Deux hommes abattus dans une semaine dévastatrice pour les Arabes israéliens
Dix hommes sont morts au cours des trois derniers jours seulement dans une vague meurtrière qui a fait 102 victimes depuis le début de l'année, au sein de la communauté

Deux hommes ont été abattus, samedi soir, lors de deux incidents violents distincts à Qalansawe et à Jaljulia, deux villes à majorité arabe, ont fait savoir la police et les services de secours.
Ce sont les 101e et 102e victimes de la vague de violences qui sévit au sein de la communauté pour cette année seulement – une vague qui a fait dix morts au cours des trois derniers jours.
Ainsi, Watheq Qashqush, 28 ans, a été blessé par balle dans une rue de sa ville natale de Qalansawe, a fait savoir la police. Il a été emmené dans un état critique à l’hôpital Meir de Kfar Saba, où les médecins ont prononcé sa mort.
« Quand nous sommes arrivés sur les lieux, nous avons vu un homme de 28 ans qui était inconscient ; son pouls ne battait plus et il ne respirait plus et il présentait de graves blessures au corps », a dit un médecin du Magen David Adom.
Quelques heures plus tard, ce sont trois personnes qui ont essuyé des coups de feu à Jaljulia, dans le centre du pays, ont noté le MDA et la police.
L’une des victimes, un homme de 49 ans dont l’identité n’a pas été communiquée, a été emmené dans un état critique à l’hôpital Meir, où il a succombé à ses blessures.
Selon le MDA et la police, les deux autres victimes des tirs étaient des femmes. Une quadragénaire serait dans un état modéré et une trentenaire légèrement blessée. Elles ont été prises en charge à l’hôpital Meir.
La police a fait savoir que des recherches avaient été lancées pour retrouver les auteurs des coups de feu et que les agents avaient ratissé les zones des deux fusillades pour tenter d’y retrouver des éléments utiles pour leurs enquêtes.
La cause de ces attaques reste indéterminée pour le moment, ont indiqué les forces de l’ordre.
Ces décès sont survenus quelques heures après la mort d’un jeune adulte, âgé de 21 ans et résident d’une ville bédouine du désert du Neguev, pendant une rixe avec des ouvriers étrangers à Qfakim, dans le sud du pays. Il avait été poignardé. Il semble que la victime appartenait à un groupe qui tentait de voler des équipements agricoles, selon la police.
Vendredi, une jeune femme de 18 ans avait été abattue dans le nord d’Israël et jeudi, cinq personnes avaient été tuées à Yafa an-Naseriyye, une localité arabe du nord du territoire, l’un des pires actes de violences criminelles des dernières années.
Jeudi également, un trentenaire a perdu la vie après avoir essuyé des coups de feu tirés alors qu’il se trouvait au volant de sa voiture depuis un véhicule en circulation à proximité de Kafr Qasim, dans le centre d’Israël – des tirs qui avaient aussi fait un blessé modéré. La fusillade avait entraîné un accident de la route, et une femme de 46 ans avait été blessée.
Par ailleurs, une fillette de trois ans et son père avaient été blessés, jeudi, après avoir été touchés par des coups de feu à Kafr Kanna, qui se trouve aussi à côté de Nazareth.
Des milliers d’Arabes israéliens ont manifesté contre les meurtres vendredi, demandant aux autorités d’intervenir.
Selon Abraham Initiatives, un groupe de veille qui traque le crime dans les communautés arabes israéliennes, la vague de violences a fait 102 victimes depuis le début de l’année – le bilan à la même époque, l’année dernière, était de 35.
Les critiques et les manifestants pointent du doigt le Premier ministre Benjamin Netanyahu, dont le gouvernement a été investi le 29 décembre 2022 ainsi que le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir. Une demi-douzaine d’anciens responsables de la police ont appelé ce dernier à démissionner, vendredi, dans le contexte de ces violences endémiques.
Au début de la semaine, Netanyahu avait annoncé qu’il allait former une Commission de pilotage suite à une rencontre avec des députés arabes pour débattre « des solutions à apporter à la vague de meurtres au sein de la communauté arabe ».
Les représentants de la population arabe israélienne réclament un passage urgent à l’action pour venir à bout de cette vague criminelle.
Netanyahu avait fait savoir, jeudi, qu’il était « déterminé à stopper les meurtres » et que pour ce faire, il n’avait pas seulement l’intention de renforcer la police mais aussi de faire appel au Shin Bet.
La police, les politiciens et les leaders de la communauté ont lutté, ces dernières années, de manière à vaincre la vague criminelle à l’origine de ces violences en spirale qui ont semblé encore se multiplier ces derniers mois.
Il y a eu une recrudescence des violences dans la communauté arabe, ces dernières années.
Un grand nombre d’Arabes israéliens en attribuent la responsabilité à la police qui, selon eux, est incapable de réprimer les puissantes mafias et qui détourne largement le regard face à ces violences – querelles familiales, guerre des gangs et violences faites aux femmes.
Le chef d’une unité de la police chargée de la lutte contre le crime dans la communauté arabe, le commissaire-adjoint Natan Bozna, a présenté sa démission mardi dernier.
Les experts affirment que les gangs arabes, devenus très puissants, ont amassé de grandes quantités d’armes illégales au cours des deux dernières décennies et qu’ils se livrent au trafic de drogue, au trafic d’armes et au trafic d’êtres humains. Ils sont aussi impliqués dans la prostitution, dans des activités de racket et dans le blanchiment d’argent.







