gens bien ? »

Trump a, à plusieurs reprises, prétendu que le récit fait par Biden des événements de Charlottesville était mensonger et que cela avait été prouvé. « Il a inventé l’histoire de Charlottesville de toute pièce, vous pouvez voir que tout le monde le dit », a-t-il déclaré.

Au moment des faits, Trump avait à plusieurs reprises déclaré qu’il y avait de bonnes et de mauvaises personnes des deux côtés, à Charlottesville. Les manifestants de Charlottesville étaient pour l’essentiel des néonazis et des suprémacistes blancs, et les contre-manifestants, pacifiques dans leur grande majorité.

Trump a ajouté que les manifestations anti-israéliennes qui ont secoué les campus américains ces tout derniers mois étaient beaucoup plus dangereuses que le rassemblement de Charlottesville.

« Il y a les Palestiniens, et tous les autres, qui se révoltent partout. Vous parlez de Charlottesville. Mais c’est 100 fois Charlottesville – 1 000 fois », a déclaré Trump.

Biden a ensuite évoqué la défunte épouse de Trump – Ivana – ainsi que son ex-chef de cabinet à la Maison Blanche, John Kelly, selon lesquels Trump pensait qu’Adolf Hitler avait fait certaines choses admirables.

Biden a tenté de rejouer l’un des moments cruciaux du débat 2020, lorsque Trump avait refusé de dénoncer ses partisans extrémistes et suprémacistes blancs et, au contraire, demandé aux groupes d’extrême droite de « prendre un peu recul mais se tenir prêts ».

Biden a demandé à Trump de dénoncer les émeutiers responsables de l’insurrection meurtrière au Capitole, le 6 janvier 2021, stimulée par l’appel de Trump à faire invalider les élections.

« Je lui avais demandé : ‘Allez-vous dénoncer les Proud Boys ?’ Ce à quoi il avait répondu : ‘Non, je vais leur dire de se tenir prêts’ », a rappelé Biden. « Etes-vous prêt à dénoncer ces gens-là ? Etes-vous prêt à dénoncer ces gens dont nous parlons ? Etes-vous prêt à dénoncer les gens qui ont attaqué le Capitole ? »

Contrairement à 2020, Trump n’est pas rentré dans le débat.

Il a en revanche redit que son élection suffirait à convaincre le président russe Vladimir Poutine de libérer Evan Gershkovich, journaliste juif du Wall Street Journal retenu prisonnier depuis plus d’un an.

Pour achever de pimenter le débat, les deux hommes se sont livrés à une passe d’arme autour de l’avortement, de l’immigration, de l’économie et même du golf.

Biden, 81 ans, et Trump, 78 ans, étaient tous deux très désireux de montrer leur capacité à exercer leurs fonctions. Biden a fait face à des questions sur son âge et sa vivacité et Trump, à la violence de ses propos, sans oublier ses nombreux déboires juridiques, source de vulnérabilité.

« Je retiens surtout le fait que Biden est apparu plus vieux – avec sa voix rauque – et moins cohérent que lors de sa précédente candidature », explique Matt Grossmann, professeur de sciences politiques à l’Université d’État du Michigan.

« Je ne pense pas que Trump ait impressionné quiconque au-delà de ses propres partisans, mais c’est passé au second plan par rapport à l’impression de vulnérabilité qui émanait de Biden. »

L’un des principaux soutiens financiers de la candidature Biden, qui n’a pas souhaité donner son nom alors qu’il critiquait le président, a qualifié sa performance de « rédhibitoire » et estimé probable que de nouveaux appels à sa démission se fassent entendre avant la convention nationale du parti, en août prochain.

Le président américain Joe Biden prend des photos avec ses partisans lors d’une soirée de campagne Biden-Harris à Atlanta, en Géorgie, le 27 juin 2024, après son débat avec l’ex-président américain et candidat Républicain à la présidence Donald Trump. (Photo de Mandel NGAN / AFP)

La vice-présidente Kamala Harris, interrogée sur CNN juste après le débat, a admis le « démarrage lent » de Biden, mais a rappelé que les électeurs devaient les juger, lui et Trump, en fonction de leurs années au pouvoir.

« Je ne vais pas passer la nuit à commenter les 90 dernières minutes alors que ce qui importe, ce sont les trois dernières années et demie », a-t-elle déclaré à l’animateur de CNN Anderson Cooper.

Les sondages américains font état d’une campagne au coude-à-coude, Biden étant devancé par Trump dans la plupart des États normalement décisifs lors des élections présidentielles. Ce mois-ci, il a par ailleurs perdu son avantage financier sur Trump, dont la collecte de fonds a sensiblement repris suite à sa condamnation au pénal pour avoir tenté de dissimuler des paiements versés à l’actrice porno Stormy Daniels.

Ni Biden ni Trump ne sont très populaires et nombre d’Américains n’ont pas encore fait leur choix. Selon le dernier sondage Reuters/Ipsos, on estime à un cinquième le nombre d’électeurs qui disent ne pas avoir décidé pour qui voter, pencher pour un candidat tiers voire envisager de ne pas voter.

Le deuxième et dernier débat de cette campagne se tiendra en septembre prochain.

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