Département d’Etat: le transfert de l’ambassade US est un prétexte à la violence
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Département d’Etat: le transfert de l’ambassade US est un prétexte à la violence

Washington a affirmé que les manifestations à Gaza n’étaient pas "nouvelles" et se trouvaient alimentées par un groupe terroriste aux "choix irresponsables"

Un Palestinien avec son drapeau national observe les affrontements avec les forces de sécurité israéliennes près de la frontière entre la bande de Gaza et Israël, à l'est de la ville de Gaza, le 14 mai 2018 (AFP PHOTO / MAHMUD HAMS)
Un Palestinien avec son drapeau national observe les affrontements avec les forces de sécurité israéliennes près de la frontière entre la bande de Gaza et Israël, à l'est de la ville de Gaza, le 14 mai 2018 (AFP PHOTO / MAHMUD HAMS)

Le Hamas, l’organisation terroriste qui dirige Gaza, utiliserait l’ouverture de l’ambassade américaine à Jérusalem comme d’une « excuse » pour encourager la violence, a annoncé mardi le département d’Etat américain.

Interrogée par les journalistes à Washington, Heather Nauert, porte-parole du département d’Etat, a refusé de suivre les autres pays occidentaux qui ont réclamé une retenue de la part d’Israël, voire de tous les partis, après que 60 Palestiniens ont été tués lundi lors de violents affrontements avec les troupes israéliennes à la frontière de Gaza.

« C’est une région complexe », a déclaré Nauert.

Tout en affirmant que « nous regrettons les pertes humaines ; nous regrettons les pertes de toute vie humaine », « Israël a le droit de se défendre » a affirmé Nauert, réitérant la position de la Maison Blanche.

Heather Nauert (Capture d’écran)

Nauert a également refusé de lier la violence avec l’ouverture de la nouvelle ambassade américaine, célébrée lundi après que les Etats-Unis ont reconnu Jérusalem comme capitale d’Israël en décembre.

« Nous avons observé les manifestations au cours des six dernières semaines. Ces manifestations ne sont pas nouvelles », a déclaré Nauert. « Si le Hamas veut les utiliser comme une excuse pour que les gens s’affrontent et encourager la violence, c’est leur choix. C’est un choix irresponsable. »

Lundi, suite à un tollé international provoqué en raison des affrontements meurtriers à la frontière de Gaza, la Maison Blanche a pleinement soutenu la réponse d’Israël aux émeutes, tout en accusant le Hamas d’en être responsable.

« Nous sommes au courant des informations faisant état de la poursuite de la violence à Gaza ce jour. La responsabilité de ces morts tragiques incombe directement au Hamas », a déclaré Raj Shah, vice-secrétaire responsable de la presse.

« Le Hamas provoque intentionnellement et cyniquement cette réponse et, comme l’a dit le secrétaire d’Etat, Israël a le droit de se défendre », a-t-il ajouté.

Plus tôt mardi, l’ambassadrice des Etats-Unis auprès de l’ONU, Nikki Haley, a déclaré qu’Israël avait agi avec une « retenue » exceptionnelle face aux affrontements à la frontière de Gaza.

Haley représentait une voix rare qui a condamné le groupe terroriste du Hamas et s’est exprimée en faveur d’Israël lors d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU, organisée à la suite des affrontements meurtriers de lundi.

Après une minute de silence des ambassadeurs pour les victimes, Haley a déclaré qu’Israël faisait face aux extrémistes du Hamas qui incitaient les citoyens à lancer des projectiles incendiaires du côté israélien de la barrière frontalière et qui exhortaient les manifestants à violer cette même frontière.

« Ne vous y trompez pas, le Hamas est satisfait des résultats d’hier », a-t-elle déclaré.

Rejetant la critique d’Israël exprimée par d’autres ambassadeurs auprès de l’ONU, Haley a déclaré qu’aucun de leurs pays n’aurait agi avec la même modération.

« Qui d’entre nous accepterait ce type d’activité à notre frontière ? Personne ne le ferait », a-t-elle accusé. « Aucun pays dans cette pièce n’agirait avec plus de retenue qu’Israël. »

Le ministère de la Santé de Gaza, dirigé par le Hamas, a déclaré que 60 Palestiniens avaient été tués et plus de 2 700 blessés lundi, dans les plus grandes émeutes et rassemblements de la « Marche du retour », une campagne de protestations contre Israël lancée en mars dernier.

Des manifestants palestiniens se rassemblent le long de la barrière frontalière avec Israël, le 14 mai 2018 (JACK GUEZ / AFP)

Des dizaines de milliers de Palestiniens ont rejoint les manifestations organisées par le Hamas à la frontière de Gaza et des centaines d’autres ont affronté les troupes israéliennes à la périphérie de Jérusalem et dans d’autres localités de Cisjordanie, marquant le 70e anniversaire de ce qu’ils appellent la Nakba, ou la « catastrophe » de la création d’Israël en 1948. Ils protestaient également contre la relocalisation de l’ambassade américaine dans la capitale israélienne lundi après-midi.

Israël a condamné le Hamas pour les violences meurtrières, affirmant que le groupe terroriste avait encouragé et organisé les manifestations, au cours desquelles des attaques contre les troupes israéliennes et des tentatives de violation de la barrière frontalière ont été menées. L’armée israélienne a déclaré dimanche que le Hamas avait l’intention de faire passer des terroristes armés à travers toute brèche dans la barrière afin de « massacrer » des Israéliens.

Les groupes terroristes du Hamas et du Jihad islamique palestinien ont reconnu mardi que 13 de leurs membres figuraient parmi les 60 personnes tuées par l’armée lors des manifestations à la barrière de Gaza la veille. Israël a déclaré qu’au moins 24 des personnes tuées étaient membres de groupes terroristes.

Haley a insisté sur le fait que la violence n’avait rien à voir avec l’ouverture contestée de l’ambassade américaine à Jérusalem, affirmant que les dirigeants du Hamas de Gaza avaient incité à la violence pendant des années. Les Palestiniens ont condamné l’ouverture de l’ambassade, jugeant que les Etats-Unis prenaient un parti pris pro-israélien dans le conflit.

« Ceux qui suggèrent que la violence a quelque chose à voir avec l’ambassade à Jérusalem se trompent lourdement », a-t-elle dit, « cela vient plutôt de personnes qui n’accepteront l’existence d’Israël dans aucun coin d’Israël ».

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