Des anciens de la Défense exigent une enquête sur l’affaire des sous-marins
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Des anciens de la Défense exigent une enquête sur l’affaire des sous-marins

Dans le procès d'un groupe anti-corruption, il a été demandé que Netanyahu fasse l'objet d'une enquête sur un scandale de corruption dans l'acquisition de navires allemands

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d'une cérémonie d'inauguration d'un nouveau sous-marin, le Rahav, à la base navale israélienne de Haïfa, le 12 janvier 2016. (Kobi Gideon/GPO)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d'une cérémonie d'inauguration d'un nouveau sous-marin, le Rahav, à la base navale israélienne de Haïfa, le 12 janvier 2016. (Kobi Gideon/GPO)

Un certain nombre d’anciens officiers supérieurs de l’armée israélienne et de fonctionnaires du ministère de la Défense ont récemment présenté des déclarations sous serment à la Cour suprême, demandant un réexamen du rôle du Premier ministre dans l’achat par l’État de navires militaires en Allemagne, dans le cadre d’un accord qui est devenu le centre d’un important scandale de pots-de-vin.

Selon le journal Yediot Aharonot, qui en a publié des extraits ce week-end, 15 déclarations ont été faites par d’anciens hauts gradés dans le cadre d’un procès intenté en juin par l’organisation Mouvement pour un gouvernement de qualité en Israël, qui demande une nouvelle enquête sur le rôle du Premier ministre Benjamin Netanyahu dans l’affaire, ainsi qu’une éventuelle commission d’enquête.

Baptisé Affaire 3000, le scandale est centré sur le conflit d’intérêt éventuel de Netanyahu concernant l’achat de plusieurs milliards de shekels de bateaux et de sous-marins militaires au constructeur naval allemand Thyssenkrupp en 2016.

Les procureurs prétendent que des fonctionnaires israéliens ont été soudoyés pour plaider en faveur d’un accord colossal au sujet des navires, d’une valeur de plusieurs centaines de millions de dollars. Une enquête policière qui s’est terminée en février dernier a pris au piège plusieurs proches associés de Netanyahu, bien que le Premier ministre lui-même ne soit pas considéré comme un suspect.

Le scandale concerne également la vente de deux sous-marins de type « Dolphin » et de deux navires de guerre anti-sous-marins par l’Allemagne à l’Égypte, qui aurait été approuvée par Netanyahu sans consultation ni notification au ministère de la Défense. Bien que l’Allemagne n’exige pas l’autorisation d’Israël pour vendre les sous-marins perfectionnés à d’autres pays, elle a fait preuve de cette courtoisie envers Jérusalem afin de maintenir l’avantage qualitatif d’Israël dans la région.

L’INS Rahav, une classe Dolphin fabriquée par le constructeur naval allemand ThyssenKrupp, part du port allemand de Kiel en direction de Haïfa, le 17 décembre 2015. (Unité du porte-parole de l’armée israélienne)

Le 29 juin, la commission de contrôle de l’État de la Knesset a voté contre une proposition visant à ce que le contrôleur de l’État enquête sur cette affaire, à la suite d’un débat houleux au cours duquel le président de la coalition, le député Miki Zohar (Likud), a menacé de faire limoger le chef de la commission, le député Ofer Shelah, du parti d’opposition Yesh Atid-Telem, de son poste.

Dans une déclaration sous serment publiée par le Yediot Aharonot, un individu identifié comme un ancien leader de la communauté du renseignement qui a déclaré avoir servi dans l’armée israélienne pendant trois décennies a écrit que « le fait que les Allemands aient été autorisés à vendre des sous-marins d’attaque à l’Égypte sans que le commandant de la marine, le chef d’état-major, le ministre de la Défense et les agences de renseignement [n’en soient conscients] doit faire l’objet d’une enquête par les autorités compétentes ».

L’officier a écrit qu’il ignorait « tout cas dans lequel l’ensemble des services de la Défense… a été délibérément exclu d’un processus de sécurité sensible », qualifiant une telle démarche de contraire aux procédures gouvernementales et à la « logique de sécurité stratégique ».

Un autre ancien agent du renseignement, qui n’avait pas fait de déclaration sous serment mais avait exprimé sa volonté de le faire, a été cité comme ayant déclaré « qu’il est clair qu’il s’agit de corruption ». Il a ajouté qu’il pensait que la politisation du processus d’approvisionnement pourrait « conduire à la mort de soldats lors de la prochaine guerre ».

Miki Ganor lors d’une audience à la Cour suprême, le 22 mars 2019. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

L’ancien agent de Thyssenkrupp en Israël, Miki Ganor, est accusé de corruption, de blanchiment d’argent et de fraude fiscale, tout comme Eliezer Marom, un ancien chef de la marine israélienne. Avriel Bar-Yosef, l’ancien conseiller à la sécurité nationale de Netanyahu, est accusé de sollicitation de pots-de-vin, d’acceptation de pots-de-vin, d’escroquerie et d’abus de confiance.

Selon les procureurs, Bar-Yosef a d’abord approché Ganor pour être le représentant de Thyssenkrupp en Israël parce qu’il « voulait en tirer un bénéfice financier ». Il aurait ensuite enrôlé Marom, qui était à la tête de la marine à l’époque, pour aider à faire pression en faveur de la nomination de Ganor.

Ganor leur aurait versé 200 000 shekels (50 000 euros) au total, les procureurs accusant Bar-Yosef de travailler à l’avancement des achats navals alors qu’il était conseiller adjoint à la sécurité nationale.

David Sharan, un ancien assistant de Netanyahu et du ministre de l’Energie Yuval Steinetz, est également accusé de corruption, d’abus de confiance et de blanchiment d’argent dans cette affaire. David Shimron, cousin de Netanyahu et ancien avocat personnel, devrait être accusé de blanchiment d’argent.

Le Premier ministre est actuellement poursuivi pour corruption, fraude et abus de confiance dans trois affaires pénales sans lien entre elles. Il nie les accusations portées contre lui.

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