Des gardes civils interrogés pour le tir fatal d’un frère et une sœur palestiniens
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Des gardes civils interrogés pour le tir fatal d’un frère et une sœur palestiniens

La police suspecte les gardes de sécurité privée d’avoir tiré à tort sur le duo à Qalandiya, la police avait d’abord dit que la femme avait jeté un couteau sur les forces de sécurité

Des paramédicaux de l'armée israélienne évacuent le corps d'un Palestinien au checkpoint de Qalandiya après une tentative présumée d'attaque au couteau, le 27 avril 2016. (Yonatan Sindel / Flash90)
Des paramédicaux de l'armée israélienne évacuent le corps d'un Palestinien au checkpoint de Qalandiya après une tentative présumée d'attaque au couteau, le 27 avril 2016. (Yonatan Sindel / Flash90)

La police a interrogé les gardes de sécurité civils qui ont abattu deux Palestiniens qu’ils suspectaient d’avoir prévu une attaque au couteau au checkpoint de Qalandiya, a annoncé dimanche la Dixième chaîne.

La police pense que les gardes ont tiré à tort sur les Palestiniens, une femme et son frère adolescent, au checkpoint de Cisjordanie, près de Jérusalem, à la fin du mois d’avril, bien qu’à ce moment la police avait déclaré que la femme avait jeté un couteau sur les forces de sécurité et que son frère avait deux couteaux sur lui.

Pendant les interrogatoires qui ont eu lieu ces deux derniers jours, les gardes ont déclaré avoir eu le sentiment que la fratrie posait une menace immédiate à leurs vies, selon la chaîne de télévision.

Les enquêteurs auraient déclaré que les gardes privés n’étaient pas autorisés à tirer.

La police a déclaré jeudi qu’elle enquêterait sur les suspicions de comportement illégal des gardes.

La cour des magistrats de Jérusalem a imposé un ordre de silence sur les détails de l’enquête, ainsi que sur les noms des gardes.

Une enquête préliminaire a déterminé dimanche dernier que Maram Hassan Abu Ismail, 23 ans, et son frère Ibrahim Saleh Taha, 16 ans, tous deux originaires du village de Surif, en Cisjordanie, ont été tués par les gardes civils et pas par la police des frontières.

Selon le compte-rendu de l’incident de la police, Abu Ismail et son frère ont éveillé les suspicions après s’être approchés du checkpoint dans la mauvaise file, prévue pour les véhicules et pas pour les piétons.

La police a déclaré qu’Abu Ismail a ensuite jeté un couteau sur le personnel de sécurité avant d’être abattue. Le couteau a été retrouvé sur les lieux, et une porte-parole avait déclaré qu’un second couteau, identique, avait été retrouvé à la ceinture de Taha, avec un outil multi-usage de type Leatherman.

Deux couteaux et un outil multi-usage type Leatherman qu'un couple palestinien aurait prévu d'utiliser pour attaquer des des gardes-frontières au checkpoint de Qalandiya, le 27 avril 2016. (Crédit : police israélienne)
Deux couteaux et un outil multi-usage type Leatherman qu’un couple palestinien aurait prévu d’utiliser pour attaquer des des gardes-frontières au checkpoint de Qalandiya, le 27 avril 2016. (Crédit : police israélienne)

Il y a deux semaines, Louba Smari, porte-parole de la police israélienne, avait déclaré qu’Abu Ismail avait été repérée en train de marcher vers les gardes avec une main cachée dans son sac à main, et que le personnel de sécurité n’avait tiré qu’après lui avoir demandé de s’arrêter plusieurs fois.

Leur père, Salah Abu Ismail, 61 ans, du village de Katana, au nord du Jérusalem, avait déclaré au Times of Israël pendant un entretien téléphonique au lendemain de l’incident que sa fille était arrivée au checkpoint pour obtenir un permis d’entrer dans Jérusalem pour un traitement médical. Il a souligné qu’aucun de ses enfants ne portait de couteau.

La police militaire a déclaré dimanche qu’un officier de la police des frontières qui gardait le checkpoint très fréquenté de Cisjordanie à ce moment s’est conformé aux protocoles et aux procédures d’arrestation en tirant en l’air alors que le frère et la sœur s’approchaient des gardes au checkpoint d’une manière suspecte. L’un des gardes, d’une compagnie privée, a tiré quelques moments après.

Quand les méfaits ont été révélés, les autorités chargées de l’enquête ont transféré le dossier du département des enquêtes internes sur la police du ministère de la Justice à la police israélienne.

« L’enquête sur le tir à Qalandiya a été transférée à la police du district de Judée et Samarie », a déclaré jeudi Samri dans un communiqué.

La police a jusqu’à présent refusé de rendre public la vidéo de l’incident, classée comme preuve dans une enquête en cours, malgré les demandes de la famille Abu Ismail.

Le ministère de la Défense fait souvent appel à des gardes civils de compagnies privées pour renforcer la présence sécuritaire aux checkpoints importants entre Israël et les zones contrôlées par les Palestiniens de Cisjordanie.

Professionnellement subordonné à la police, les gardes privés ne sont habituellement pas en contact avec les Palestiniens passant les checkpoints, et sont fréquemment stationnés derrière des barrières en béton pour renforcer de manière générale la sécurité israélienne.

Qalandiya, et les checkpoints voisins entre la Cisjordanie et Israël, ont été un point chaud de conflit pendant la récente vague de violence qui a secoué le pays depuis septembre dernier.

Dans le cadre d’un effort important pour améliorer les relations économiques israélo-palestiniennes, le ministère des Finances prévoit d’améliorer les conditions très critiquées des checkpoints, où des dizaines de milliers de Palestiniens entrent quotidiennement en Israël depuis la Cisjordanie pour aller travailler.

Afin de diminuer les lourds embouteillages à la fois des voitures et des piétons dans la région, Israël a ouvert lundi dernier un nouveau checkpoint entre Jérusalem et la Cisjordanie à Dahiat el-Barid, au sud-est de la capitale.

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