Des élus du Likud ouverts à un gouvernement d’union mais intimidés par Netanyahu
Rechercher

Des élus du Likud ouverts à un gouvernement d’union mais intimidés par Netanyahu

Le Likud semble assouplir sa position, précise que le Premier ministre discutera avec tous les partis "sionistes" ; Kakhol lavan rappelle que Gantz ne s'associera pas à Netanyahu

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu arrive à une réunion du Likud à Jérusalem, le 18 septembre 2019. (Crédit : Menahem Kahana/AFP)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu arrive à une réunion du Likud à Jérusalem, le 18 septembre 2019. (Crédit : Menahem Kahana/AFP)

Le parti du Likud de Benjamin Netanyahu reconsidérerait son opposition à un gouvernement d’union avec son rival Kakhol lavan mercredi, les résultats du scrutin de mardi ne lui donnant pas d’autre voie claire pour former une coalition majoritaire.

Si Benjamin Netanyahu n’a pas exclu de siéger dans une coalition avec Kakhol lavan, il a promis mercredi de s’efforcer de former un nouveau gouvernement sous sa direction qui inclurait son aile droite et ses alliés ultra-orthodoxes, Yamina, Shas et Yahadout HaTorah. Mais cette combinaison de partis ne permet pas de constituer une majorité à la Knesset et rebuterait d’autres partenaires potentiels.

Il y a peu de chances que Kakhol lavan rejoigne une telle coalition, ayant exclu de siéger dans un gouvernement avec Netanyahu, qui risque une mise en examen dans les prochains mois. On ne sait pas non plus qui dirigerait un tel gouvernement d’union, et les partenaires ultra-orthodoxes du Likud ont rejeté l’idée de s’associer avec Yair Lapid de Kakhol lavan.

L’alliance centriste a encouragé ces derniers mois des membres du Likud à détrôner Benjamin Netanyahu et à former un gouvernement d’union avec lui.

Citant des sources du Likud, la Treizième chaîne a rapporté que des membres du parti au pouvoir ont reconnu être trop intimidés pour défier ouvertement le leadership de leur chef. Mais ils ont précisé qu’ils pousseraient néanmoins le Premier ministre à s’associer à Kakhol lavan pour former un gouvernement, et ce faisant, qu’ils indiqueraient au Premier ministre que son temps était compté s’il n’y parvenait pas.

Aucun député Likud n’a ouvertement déclaré qu’ils tenteraient de chasser Netanyahu de la présidence de la formation. Après l’annonce des sondages de sortie des urnes tard mardi soir, lesquels suggéraient que le bloc de droite ne serait pas majoritaire à la Knesset, les cadres du parti ont tous assuré le Premier ministre de leur soutien.

En pleine rumeur de tensions au sein du Likud, celui-ci a publié un communiqué indiquant que lui et ses partenaires de droite discuteraient avec tous les partis sionistes, tels que Kakhol lavan, et qu’il ne souhaitait pas convoquer de troisième scrutin.

« Le Premier ministre Netanyahu n’exclut aucun parti sioniste, il n’y a donc aucune raison ou envie de procéder à des élections supplémentaires », a ainsi fait savoir le parti.

« Après avoir consolidé le bloc de droite aujourd’hui, nous allons contacter tous les partis sionistes et entamer des négociations », ajoute le communiqué, faisant référence à l’accord conclu mercredi après-midi par la droite et les partis ultra-orthodoxes statuant qu’ils négocieront en bloc uni et soutiendront Benjamin Netanyahu au poste de Premier ministre.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu reçoit les dirigeants des formations ultra-orthodoxes à son bureau à Jérusalem, le 18 septembre 2019. (Autorisation : Likud)

Le Likud a également rappelé les propos tenus par son président mercredi matin, à savoir que l’alternative à un gouvernement Benjamin Netanyahu composé des partis de droite serait une coalition de centre-gauche qui « s’appuie sur les partis arabes ».

Bien que le Likud insiste pour dire qu’ils ne souhaitaient pas de troisième élection en un an, la Douzième chaîne a cité des sources anonymes s’étant entretenues avec Netanyahu qui affirment que le Premier ministre n’avait pas exclu cette possibilité.

D’après la chaîne, ce dernier aurait également envisagé d’annoncer lors d’un événement du Likud mercredi qu’il était ouvert à un gouvernement d’union, mais a finalement fait marche arrière.

Le président du parti Kakhol lavan, Benny Gantz, au siège du parti le soir des élections à Tel Aviv, dans les premières heures du 18 septembre 2019. (Tomer Neuberg/Flash90)

Même si Netanyahu a fait savoir qu’il était ouvert à un gouvernement composé de Kakhol lavan avec lui à sa tête, des sources proches du dirigeant centriste, Benny Gantz, ont assuré à la Douzième chaîne qu’il était hors de question qu’il revienne sur sa promesse préélectorale, à savoir qu’il n’intégrerait pas une coalition avec Netanyahu en raison de ses démêlés judiciaires.

Les dirigeants de Kakhol lavan sont restés largement silencieux mercredi à la suite des déclarations du chef du Likud, mais le député de l’alliance centriste Yoaz Hendel a appelé le Likud à ne pas encourager un troisième scrutin, indiquant que seul un gouvernement d’union sioniste était nécessaire. « C’est ce que la population veut », a-t-il déclaré sur Twitter.

Avec 95 % des suffrages décomptés, les résultats non officiels jeudi matin octroyaient un siège de plus à Kakhol lavan par rapport au Likud.

Avec ses alliés religieux et de droite, le Likud dispose de 56 sièges, il lui en manque donc cinq pour être majoritaire à la Knesset qui en compte 120. Kakhol lavan n’est pas non plus en mesure de dégager une majorité avec les partis de centre-gauche et Yisrael Beytenu, puisqu’il y a peu de chance que ce dernier accepte de siéger dans un gouvernement aux côtés de la Liste arabe unie.

Le président Reuven Rivlin demandera aux chefs de tous les partis ayant réussi à intégrer la Knesset de lui faire part du candidat qu’il souhaiterait voir former un gouvernement.

Celui ayant obtenu le plus de recommandations sera celui qui tentera de forger une coalition en premier. Il aura 28 jours pour ce faire, avec une prolongation possible de 14 jours. Si cela s’avère impossible, comme à l’issue du scrutin d’avril, Reuven Rivlin pourrait alors confier la tâche à un autre chef de parti. Netanyahu lui avait coupé l’herbe sous le pied en avril en convoquant à la place un nouveau scrutin, une première dans l’histoire du pays.

L’AFP a contribué à cet article.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...