Israël en guerre - Jour 196

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Des centaines d’évacués reviennent à Shokeda, à seulement 6 km du front de guerre

Alors que 80 % des 132 familles du moshav du sud rentrent chez elles, le maire qui se réjouit sincèrement de revenir, sait que "cette funeste guerre n'est pas terminée"

Les habitants évacués retournant chez eux, à Shokeda, le 8 février 2024. (Crédit : Nehoraï Samimi)
Les habitants évacués retournant chez eux, à Shokeda, le 8 février 2024. (Crédit : Nehoraï Samimi)

Des centaines de résidents de Shokeda, un moshav nationaliste-religieux situé à six kilomètres de la frontière avec Gaza, sont rentrés chez eux le 8 février.

Le retour d’environ 80 % des 132 familles de Shokeda a constitué le plus grand mouvement de population dans la région de Tekuma, près de Gaza, depuis son évacuation après l’attaque du 7 octobre par le Hamas et la guerre menée ensuite par Israël contre le groupe terroriste palestinien.

« C’est avec des sentiments mitigés », a déclaré le maire de Shokeda, Efraïm Luzon, au Times of Israel. « D’un côté, le retour à la maison a été une immense joie, mais de l’autre, nous savons que cette funeste guerre n’est pas terminée, qu’elle n’est pas encore gagnée, avec tout ce que cela signifie pour l’État d’Israël et le peuple d’Israël. »

Cette dualité se reflétait dans l’apparence des résidents qui revenaient de leur hébergement temporaire au moshav Neve Ilan, non loin de Jérusalem. Ils brandissaient des ballons de couleur mais portaient des vêtements noirs et blancs, notamment des sweat-shirts noirs portant l’inscription « Shokedaï » et « Shokedaït » – qui signifie en hébreu « habitant de Shokeda » – en blanc. Certains résidents du moshav se sont immédiatement affairés à tondre leurs pelouses envahies par la végétation.

Des habitants de Shokeda plantant un arbre après avoir quitté leur logement provisoire à Neve Ilan pour retourner dans leur moshav, le 8 février 2024. (Crédit : Nehoraï Samimi)

Les rapatriés ont organisé une cérémonie de plantation d’arbres pour célébrer tardivement Tou BiShvat, le Nouvel An des arbres, selon le calendrier hébraïque, qui tombait le 25 janvier, et pour signifier leur détermination à faire prospérer leur communauté.

« Malgré les ballons et les festivités, la crainte est là. Nous sommes tous conscients de ce qui se passe et nous avons peur. Mais quelles sont nos options ? Le Portugal ? L’Ouganda ? L’Australie ? », a déclaré Hana Cohen Aloro, une personne rapatriée, à la chaîne publique Kan. Ses commentaires reflètent l’opinion largement répandue en Israël selon laquelle le pays tout entier est menacé par des groupes terroristes, l’Iran et ses mandataires.

Pour beaucoup d’entre eux, la première chose à faire a été de démonter leur souccah – une structure de fortune traditionnellement utilisée par les Juifs pendant la fête de Souccot – qui s’est terminée le 6 octobre.

Shokeda fait partie des dizaines de villes et de moshavim qui ont été évacuées dans le cadre d’une intervention d’urgence du gouvernement qui fournit aux habitants de ces localités des logements organisés par l’État. En janvier, le gouvernement a commencé à allouer des aides à la réinstallation, qui peuvent atteindre des milliers de dollars par mois, aux habitants évacués qui souhaitent rentrer chez eux. Le gouvernement a déclaré qu’il continuerait à fournir des logements, au moins jusqu’en juillet, pour les personnes évacuées vivant à moins de quatre kilomètres de la frontière.

Des habitants de Shokeda provisoires quelques instants après leur retour des logements temporaires de Neve Ilan, le 8 février 2024. (Crédit : Nehoraï Samimi)

Pour les personnes évacuées des localités situées à quatre ou sept kilomètres de la frontière, comme Shokeda, le gouvernement pourrait envisager de cesser de fournir des logements dès le mois prochain, selon un reportage diffusé en début de semaine par Kan. L’Autorité Tekuma, l’organisme gouvernemental chargé de réhabiliter les communautés frontalières de Gaza ravagées, a déclaré qu’elle n’avait pas reçu d’information officielle sur ce plan.

Sur le terrain, le retour a été lent, avec seulement quelques milliers de personnes sur les 50 000 évacuées du sud. Certains évoquent un sentiment d’insécurité dans des lieux où ils ont subi des traumatismes liés à la guerre le 7 octobre et où les bruits des combats dans la bande de Gaza continuent de résonner.

Un habitant de Shokeda serrant sa fille dans ses bras quelques instants après leur retour des logements provisoires de Neve Ilan, le 8 février 2024. (Crédit : Nehoraï Samimi)

En outre, l’absence d’écoles opérationnelles – dont beaucoup dépendent d’enseignants extérieurs à la région de Tekuma – et d’autres cadres éducatifs a constitué un obstacle majeur au retour. L’école maternelle de Shokeda est déjà opérationnelle et son école élémentaire, située à Kfar Maïmon, devrait ouvrir mardi, a indiqué Luzon.

Le lycée régional est déjà opérationnel mais travaille temporairement à partir d’un local situé en dehors de la région de Tekuma. Des bus scolaires amèneront et ramèneront les élèves, a précisé Luzon.

« Il y a des troupes de l’armée israélienne stationnées à Shokeda et cela donne un sentiment de sécurité », a déclaré Aryeh Azran, qui possède une ferme à Shokeda mais qui fait partie des 20 % d’habitants de Shokeda qui ne sont pas encore rentrés chez eux. « Les bruits d’artillerie ne sont plus aussi forts qu’avant, lorsque les canons se trouvaient juste à l’extérieur de Shokeda. Ils les ont éloignés et cela aide, mais beaucoup d’entre nous ont peur, en particulier les mères, il est difficile de surmonter l’anxiété », a souligné Azran.

Le maire de Shokeda, Efraïm Luzon, à gauche, prononçant un discours après son retour, le 8 février 2024. (Crédit : Nehoraï Samimi)

En ce qui concerne le marché de l’emploi, « la situation est difficile », a indiqué Me Luzon, avocat de 37 ans et père de six enfants. Son cabinet à Sderot, une ville évacuée à une vingtaine de kilomètres de Shokeda, n’est plus en activité depuis le 7 octobre. Luzon a été mobilisé en tant que réserviste immédiatement après l’assaut. Il a servi pendant 100 jours consécutifs dans la bande de Gaza (« gardant notre maison depuis le coin de la rue », comme il le dit) et ne découvre que maintenant combien de ses clients ont encore besoin de lui, a-t-il dit.

« Certaines de nos entreprises et de nos lieux de travail peuvent être restaurés. D’autres devront être reconstruits », a affirmé Luzon d’un ton posé. « Mais nous voulions venir ici et commencer ce travail dès maintenant pour envoyer un message à la nation : nous sommes de retour et il est temps de reprendre là où nous nous sommes arrêtés. »

Une colonne de fumée s’élevant au-dessus des bâtiments de Khan Younès lors d’un bombardement israélien, sur une photo prise à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 8 février 2024, alors que les combats se poursuivent entre Israël et le groupe terroriste palestinien Hamas. (Crédit : Mahmud Hams/AFP)

Au cours de cet assaut, les terroristes du Hamas ont assassiné près de 1 200 personnes et en ont enlevé 253 autres.

130 des 253 otages enlevés le 7 octobre sont encore à Gaza – et certains ne sont plus en vie – après que 105 civils ont été libérés de la captivité du Hamas lors d’une trêve d’une semaine fin novembre, et que cinq otages ont été libérées avant cela.

Plus de 28 000 personnes seraient mortes à Gaza depuis le début de la guerre, selon le ministère de la Santé du Hamas. Les chiffres publiés par le groupe terroriste sont invérifiables, et ils incluraient ses propres terroristes et hommes armés, tués en Israël et à Gaza, et les civils tués par les centaines de roquettes tirées par les groupes terroristes qui retombent à l’intérieur de la bande de Gaza.

Tsahal dit avoir éliminé 10 000 terroristes palestiniens dans la bande de Gaza, en plus des quelque 1 000 terroristes qui ont pris d’assaut Israël le 7 octobre.

Outre les quelque 50 000 personnes évacuées du sud, Israël a évacué un nombre similaire de personnes des régions du nord, après que le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah a commencé à lancer des attaques transfrontalières régulières à la suite du massacre du 7 octobre. Ces personnes sont hébergées dans des logements mis à disposition par le gouvernement, sans date de retour spécifiée.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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