Deux gynécologues israéliennes enseignent leur savoir-faire à Myanmar
Rechercher

Deux gynécologues israéliennes enseignent leur savoir-faire à Myanmar

Les employées de l'hôpital d'Ichilov ont travaillé avec les médecins locaux pour sauver des vies dans une nation au taux de mortalité infantile le plus bas

Dr. Ronit Almog, à gauche, pratique une césarienne aux côtés de personnel de l'hôpital à Pindaya, en Birmanie, en août 2018. (Crédit : capture d'écran Dixième chaîne)
Dr. Ronit Almog, à gauche, pratique une césarienne aux côtés de personnel de l'hôpital à Pindaya, en Birmanie, en août 2018. (Crédit : capture d'écran Dixième chaîne)

Deux gynécologues israéliens ont passé deux semaines à Myanmar ce mois-ci pour aider les docteurs locaux dans un hôpital de campagne à améliorer leurs traitement de maladies ordinaires et facilement évitables.

Durant leur premier jour à l’hôpital de Pindaya, dans l’Etat à l’ouest de Myanmar, Michal Dishi-Galitzky et Ronit Almog, toutes deux gynécologues à l’hôpital Ichilov de Tel Aviv, avaient déjà sauvé deux vies.

Une femme est arrivée à l’hôpital à un stade avancé de sa grossesse et se plaignait de douleurs étranges et sévères. Elle a été prise en charge par le docteur Almog.

Dans un reportage diffusé lundi sur la Dixième chaine, le docteur Dishi-Galitzky a expliqué : « Nous craignons que le foetus soit gros, plus de 4 kilos. L’accouchement sera difficile, ce sera difficile de sortir le foetus. La vie de la mère et du bébé sont en danger à cause des complications. »

Avec l’aide du chef de l’hôpital, Almog a perforé le sac amniotique avec une aiguille pour amniocentèse, qu’elle avait rapporté d’Israël. Elle a découvert la présence de méconium – selles fœtales – dans le liquide amniotique, qui peut entrer et boucher les voies respiratoires du bébé, ce qui présente un danger à la naissance et peut expliquer une détresse fœtale.

Dr. Ronit Almog, à gauche, pratique un examen sur une femme enceinte aux côtés de personnel de l’hôpital à Pindaya, en Birmanie, en août 2018. (Crédit : capture d’écran Dixième chaîne)

Les médecins ont alors décidé de déclencher l’accouchement.

« Ici, il n’y a pas de péridurale pour soulager la douleur » inhérente à la naissance d’un bébé plutôt gros, a expliqué Almog. Au lieu de cela, elle a appris à l’équipe des techniques israéliennes pour réduire la douleur, notamment la pratique d’une épisiotomie – une incision périnéale qui permet de garantir que le bébé dispose de l’espace nécessaire pour sortir – au dernier moment, quand la peau est tendue à son maximum et que la douleur et le traumatisme sont minimisés.

La grossesse ne s’est pas poursuivie comme elle aurait dû et les médecins ont alors décidé de procéder à une extraction instrumentale au moyen d’une ventouse. Quelques minutes plus tard, le chef de l’hôpital, sous les instructions d’Almog, a fait naître le bébé.

Selon les normes occidentales, les actes pratiqués par les médecins israéliens ne sont pas particulièrement difficiles ni sophistiqués. « Ce sont des outils que nous prenons pour acquis », a expliqué Dishi-Galitzky. « Ils n’ont pas d’appareil pour surveiller la tension durant la grossesse. Ils n’ont aucun moyen de diagnostiquer un diabète gestationnel [diabète de grossesse], l’une des complications les plus fréquentes pendant une grossesse. »

Michal Dishi-Galitzky participe à la formation des gynécologues-obstétriciens à l’hôpital à Pindaya, en Birmanie, en août 2018. (Crédit : capture d’écran Dixième chaîne)

La mission de l’équipe israélienne ne consiste pas à importer des technologies de pointe à Myanmar, mais d’enseigner des techniques simples et accessibles, qui peuvent faire toute la différence, sans nécessiter d’importante courbe d’apprentissage pour l’équipe ni de coûts importants.

L’équipe, dépêchée par l’hôpital Ichilov, a amené avec elle un ancien appareil d’échographie considéré comme obsolète en Israël, et qui traînait dans une salle à Ichilov. Almog a passé la majeure partie de sa première journée à montrer comment examiner les femmes enceintes avec cet appareil, pour déterminer le sexe et estimer le poids des fœtus.

L’initiative israélienne d’importer le savoir-faire obstétrical occidental aux pays en voie de développement s’inscrit dans le cadre d’un programme plus large visant à combattre les taux de mortalité très élevés dans les régions les plus pauvres du monde.

Myanmar est le 152e pays du monde sur la liste de la mortalité infantile de la Banque mondiale, avec 40,1 décès pour 1 000 naissances.

La mortalité infantile est un élément qui sépare radicalement les pays développés et les pays en voie de développement. La moyenne en Asie du sud-est est de 38,8 morts, contre 5,9 dans les pays développé membres de l’OCDE. La moyenne aux Etats-Unis est de 5,6, et de 2,9 en Israël.

Dr. Ronit Almog enlace un enfant qu’elle a soigné à l’hôpital à Pindaya, en Birmanie, en août 2018. (Crédit : capture d’écran Dixième chaîne)

Le manque de connaissance et d’équipement touche aussi les mères. Près de 3 000 femmes meurent en couches chaque année à Myanmar.

Israël a fait l’objet de critiques ces dernières années au sujet de sa vente d’armes à Myanmar, dont l’armée a été accusée par les Nations unies, les Etats-Unis et d’autres pays de procéder à un nettoyage ethnique contre la minorité musulmane Rohingya, de massacrer et de brûler des centaines de villages.

En novembre 2017, le ministère des Affaires étrangères israélien a catégoriquement nié avoir vendu des armes à Myanmar cette année-là mais a admis l’avoir fait dans le passé.

Les militants opposés à la vente d’armes au régime ont souligné que le communiqué israélien ne faisait référence qu’à la vente d’armes mais ne mentionnait pas les autres produits liés à la sécurité, notamment les technologies de surveillances ou les services d’entrainement militaire.

Les ventes de matériel de défense israélien sont confidentielles et la liste des pays auxquels les entreprises israéliennes sont autorisés à vendre n’est pas divulgué, mais Myanmar a déjà annoncé plusieurs acquisitions de technologie militaire ces dernières années.

L’initiative médicale, en revanche, ne s’inscrivait pas dans ces relations bilatérales, étant donné qu’il s’agissait d’une initiative privée de l’hôpital Ichilov, selon la Dixième chaîne.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...