Des centaines de manifestants anti-Netanyahu pour la 3e fois de la semaine
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Des centaines de manifestants anti-Netanyahu pour la 3e fois de la semaine

Les protestataires sont sortis de la zone désignée pour défiler ; à Holon, deux activistes d'extrême-droite ont été arrêtés pour avoir agressé des participants

Des Israéliens manifestent contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu place Habima, à Tel AAviv, le 15 octobre 2020. (Crédit :  Tomer Neuberg/Flash90)
Des Israéliens manifestent contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu place Habima, à Tel AAviv, le 15 octobre 2020. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Des milliers de manifestants anti-Netanyahu sont descendus dans les rues, jeudi soir, pour défiler une nouvelle fois contre le Premier ministre. Selon les organisateurs, les activistes se sont réunis sur un millier de carrefours et ponts de tout le pays.

Il s’agissait du troisième jour de manifestations cette semaine, lors desquelles les participants réclament le départ de Benjamin Netanyahu en raison de son procès pour corruption et de sa prise en charge de la pandémie de coronavirus. C’était également le deuxième jour de rassemblement depuis la levée des mesures d’urgence, qui interdisaient aux Israéliens de se regrouper à plus d’un kilomètre de leur domicile et en capsules de plus de 20 personnes.

Les organisateurs ont déclaré devant les caméras de la Douzième chaîne qu’ils s’attendaient à ce que des « centaines de milliers de personnes » rejoignent le mouvement samedi soir à Tel Aviv et aux abords de la résidence officielle du Premier ministre à Jérusalem.

Les deux villes ont accueilli les plus importants regroupements de jeudi.

À Tel Aviv, des centaines d’activistes ont enlevé les barrières délimitant le périmètre de la manifestation, qui avaient été posées par la police, place Habima, et ont commencé à défiler rue Ibn Gabirol après que les agents les ont empêchés de descendre la rue Shaul Hamelech.

Dans la ville voisine de Holon, un certain nombre de manifestants anti-Netanyahu ont été victimes « d’une sorte de gaz » de la part d’opposants qui voulaient en découdre avec eux, a noté la police dans un communiqué. Des informations parues dans les médias ont indiqué qu’il s’agissait de gaz lacrymogène.

Aucun des manifestants n’a eu besoin d’être pris en charge au niveau médical, ont précisé les forces de l’ordre qui ont annoncé avoir arrêté deux personnes soupçonnées d’avoir pris part à l’agression.

Un photographe de Haaretz a posté, sur Twitter, une photo de ces militants d’extrême-droite présents à la contre-manifestation de Holon. Certains brandissaient un panneau disant : « Un bon gauchiste est un gauchiste mort. »

Une vidéo postée sur Twitter par la Douzième chaîne a montré la même photographe de Haaretz, Tomer Appelbaum, être attaqué peu après par des éléments de la droite radicale.

Cet incident survient au lendemain d’une agression verbale qui a visé un autre journaliste de ce journal de gauche. Un attaquant a également coupé l’électricité dans le bureau du journal.

Jeudi matin, un résident de Pardes Hannah a été appréhendé après avoir, semble-t-il, agressé des manifestants à l’aide d’un extincteur, il y a deux semaines, au cours d’un mouvement de protestation anti-Netanyahu qui était organisé dans cette ville du nord du pays.

Selon un communiqué de la police, une enquête avait commencé après la diffusion de vidéos, sur internet, montrant une voiture qui passait devant des manifestants réunis au rond-point de Meged et les visant en activant un extincteur.

Après avoir enquêté sur l’incident, les agents ont arrêté l’homme, 31 ans, pour l’interroger, ont déclaré les forces de l’ordre qui ont ajouté ne pas avoir encore décidé si elles réclameraient une prolongation de sa détention provisoire.

Mardi, la police a arrêté quatre activistes d’extrême-droite qui avaient harcelé des manifestants anti-Netanyahu après la diffusion d’images montrant l’un d’eux attaquant les protestataires à l’aide de gaz lacrymogène.

Par ailleurs, des personnes qui manifestaient contre le Premier ministre ont essuyé des jets de légumes lancés par des passants, a noté la Douzième chaîne mardi.

Ces derniers mois, les rassemblements de protestation ont été marqués par des dizaines d’attaques présumées à l’encontre des manifestants anti-Netanyahu. Un résident de Sderot a notamment été accusé d’avoir agressé un manifestant avec un objet contondant.

Un autre incident grave était survenu au mois de juillet, lorsque plusieurs activistes d’extrême-droite présumés avaient attaqué les participants à un regroupement dénonçant le Premier ministre à Tel Aviv. Les agresseurs avaient frappé les personnes présentes à l’aide de bouteilles de verre, de bâtons et de chaises, et les avaient aspergées de bombe lacrymogène. Une dizaine de participants avaient été hospitalisés, deux d’entre eux avec des blessures au dos causées par arme blanche.

Des manifestants anti-Netanyahu au pont des Cordes, à l’entrée de Jérusalem, le 22 août 2020. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Deux incidents de tentatives présumées d’attaque à la voiture-bélier contre les manifestants ont aussi été déplorés.

Des milliers d’Israéliens ont pris part aux rassemblements anti-Netanyahu cet été – un mouvement de protestation qui dure depuis des mois et qui réclame la démission du chef du gouvernement en raison de son procès pour corruption.

Depuis l’approbation des restrictions sur les manifestations, le mois dernier, des dizaines de milliers d’Israéliens se sont réunis aux angles des rues et sur les places publiques situées à proximité de leur domicile pour dénoncer Netanyahu ainsi que la gestion par le gouvernement de la crise du coronavirus et de ses retombées économiques.

Ces restrictions controversées ont été levées mercredi.

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