Des avocats égyptiens s’opposent à l’installation de Palestiniens dans le Sinaï
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Des avocats égyptiens s’opposent à l’installation de Palestiniens dans le Sinaï

Ayoub Kara, ministre du Likud, avait affirmé que Netanyahu et Trump encourageraient la création d'un état palestinien dans la péninsule

L'avocat Khaled Ali, à gauche, lors du Tweet Nadwa 2011. (Crédit : Lilian Wagdy/CC BY/Flickr via Wikimedia Commons)
L'avocat Khaled Ali, à gauche, lors du Tweet Nadwa 2011. (Crédit : Lilian Wagdy/CC BY/Flickr via Wikimedia Commons)

Des avocats égyptiens ont porté plainte contre le gouvernement égyptien pour bloquer toute mesure qui permettrait aux Palestiniens de s’installer dans la péninsule du Sinaï. La semaine dernière, les médias ont indiqué qu’Israël et Washington devraient discuter de la création d’un état palestinien dans le Sinaï.

Khalid Ali, avocat spécialisé dans la défense des droits de l’Homme, a déclaré sur Facebook [en arabe], qu’il avait déposé avec d’autres avocats devant le tribunal administratif égyptien une demande pour empêcher toute relocalisation forcée de Palestiniens dans le territoire.

La plainte a été déposé en réponse à une déclaration du ministre du Likud Ayoub Kara avant la rencontre entre le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le président américain Donald Trump. Kara avait affirmé que les deux chefs d’État discuteraient de la création d’un état palestinien dans la bande de Gaza et la péninsule du Sinaï, et non pas en Cisjordanie, évoquant un projet rejeté depuis longtemps par la communauté internationale.

« Trump et Netanyahu adopteront le plan de Sissi. Un état palestinien à Gaza, et pas en Judée Samarie, avait écrit Kara. C’est comme cela que nous ouvrirons un chemin à la paix, y compris avec la coalition sunnite. »

Kara faisait référence à une présumée proposition égyptienne de 2014 visant à installer les réfugiés palestiniens dans une large bande de territoire de la péninsule du Sinaï qui sera annexée à la bande de Gaza.

Bien que le projet ait été rejeté par Mahmoud Abbas, le président de l’Autorité palestinienne, et démenti par les responsables égyptiens, des ministres israéliens avaient salué cette information, et rejeté ainsi les tentatives de créer un état palestinien en Cisjordanie.

Ayoub Kara, député du Likud, avant une réunion avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à Jérusalem, le 30 décembre 2015. (Crédit : Marc Israel Sellem/Pool)
Ayoub Kara, député du Likud, avant une réunion avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à Jérusalem, le 30 décembre 2015. (Crédit : Marc Israel Sellem/Pool)

Israël et l’Égypte ont tous deux démenti l’existence de ce projet, mais Ali a affirmé sur Facebook que « la suggestion d’un état palestinien dans le Sinaï n’est ni un rêve ni une illusion, mais un projet sérieux adopté par l’entité sioniste [Israël] pour déplacer tous les résidents de Cisjordanie vers le Sinaï », selon une traduction effectuée par l’agence de presse palestinienne Maan.

Un autre avocat impliqué dans la plainte, Malik Adli, a déclaré sur Ahram Online que les Égyptiens « accueillent tous les réfugiés palestiniens, mais pas dans une région frontalière où la sécurité est inquiétante, et parce que cela ne correspond pas à la position de l’Égypte, qui est en faveur de la solution à deux états et en faveur de la préservation de l’identité palestinienne », a déclaré Adli. Il a ajouté qu’un tel projet « résoudrait le problème israélien, mais ne résoudrait en aucun cas le problème palestinien ».

La solution à deux états est plébiscitée depuis longtemps par la communauté internationale, qui la considère comme un compromis juste au conflit israélo-palestinien. Cette solution suggère la création d’un état palestinien aux côtés de l’État juif d’Israël.

Mais cette solution a pris un coup la semaine dernière, quand les États-Unis, sous l’administration Trump, ont indiqué qu’ils n’étaient plus nécessairement en faveur de la solution à deux états et qu’ils soutiendraient la solution qui conviendra aux deux parties. Pendant une conférence de presse conjointe avec Netanyahu, Trump a affirmé pouvoir « vivre avec les deux » solutions, qu’il s’agisse d’un état unique ou de deux états.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, et le président américain Donald Trump, à la Maison Blanche, le 15 février 2017. (Crédit : Saul Loeb/AFP)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, et le président américain Donald Trump, à la Maison Blanche, le 15 février 2017. (Crédit : Saul Loeb/AFP)

Adli et Ali ont été impliqué dans un procès l’an dernier contre le gouvernement égyptien sur le projet controversé de transfert des îles de Sanafir et de Tiran, dans la mer Rouge, à l’Arabie Saoudite. Israël était également impliqué dans le transfert.

Au début du mois, les médias égyptiens ont diffusé un enregistrement d’une conversation entre le ministre des Affaires étrangères égyptien et un représentant israélien, qui confirmerait, en apparence, la coopération entre Le Caire et Jérusalem sur cette question.

Israël avait déjà annoncé avoir donné son accord écrit, car les deux îles de la mer Rouge figurent sur l’accord de paix signé en 1979 entre Israël et l’Égypte.

Mais en Égypte, ce transfert est vu d’un mauvais œil. L’opinion publique estime qu’il s’agit de troquer du territoire contre de l’argent. La Cour suprême administrative d’Égypte a confirmé une décision qui annule l’accord du gouvernement sur le transfert des deux îles.

Les deux îles de la mer Rouge figurent sur l’accord de paix signé en 1979, qui garantit une circulation sécurisée pour les navires israéliens, civils et militaires, dans le détroit de Tiran. Le blocus égyptien sur cette voie navigable sur le transport israélien en 1967 était le casus belli qui a conduit à la Guerre des Six jours.

Dans le cadre de l’accord égyptien-saoudien, les îles devaient être soumis au contrôle des Saoudiens dans 25 ans, ce qui donne à Riyad une main sur l’application d’un traité de paix avec Israël.

Les responsables saoudiens ont affirmé être déterminés vis-à-vis de « tous les engagements égyptiens » en rapport avec les îles.

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