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Des chercheurs israéliens développent une « algue enrichie » à haute valeur nutritive

Selon les chercheurs, ces algues pourront constituer un super-aliment naturel de qualité, d’une valeur nutritionnelle très élevée, contribuant à assurer la sécurité alimentaire

Une réserve d'algues sous-marine à Bat-Yam. (Crédit : Doron Ashkenazi)
Une réserve d'algues sous-marine à Bat-Yam. (Crédit : Doron Ashkenazi)

Le doctorant Doron Ashkenazi, sous la direction du Prof. Avigdor Abelson de l’École de zoologie de l’Université de Tel Aviv, et du Prof. Alvaro Israel de l’Institut israélien de recherche océanographique de Haïfa, a mis au point une technologie innovante qui permet la production d’algues considérablement riches en nutriments, protéines, fibres alimentaires et minéraux pour les besoins humains et animaux, a rapporté l’Association française de l’Université de Tel Aviv.

Selon les chercheurs, ces « algues enrichies » produites dans le cadre d’une approche d’aquaculture intégrée durable respectueuse de l’environnement, pourront constituer un super-aliment naturel de qualité, d’une valeur nutritionnelle extrêmement élevée, contribuant à assurer la sécurité alimentaire pour l’avenir de l’humanité.

L’étude a été menée en collaboration avec les chercheurs Guy Paz et le Dr. Yael Segal de l’Institut national d’océanographie de Haïfa, le Dr. Shoshana Ben-Valid, experte en chimie organique, le Dr. Merav Nadav Tzubery du Département de chimie de la Faculté des sciences exactes de l’Université Bar-Ilan, et le Dr. Eitan Salomon du Centre national d’aquaculture d’Eilat.

« Les algues peuvent contenir des quantités importantes de protéines essentielles, de glucides et de minéraux, offrant une source alimentaire alternative, durable et saine en provenance de la mer », a expliqué Doron Ashkenazi. « Cependant, certains défis empêchent encore leur pleine exploitation. Notre étude présente une approche d’aquaculture innovante en deux étapes, ayant pour but l’enrichissement des algues en composants nutritionnels. »

Dans le cadre de l’étude, les chercheurs ont fait pousser trois espèces d’algues locales, de type Ulva lactuca (laitue de mer), Gracilaria (algues rouges utilisées entre autres dans la cuisine japonaise) et Hypnea, à proximité d’élevages de pisciculture, dans certaines conditions environnementales.

« Notre approche consiste à détourner les effluents de poissons riches en nutriments vers une série de bassins de culture d’algues », a expliqué Doron Ashkenazi. « Ensuite, les algues sont exposées à des facteurs de stress environnementaux dits abiotiques tels qu’une irradiance élevée, une privation de nutriments et une salinité importante, qui stimulent la synthèse des ingrédients souhaités dans leurs tissus. Notre méthodologie a permis des taux de croissance élevés allant jusqu’à 25 % d’augmentation de la biomasse d’algues par jour, et une amélioration significative de la quantité de protéines, d’amidon et de minéraux en quelques jours. »

« Les algues peuvent être considérées comme un ‘super aliment’ naturel, riche en composants nécessaires à l’alimentation humaine à des niveaux qui dépassent ceux des autres sources alimentaires », a-t-il ajouté. « Grâce à l’approche technologique que nous avons développée, il sera possible pour un fermier ou un entrepreneur de planifier des lignes de production d’algues spécifiques, enrichies de substances particulières, qui serviront d’aliments sains ou de compléments alimentaires : par exemple des algues enrichies en protéines, ou bien en minéraux comme le fer, l’iode, le calcium, le magnésium ou le zinc, en pigments spécifiques ou en substances anti-oxydantes. Ces algues enrichies pourront être utilisées pour aider les populations souffrant de malnutrition et de carences nutritionnelles, par exemple en complément d’un régime végétarien ou végétalien, ainsi que pour les populations de zones défavorisées dans le monde. »

De plus, par rapport à l’agriculture terrestre, l’agriculture marine, et en particulier la culture des algues, ne nécessite pas de grandes étendues de terres, d’eau douce ni d’importantes quantités d’engrais. Elle préserve aussi la nature et l’équilibre écologique en réduisant les risques environnementaux. La nouvelle étude crée ainsi les conditions d’une situation idéale d’agriculture durable et propre.

L’aquaculture intégrée commence actuellement à bénéficier du soutien des gouvernements dans le monde entier en raison de ses avantages environnementaux, notamment la réduction de l’accumulation des nutriments sur le littoral et la diminution des émissions de gaz et de l’empreinte carbone. Elle contribue ainsi à faire face à la crise climatique et au réchauffement global.

« La sensibilisation croissante du public à la qualité des produits alimentaires plus sains stimule une demande grandissante d’approvisionnement en algues. Notre nouvelle approche suggère une direction prometteuse vers la transition de la production d’algues brute et de base à une production sur mesure d’algues fonctionnelles, enrichies de composés précieux pouvant être utilisés dans les industries émergentes de l’alimentation et de la santé, ainsi que dans l’industrie cosmétique et des médicaments », a conclu Doron Ashkenazi. « Les technologies de ce type constituent sans aucun doute un exemple pour un avenir meilleur de l’humanité, où l’homme vivrait en bonne santé et en cohabitation harmonieuse avec l’environnement. »

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