Des conteneurs à proximité du village bédouin de Khan al-Ahmar devant être rasé
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Des conteneurs à proximité du village bédouin de Khan al-Ahmar devant être rasé

Les activistes déclarent que le conteneurs envoient un message en Israël que "c’est notre droit de construire sur notre terre" ; le village doit être démoli mercredi

Le village bédouin de Khan al-Ahmar en Cisjordanie, le 6 septembre 2018 (Crédit : AHMAD GHARABLI/AFP)
Le village bédouin de Khan al-Ahmar en Cisjordanie, le 6 septembre 2018 (Crédit : AHMAD GHARABLI/AFP)

Des activistes palestiniens ont installé cinq conteneurs à proximité du hameau bédouin pour protester contre la destruction programmée mercredi d’un avant-poste en Cisjordanie par Israël.

Mardi, l’activiste Abdallah Abu Rahmeh a déclaré que l’installation de conteneurs blancs à proximité de Khan al-Ahmar, dont un arborant un drapeau palestinien, est un message envoyé à Israël pour dire que « c’est notre droit de construire sur notre terre ».

Samedi, B’Tselem, une organisation israélienne de défense de droits de l’homme, avait écrit à l’Union européenne pour lui demander d’intervenir afin d’empêcher la démolition du village qui doit avoir lieu mercredi.

Hagai El-Ad, le directeur de B’Tselem, a écrit à la chef de diplomatie de l’EU, Federica Mogherini, pour lui demander de prendre des mesures sur ce dossier.

En référence à d’anciennes déclarations de Mogherini demandant à Israël de ne pas procéder à la démolition, El-Ad a écrit : « Nous en sommes arrivés au point où ces conséquences sérieuses doivent être clairement exprimées, si l’UE veut défendre ses positions de manière crédible ».

La semaine dernière, une décision de la Cour Suprême a ouvert la voie à la démolition de Khan al-Ahmar, rejetant l’appel final dans une affaire qui avait suscité la critique internationale.

El-Ad a également écrit que « dans leur décision au service de l’occupation, les juges ont ignoré le contexte d’un régime de construction à sens unique, où construire ‘légalement’ est une option réservée aux seuls habitants de implantations et refusée aux personnes protégées ».

Il a poursuivi sa lettre en affirmant que la démolition faisait partie d’un plan visant à minimiser la présence palestinienne dans la zone C. Cet espace représente 60 % de la Cisjordanie et Israël le contrôle en respect des Accords d’Oslo signés entre Israël et les Palestiniens en septembre 1995.

« L’UE a de nombreux leviers pouvant avoir un impact concret et pour montrer à Israël que des violations inacceptables des droits de l’homme auront des conséquences sérieuses, en explicitant clairement ce qu’il y a à perdre », a écrit El-Ad.

« La destruction d’une communauté palestinienne tout entière est l’expression récente la plus claire de manque de respect évident d’Israël pour les valeurs communes supposées qui seraient au cœur de sa relation avec l’UE », a-t-il ajouté.

Vendredi, des activistes israéliens de droite se sont opposés aux résidents du village. Sur des images filmées par des activistes bédouins et palestiniens, on peut voir des résidents du village hurler se crier mutuellement dessus avec des Israéliens de l’organisation de droite Im Tirzu, qui marchent dans un chemin sous l’Autoroute 1 conduisant au village délabré.

Des officiers de police ont rapidement séparé les deux groupes, et ont expulsé les activistes israéliens hors de la zone.

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