Des voyageurs israéliens supplient les autorités de les rapatrier et d’agir
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Des voyageurs israéliens supplient les autorités de les rapatrier et d’agir

Les vols étant annulés, et les frontières fermées, une situation qui risque d'empirer, certains font appel au financement participatif pour louer des avions privés et rentrer

Un avion El Al sur le tarmac de l'aéroport international Ben Gurion. 26 février 2015. (Moshe Shai/FLASH90)
Un avion El Al sur le tarmac de l'aéroport international Ben Gurion. 26 février 2015. (Moshe Shai/FLASH90)

De nombreux Israéliens rapportent être bloqués à l’étranger en raison de l’annulation de vols et de la fermeture des frontières décrétée à la suite de la crise du coronavirus, certains accusant le ministère des Affaires étrangères de ne pas faire assez pour les aider.

Dans les appels à l’aide publiés sur les réseaux sociaux, les voyageurs demandent assistance, expliquant que des vols ont été annulés ou que leurs prix étaient prohibitifs.

Tom Hefer, qui se trouve actuellement en Australie avec sa petite amie, a écrit sur Facebook que « la situation ici se détériore à un rythme vertigineux. De plus en plus de patients sont découverts chaque jour en Australie, et les directives deviennent plus strictes. Les vols sont annulés, nous n’avons aucun moyen de revenir ».

« Le ministère des Affaires étrangères refuse de nous aider, et nous essayons de louer un avion qui nous ramènera chez nous. Le coût des vols est très élevé, aidez-nous, s’il vous plaît », a-t-il écrit.

Alors que les compagnies aériennes réduisent leurs vols dans le monde entier en raison de la pandémie, le ministère des Affaires étrangères a réitéré jeudi son appel à tous les Israéliens qui « veulent rentrer chez eux » à le faire immédiatement.

« Compte tenu de la réduction et de l’annulation des vols dans le monde entier, et des mesures prises par les pays pour fermer leur espace aérien et leurs frontières en raison de l’épidémie de coronavirus, nous appelons à nouveau les Israéliens à l’étranger qui veulent rentrer chez eux à le faire le plus rapidement possible », a déclaré le ministère dans un communiqué.

Il a également publié sur son site internet une liste des pays (en hébreu) assurant des vols vers Israël, laquelle est régulièrement mise à jour. Celle-ci répertorie également des informations sur les fermetures de frontières et sur les pays voisins les autorisant à entrer

Un porte-parole du ministère a déclaré que les Israéliens à l’étranger ne doivent pas s’attendre à ce que le pays affrète des vols charters gratuits si la décision est prise d’interrompre tout le trafic aérien.

Pendant ce temps, 120 touristes israéliens au Costa Rica et en Colombie ont lancé une campagne de financement participatif pour louer un avion, a rapporté samedi la Treizième chaîne. Selon les parents des voyageurs, le ministère des Affaires étrangères n’a pas répondu à leurs demandes d’aide. Le groupe doit réunir 400 000 dollars pour financer le vol.

Un Israélien qui s’est identifié sous le nom d’Oren a déclaré à la Treizième chaîne qu’il n’avait pas pu trouver de vol retour depuis la Nouvelle-Zélande depuis que les compagnies aériennes ont annulé deux vols qu’il avait réservés, alors que la crise s’aggravait.

« Je cherche à être secouru et je suis prêt à dépenser de l’argent. Je veux juste rentrer chez moi en toute sécurité auprès de ma famille », a-t-il imploré.

L’ambassadeur d’Israël en Colombie, un pays populaire auprès des voyageurs israéliens, a lancé samedi un appel urgent aux Israéliens présents dans le pays pour qu’ils partent immédiatement.

« Nous réitérons notre recommandation aux Israéliens de revenir dès que possible par les vols commerciaux internationaux qui partent toujours de Bogota », a écrit l’ambassadeur Christian Cantor.

Un soldat péruvien décharge les sacs de voyageurs israéliens à l’aéroport de Cusco, le 19 mars 2020. (rédit : Amsalem Tours)

Des milliers d’Israéliens se trouveraient en Amérique du Sud, où plusieurs pays ont annoncé la fermeture de leurs frontières pour lutter contre la propagation du coronavirus. L’Argentine et le Pérou ont tous deux annoncé des fermetures de frontières dimanche, tandis que le Chili en a mis une en place mercredi. Une interdiction de voyager pour les étrangers est entrée en vigueur lundi en Colombie, et le Brésil a déclaré que les voyageurs devraient se préparer à la mise en place d’une telle interdiction.

Vendredi, quatre vols spécialement organisés pour évacuer les Israéliens bloqués au Pérou sont arrivés en Israël. Les vols d’El Al ont rapatrié quelque 1 100 Israéliens, mais 23 n’ont pas pu embarquer et tentent de trouver une solution avec l’ambassade d’Israël à Lima.

El Al a également déclaré qu’elle envoyait deux vols vers l’Inde, où quelque 3 000 Israéliens seraient bloqués. La compagnie a déclaré qu’elle examinait la possibilité d’affréter également un troisième vol.

Le gouvernement indien a annoncé jeudi un couvre-feu d’une journée pour les 1,3 milliard d’habitants et a interdit les vols internationaux pour tester la capacité du pays à lutter contre la pandémie de coronavirus. Il a déclaré qu’aucun vol international ne serait autorisé à atterrir en Inde pendant une semaine après minuit GMT, de samedi à dimanche.

Des agents spécialisés pulvérisent du désinfectant par mesure de précaution contre le Covid-19 devant un temple d’Hyderabad, en Inde, le 20 mars 2020. (Crédit : AP Photo/Mahesh Kumar A.)

New Delhi a déjà suspendu les visas de tous les touristes étrangers et interdit aux passagers des vols en provenance des pays européens les plus touchés d’obtenir un visa.

Les vols en provenance du Pérou, qui ont transporté quelque 550 Israéliens depuis  Cusco, une ville du sud-est du Pérou, avant de se diriger vers la capitale Lima pour prendre le reste des Israéliens dans ce pays d’Amérique du Sud, avaient subi des retards au départ.

Les avions ont été autorisés à voler de Cusco à Lima après qu’Israel Katz s’est entretenu avec son homologue péruvien Gustavo Meza-Cuadra, qui a donné son feu vert après avoir consulté le ministre des Transports du Pérou, a déclaré le ministre des Affaires étrangères.

Des Israéliens à bord d’un avion ralliant les villes péruviennes de Cusco et Lima, d’où ils embarqueront sur des vols vers Israël, le 19 mars 2020. (Crédit : Amsalem Tours)

Le Pérou avait bloqué les vols par crainte qu’un groupe aussi important n’atterrisse à Lima et par crainte que les Israéliens ne cherchent un logement dans la ville, ce qui risquait d’accroître la propagation du virus, selon la Douzième chaîne.

Samedi soir la compagnie Israir a annoncé qu’elle proposera lundi deux vols aux Israéliens bloqués en Italie, le pays le plus durement touché par le coronavirus. Le personnel portera un équipement de protection complet de la tête aux pieds et ceux qui rentreront en Israël sur ces vols devront se mettre immédiatement en quarantaine.

Tout Israélien retournant dans le pays doit être mis en quarantaine pendant 14 jours, conformément aux directives du ministère de la Santé.

Le ministère de l’Intérieur a annoncé mercredi que, dorénavant, seuls les citoyens et ceux qui vivent en Israël seront autorisés à entrer dans le pays.

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