Dermer a défendu la politique d’Israël à la Conférence des démocrates
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Dermer a défendu la politique d’Israël à la Conférence des démocrates

L’ambassadeur a déclaré que la construction d’implantations en Cisjordanie ne pose aucun obstacle à la paix, il a prédit que l’accord sur la défense serait conclu d'ici quelques semaines

Eric Cortellessa couvre la politique américaine pour le Times of Israël

Ron Dermer, ambassadeur d'Israël aux Etats-Unis et ancien conseiller du Premier ministre Benjamin Netanyahu. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Ron Dermer, ambassadeur d'Israël aux Etats-Unis et ancien conseiller du Premier ministre Benjamin Netanyahu. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

PHILADELPHIE – Ron Dermer, à qui on avait demandé de défendre Israël de manière progressiste devant le public participant à la Convention nationale démocrate jeudi, a tenté de dissiper une partie de la tension générée par la relation tendue du président américain Barack Obama et du Premier ministre Benjamin Netanyahu au cours des sept dernières années.

C’est une chose que l’ambassadeur d’Israël aux Etats-Unis a effectuée à plusieurs reprises depuis que les deux alliés ont mis fin à leur confrontation l’automne dernier après la signature de l’accord nucléaire avec l’Iran.

Mais durant la conférence quadriennale du parti d’Obama, qui vise à enflammer la campagne électorale générale de l’ancienne secrétaire d’Etat Hillary Clinton, l’objectif a été pleinement exposé lorsque Dermer a assisté à un événement organisé par le Centre S. Daniel Abraham pour la Paix au Moyen-Orient.

« [Être] un grand ami d’Israël ne veut pas dire que vous êtes d’accord sur tout », a déclaré Robert Wexler, président du groupe de défense et ancien membre démocrate du Congrès. « Mais cela signifie que nous savons où est votre cœur, et tout le monde devrait comprendre qu’un soutien bipartisan est une valeur stratégique. Vous ne pouvez pas faire voler un avion avec une seule aile ».

Tout en reconnaissant le désaccord de son gouvernement avec la Maison Blanche sur la meilleure façon de contrecarrer les ambitions nucléaires de Téhéran, Dermer a salué l’engagement d’Obama pour la sécurité d’Israël. « Quand le président dit qu’il pense que l’accord avec l’Iran a rendu Israël plus sûr », a-t-il dit. « Je pense qu’il est sincère ».

Après avoir présenté les manières dont il pense qu’Israël peut être défendu comme une cause progressiste – y compris l’engagement du pays envers les droits des homosexuels et la présence historique de citoyens arabes à la Knesset et à la Cour suprême – Dermer a défendu certaines des politiques de son patron qui ont rebuté des parties de la communauté juive américaine, en particulier la construction d’implantations en Cisjordanie.

Une étude Pew de 2013, par exemple, a constaté que 44 % des Juifs américains considèrent que la construction d’implantations en cours en Cisjordanie « nuit à la sécurité d’Israël », tandis que 17 % pensent que cela aide et que 29 % pensent que cela ne fait aucune différence.

Wexler lui ayant demandé d’examiner les arguments sur le fait que la construction dans les zones de l’autre côté la Ligne verte et en dehors des grands blocs d’implantations – qui marquent les zones qu’Israël garderait probablement s’il y avait un accord – va à l’encontre de l’objectif d’une solution à deux Etats, Dermer a répliqué en disant qu’une présence juive dans ces zones n’empêchait pas la création d’un Etat palestinien.

« Pourquoi les constructions de l’autre côté de la barrière de sécurité seraient-elles incompatibles avec un résultat à deux Etats ? » a-t-il répondu. « Ne pas construire dans ces zones n’a jamais été une condition préalable aux négociations ».

Il a insisté sur le fait que, en vertu d’un accord de paix global, les résidents d’implantation devraient être en mesure de choisir entre vivre dans l’Israël historique et biblique ou dans l’actuel Etat d’Israël, mais que les expulser par la force de Cisjordanie ne ferait pas avancer un accord. « Nous ne devrions pas accepter la purification ethnique comme un chemin vers la paix », a-t-il dit.

L'ambassadeur israélien aux Etats-Unis, Ron Dermer, parle avec le président du Centre Abraham, Robert Wexler, lors d'un événement au cours de la Convention nationale des démocrates 2016 (Crédit : Eric Cortellessa/Times of Israel)
L’ambassadeur israélien aux Etats-Unis, Ron Dermer, parle avec le président du Centre Abraham, Robert Wexler, lors d’un événement au cours de la Convention nationale des démocrates 2016 (Crédit : Eric Cortellessa/Times of Israel)

L’ambassadeur a continué en réaffirmant aux participants à l’événement l’engagement de Netanyahu pour qu’il y ait deux Etats, faisant référence au célèbre discours du Premier ministre en 2009, à l’Université Bar Ilan, quand il a officiellement exprimé son soutien à un Etat démilitarisé palestinien, a rappelé le gel de 10 mois des implantations, et sa participation à neuf mois de pourparlers de paix parrainés par le secrétaire d’État John Kerry.

Il a rejeté la faute sur le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas pour avoir refusé de négocier, ne pas avoir répondu à l’offre de paix de 2008 de l’ancien Premier ministre Ehud Olmert à Annapolis et avoir menacé de poursuivre la Grande-Bretagne la semaine dernière sur la Déclaration Balfour 17, qui prenait parti pour qu’un Etat juif soit recréé dans la zone alors sous domination britannique, faisant autrefois partie de l’Empire ottoman.

Hillary Clinton, qui était alors secrétaire d'Etat des Etats-Unis, s'adresse à la presse avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu à Jérusalem, le 20 novembre 2012 (Crédit : Avi Ohayon/ GPO/Flash90)
Hillary Clinton, qui était alors secrétaire d’Etat des Etats-Unis, s’adresse à la presse avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu à Jérusalem, le 20 novembre 2012 (Crédit : Avi Ohayon/ GPO/Flash90)

Dermer a dit à plusieurs reprises que Abbas avait démontré sa réticence à « franchir le Rubicon » pour aller vers une paix qui entraînerait des concessions douloureuses des deux côtés.

Tout en évitant les déclarations politiques concernant l’élection présidentielle américaine, Dermer a félicité Hillary Clinton pour son rôle dans la négociation d’un cessez-le-feu en 2012 lors d’un violent conflit entre Israël et le Hamas, le groupe terroriste islamiste qui gouverne la bande de Gaza. « Je lui donne beaucoup de crédit pour ce qu’elle a fait à ce moment-là », a-t-il déclaré. « Les choses auraient pu aller très mal. Beaucoup de vies ont été sauvées ».

Le système de défense antimissile Dôme de fer d’Israël étant pertinent pour cet épisode, l’ambassadeur a indiqué qu’il sentait que les négociations en cours sur un nouveau protocole d’entente qui fournirait une solution de sécurité plus robuste à l’Etat juif pourraient être conclues « dans les prochaines semaines ».

L'activiste du groupe CodePink, Ariel Gold, a interrompu l'ambassadeur israélien aux Etats-Unis, Ron Dermer, lors d'un événement durant la Convention nationale des démocrates 2016 (Crédit : Eric Cortellessa/Times of Israel)
L’activiste du groupe CodePink, Ariel Gold, a interrompu l’ambassadeur israélien aux Etats-Unis, Ron Dermer, lors d’un événement durant la Convention nationale des démocrates 2016 (Crédit : Eric Cortellessa/Times of Israel)

Au début de l’événement, une manifestante incognito du groupe activiste CodePink a interrompu l’événement, criant, « l’occupation n’est pas un droit humain universel » et tirant une pancarte rose de son sac qui disait : « Free Palestine ».

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