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Des généraux demandent de soutenir la réouverture du consulat US à Jérusalem

Le président du groupe Commanders for Israel’s Security a écrit aux députés en leur disant que rouvrir le consulat allait dans le sens du renforcement de l'AP décidé par Israël

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Le consulat américain à Jérusalem le 27 octobre 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le consulat américain à Jérusalem le 27 octobre 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

WASHINGTON — Le président d’un groupe, constitué de plus de 300 anciens généraux de l’armée israélienne et autres dirigeants d’agences de sécurité, a écrit une lettre aux députés israéliens et aux membres du cabinet, lundi, leur recommandant vivement de soutenir le projet de l’administration Biden de rouvrir le consulat américain à Jérusalem.

Au mois de mai dernier, Washington avait annoncé que l’administration allait rouvrir cette mission historique qui avait été mise de facto au service des Palestiniens et qui avait été fermée par l’ancien président Donald Trump en 2019. Jérusalem s’oppose à ce projet, disant qu’il contrevient à la souveraineté de l’État juif sur la ville qui ne doit pas accueillir de missions diplomatiques servant des non-Israéliens.

Dans son courrier, Matan Vilnai, président du groupe Commanders for Israel’s Security, affirme que soutenir cette initiative serait conforme à la politique entreprise par le nouveau gouvernement israélien visant à renforcer l’Autorité palestinienne et à faire reculer le conflit.

Si le ministre de la Défense Benny Gantz et le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid expriment leur soutien à cette nouvelle politique, cela n’est pas le cas du Premier ministre Naftali Bennett, qui s’oppose à des négociations diplomatiques avec l’AP et qui refuse de rencontrer son président, Mahmoud Abbas.

« Peu de mesures politiques et diplomatiques – ne présentant aucun inconvénient en termes de sécurité – ne peuvent contribuer de manière plus significative à renforcer le statut de l’AP parmi les Palestiniens, à stabiliser les capacités de gouvernance de l’Autorité palestinienne en sécurisant de surcroît la continuité de la coordination sécuritaire, que la réouverture du consulat américain », dit Vilnai dans sa lettre. Son groupe promeut une solution à deux États au conflit israélo-palestinien.

Vilnai note que rejeter le plan de l’administration Biden est susceptible de nuire aux initiatives prises par Jérusalem dans le but de réparer les liens avec les démocrates ainsi que le soutien bipartisan à l’État juif aux États-Unis, plus largement.

Matan Vilnai, ministre du cabinet et ancien général. (Crédit : Flash90)

« La réouverture du consulat permettra de redynamiser le dialogue entre les États-Unis et l’AP, renforçant ainsi la capacité d’influence de Washington sur les politiques de l’Autorité palestinienne qui sont importantes pour Israël », a-t-il ajouté.

Il a ensuite mis en garde les députés contre « notre tendance à exagérer les problèmes de manière artificielle, jusqu’à leur donner des proportions existentielles ».

« Ce n’est pas l’existence du consulat qui avait divisé Jérusalem ; sa fermeture n’a pas uni la ville pas plus que sa réouverture n’affectera, d’une façon ou d’une autre, la liberté et la capacité, pour ce gouvernement ou pour les gouvernements futurs, à prendre des décisions souveraines concernant la destinée de la ville », a-t-il noté.

De plus, lundi, Josh Gottheimer, membre du Congrès, a semblé devenir le tout premier démocrate à s’opposer à la réouverture du consulat.

« Jamais les États-Unis n’ont ouvert un bureau diplomatique sans accord préalable du pays d’accueil et le faire en Israël établirait un deux poids, deux mesures », a-t-il dit dans une déclaration. « Toute décision prise sur cette question doit l’être avec le consentement d’Israël et elle doit reconnaître que Jérusalem est la capitale indivisible d’Israël ».

Gottheimer rejoint le camp de presque tous les républicains sur cette question, où les opposants au projet de Biden se rallient donc au positionnement israélien.

Le représentant démocrate Josh Gottheimer. (Capture d’écran/YouTube)

Israël doit en effet accréditer le consul-général que les États-Unis ont l’intention d’envoyer en Israël, selon le protocole diplomatique, rendant donc impossible pour Washington d’effectuer une telle nomination sans avoir une forme de feu vert du gouvernement.

Néanmoins, le bâtiment où l’administration Biden veut installer le consulat, sur la rue Agron, dans l’Ouest de Jérusalem, appartient déjà au gouvernement américain – et aucune autorisation israélienne ne serait donc nécessaire à ce sujet. Le bâtiment est resté ouvert depuis la fermeture du consulat mais le personnel a intégré la nouvelle ambassade américaine dans la ville dans le cadre d’un département nouveau qui a été appelé l’Unité des affaires palestiniennes – une initiative que les Palestiniens ont considéré comme une rétrogradation de leurs liens avec les États-Unis.

Le ministère des Affaires étrangères palestiniens a estimé que les diplomates de la nouvelle unité étaient très largement personae non gratae, et les Palestiniens des services diplomatiques ont refusé de rencontrer leurs homologues américains. Abbas a néanmoins rencontré, ces derniers mois, le chargé d’affaires par intérim de l’ambassade, Michael Ratney, et le responsable de l’Unité des affaires palestiniennes, ont confirmé des responsables de Washington et de Jérusalem au Times of Israel, le mois dernier.

Bennett et Lapid ont réitéré leur opposition à la réouverture du consulat lors d’une conférence de presse conjointe qui a eu lieu au début du mois. Lapid a proposé que cette mission rouvre ses portes à Ramallah – une idée que les Palestiniens ont immédiatement écartée, insistant sur le fait qu’eux aussi ont un droit sur Jérusalem. Les Palestiniens veulent ainsi faire de la partie orientale de la ville la capitale de leur futur État.

Le Premier ministre Naftali Bennett (à droite) et le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid lors d’une conférence de presse à Jérusalem, le 6 novembre 2021. (Crédit : Haim Zach/GPO)

A la demande de Lapid, les États-Unis avaient accepté de ne pas rouvrir le consulat jusqu’à l’adoption d’un budget de l’État par le gouvernement, au début du mois – ce budget, avait-on estimé, aurait la capacité de stabiliser la coalition dans un avenir proche. De son côté, Washington avait eu l’impression qu’inhérente à cette demande de Lapid de reporter cette réouverture, il y avait, de la part du ministre des Affaires étrangères israélien, une reconnaissance et une acceptation du fait que cette réouverture aurait lieu, ont confié des sources de Jérusalem et le Washington au ToI.

Mais Lapid et le gouvernement ont depuis durci le ton. Bennett a expliqué à un groupe de démocrates en déplacement au sein de l’État juif, la semaine dernière, que s’il ne tenterait pas « de gagner des points politiques » sur ce dossier et qu’il reconnaissait que la réouverture du consulat était une promesse de campagne de Biden, il ne prévoyait pas de donner son feu vert à cette initiative, a confirmé l’assistant d’un membre du Congrès au Times of Israel.

Les États-Unis ont refusé d’établir un calendrier concernant la réouverture du consulat.

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