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Des rescapés de l’attaque du Hamas plongent pour sortir la tête de l’eau

Les clubs de plongée à Eilat se mobilisent pour offrir aux Israéliens évacués des cours et des sessions gratuites, une activité "très thérapeutique, très bénéfique", selon des survivants de Nir Oz

Yamit Avital et son mari Benny, survivants du kibboutz Nir Oz, participant à une session de plongée libre proposée aux Israéliens évacués et aux survivants des attaques du Hamas du 7 octobre, au large de la côte d'Eilat, le 26 décembre 2023. (Crédit : Ilan Ben Zion/AFP)
Yamit Avital et son mari Benny, survivants du kibboutz Nir Oz, participant à une session de plongée libre proposée aux Israéliens évacués et aux survivants des attaques du Hamas du 7 octobre, au large de la côte d'Eilat, le 26 décembre 2023. (Crédit : Ilan Ben Zion/AFP)

Au fond de la mer Rouge, Yamit Avital vide son esprit de la guerre et du traumatisme de l’attaque terroristes du Hamas pendant un bref instant.

« Il y a une forme de tranquillité dans la mer, dans les profondeurs », raconte Mme Avital, sortant de l’eau turquoise du golfe d’Eilat où elle a plongé à plus de 20 mètres de profondeur.

« C’est comme si tu n’entendais plus rien, uniquement la musique de la mer », dit-elle.

Elle et son mari Benny font partie des rescapés de Nir Oz, un des kibboutz les plus durement touchés par l’attaque du Hamas le 7 octobre, lorsque 3 000 terroristes armés en Israël, le 7 octobre, ont déferlé sur les communautés du sud d’Israël, tué près de 1 200 personnes, pris en otage plus de 240 personnes, pour la plupart des civils, le tout sous une pluie de roquettes.

La majorité des victimes étaient des civils, y compris des bébés, des enfants et des personnes âgées. Des familles entières ont été exécutées chez elles, et plus de 360 personnes ont été massacrées lors d’un festival en plein air, nombre d’entre elles étant victimes d’actes de brutalité horribles perpétrés par les terroristes.

Environ un quart des 400 habitants de Nir Oz a été tué ou capturé le 7 octobre: parmi ces otages, 25 sont toujours retenus dans la bande de Gaza.

Depuis le début de la guerre, plus de 100 000 Israéliens été déplacés depuis octobre, évacués de leurs foyers près des zones de combat dans le sud et le nord, en raison des escarmouches quasi quotidiennes le long de la frontière libanaise.

Les habitants des villages et kibboutz proches de Gaza ont été évacués dans des hôtels à travers le pays.

Des survivants du kibboutz Nir Oz, lors d’une session de plongée libre proposée aux Israéliens évacués et aux survivants des attaques du Hamas du 7 octobre, à Eilat le 26 décembre 2023. (Crédit : Alberto PIZZOLI / AFP)

Sous les yeux des survivants de Nir Oz s’étend la réserve naturelle de coraux d’Eilat et ses clubs de plongée.

« Nous sommes prêts à donner tout ce que nous pouvons » aux familles de Nir Oz, a déclaré Youval Goren, directeur du club Aquasport.

Et il n’est pas le seul : la Fédération israélienne de plongée, les clubs de la station balnéaire et des dizaines de bénévoles se sont mobilisés pour offrir des cours de plongée sous-marine et de plongée libre, où les plongeurs s’enfoncent dans l’eau après une seule respiration.

Nombre des plongeurs novices ont trouvé que cet exercice méditatif apaisait leurs traumatismes.

Les instructeurs bénévoles ont de leur côté estimé que la plongée a été thérapeutique pour les survivants du 7 octobre.

La découverte de l’environnement sous-marin, l’activité physique, les exercices de respiration et de contrôle du corps, l’exposition à sa peur puis le dépassement de celle-ci peuvent atténuer des douleurs psychiques, selon des experts.

Redonner le sourire

« Nous savons qu’être dans l’eau et sous l’eau a des effets émotionnels importants », a assuré Yotam Dagan, un psychologue qui a aidé la Fédération de plongée dans cette initiative.

La sensation d’apesanteur, le ralentissement de la respiration et du rythme cardiaque « réduisent de manière significative le stress, pas uniquement durant la plongée mais aussi dans les minutes et heures qui suivent, parfois même longtemps après », ajoute M. Dagan.

Ofer Mor, qui a dirigé le projet de la Fédération visant à enseigner la plongée aux familles évacuées au centre Snuba, a raconté que la formation était « calme et lente » et axée sur les besoins individuels de chacun.

« Un des premiers retours que j’ai reçu était +tu m’as redonné le sourire+ », raconte-t-elle.

Pendant les deux derniers mois, Shai Wolf, instructeur bénévole de plongée en apnée, a montré aux évacués les bonnes techniques de plongée et comment « connaître la paix et la tranquillité sous l’eau ».

Shai Wolf, moniteur de plongée bénévole, lors d’une session de plongée libre proposée aux Israéliens évacués et aux survivants des attaques du Hamas du 7 octobre, à Eilat le 26 décembre 2023. (Crédit : Alberto PIZZOLI/AFP)

« C’était si émouvant de les voir progresser, se sentir mieux et se préparer à affronter une nouvelle réalité », a dit M. Wolf.

Benny et Yamit Avital, parents de trois enfants, se sont mis tous les deux à la plongée à Eilat.

Le frère de Benny a été tué en défendant un village voisin de Nir Oz alors qu’ils ont échappé de peu à la mort, barricadés dans leur abri personnel.

Le couple a perdu des voisins et amis, assassinés ou toujours retenus en otage à Gaza.

Yamit Avital (à gauche) et son mari Benny, des survivants du kibboutz Nir Oz, sortent de l’eau lors d’une session de plongée libre proposée aux Israéliens évacués et aux survivants des attaques du Hamas du 7 octobre, à Eilat le 26 décembre 2023. (Crédit : Alberto PIZZOLI / AFP)

« Bouffée d’air frais »

Pour Yamit Avital, « cette sensation à 23 mètres de profondeur, quand les poumons s’effondrent, que le diaphragme fait mal, la gorge étouffe et les orteils se serrent m’a ramené à la sensation que j’ai vécue le 7 » octobre, raconte-t-elle.

« Ressentir tout ça et retourner à la surface, prendre une bouffée d’air frais, c’est thérapeutique et ça soigne », explique-t-elle.

Le couple de quarantenaires devra bientôt quitter Eilat pour être relogés provisoirement dans la ville de Kyriat Gat, dans le sud d’Israël, loin de la mer Rouge.

« Nous avons beaucoup de chemin à parcourir, nous le savons mais nous avons eu de la chance d’avoir été accueillis dans cet hôtel au bord de mer », conclut Benny Avital.

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