Diagnostiquée samedi, Gila Gamliel a enfreint le confinement lors de Yom Kippour
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Diagnostiquée samedi, Gila Gamliel a enfreint le confinement lors de Yom Kippour

Au mépris de la limite d'un kilomètre, la ministre a parcouru 100 kilomètres depuis son domicile de Tel Aviv pour passer les fêtes à Tibériade, en tentant de dissimuler son voyage

La ministre de la Protection environnementale, Gila Gamliel. (Autorisation : ministère de la Protection environnementale)
La ministre de la Protection environnementale, Gila Gamliel. (Autorisation : ministère de la Protection environnementale)

La ministre de la Protection de l’environnement, Gila Gamliel, qui a annoncé le week-end dernier qu’elle avait été infectée par le coronavirus, fait l’objet d’appel à la démission après avoir avoué qu’elle avait enfreint la semaine dernière la limitation sanitaire de déplacement en se rendant de son domicile de Tel Aviv à la ville de Tibériade, dans le nord du pays.

Elle aurait également essayé de cacher ce voyage à une enquête épidémiologique du ministère de la Santé suite à son infection.

Gila Gamliel a passé le jeûne de Yom Kippour, qui est tombé lundi dernier, dans une synagogue de Tibériade, où son beau-père est rabbin, a rapporté Kan lundi.

Des associés de la ministre ont affirmé que les fidèles portaient tous des masques et que la responsable avait dormi dans un appartement familial de la ville, dont certaines zones ont été déclarées foyers de contagion. Ils ont également affirmé lundi que son mari était propriétaire de l’appartement où ils avaient séjourné à Tibériade et qu’ils étaient donc autorisés à y être en vertu des règles sanitaires.

Plus d’une semaine auparavant, Israël a instauré un confinement national qui, entre autres restrictions, contraint les Israéliens à rester à moins d’un kilomètre de leur domicile, sauf pour le travail ou les besoins essentiels. Il est également interdit de se rendre chez des tiers.

Les responsables du ministère de la Santé tentent de déterminer combien d’autres personnes se trouvaient dans la synagogue à ce moment-là et si le nombre était supérieur aux dix personnes autorisées lors des services de prière en intérieur.

Le site d’information Walla a cité des participants à l’office de Yom Kippour rapportant qu’il y avait 35 personnes dans le bâtiment, soit environ la moitié de sa capacité maximale.

Les enquêteurs épidémiologiques n’ont pas pu contacter Gila Gamliel pendant plusieurs heures, a fait savoir Ynet.

Les révélations sur le séjour de la ministre à Tibériade sont survenues après qu’elle a tenté de dissimuler le voyage, en disant aux épidémiologistes du ministère de la Santé qu’elle avait été contaminée par son chauffeur, a rapporté Haaretz dimanche.

Elle a finalement admis aux enquêteurs qu’elle avait passé Yom Kippour à la synagogue Etz Haim dans le quartier Dalet de Tibériade.

Le groupe de pression du Mouvement pour un gouvernement de qualité a exhorté à l’intéressée de démissionner immédiatement.

« À une époque où l’on attend de la population qu’elle obéisse à des ordres stricts, il est inacceptable qu’un élu se permette de les dédaigner », a dénoncé le groupe dans un communiqué. « Nous sommes au plus fort d’une crise de confiance entre la population et les responsables politiques et cette violation exacerbe une situation déjà grave. »

L’enquête épidémiologique « n’est pas un privilège, c’est une exigence concernant chaque citoyen qui est infecté », ajoute le mouvement. « Mentir sciemment dans une telle enquête est un coup sérieux porté à la paix sociale. »

Aucun autre ministre n’a été obligé de se placer en quarantaine suite à l’infection de Gila Galmliel, car elle a mené toutes ses réunions récentes par vidéoconférence, a rapporté Kan. Un petit nombre de ses collaborateurs immédiats ont été mis en quarantaine.

Mme Galliel a annoncé son diagnostic dans la nuit de samedi à dimanche, en tweetant qu’elle se sentait bien.

Rami Greenberg, maire de Petah Tikva, a refusé d’être mis en quarantaine bien qu’il ait rencontré personnellement cette dernière vendredi, alors qu’ils discutaient d’une infection de termites dans la ville. La municipalité a affirmé dans un communiqué que Rami Greenberg ne s’était pas tenu à proximité de la ministre et qu’ils se sont rencontrés dans un espace extérieur.

La membre de Kakhol lavan n’est pas le premier ministre dont l’infection a révélé des violations des restrictions ordonnées par le gouvernement.

En avril, le ministre de la Santé de l’époque, Yaakov Litzman, a été diagnostiqué positif au COVID-19, semble-t-il après avoir assisté à des offices de prière qui, à l’époque, étaient interdits sous les ordres de son propre ministère. Le dirigeant du parti ultra-orthodoxe Yahadout HaTorah a ensuite quitté son poste pour rejoindre le ministère du Logement, avant d’en démissionner le mois dernier en protestation face aux mesures de confinement actuelles et des restrictions qu’elles imposent aux offices dans les synagogues pendant les fêtes.

En août, la ministre de l’Immigration et de l’Intégration, Pnina Tamano-Shata de Kakhol lavan, a été testée positive au coronavirus. Cela s’est produit quelques semaines après que le ministre des Affaires de Jérusalem, Rafi Peretz (HaBayit HaYehudi), a été diagnostiqué porteur du COVID-19.

Plusieurs membres de la Knesset ont également contracté le virus, le dernier en date étant Ayman Odeh, qui dirige la Liste arabe unie.

Lors du premier confinement au début de l’année, de nombreuses violations par des responsables politiques et leurs familles ont été signalées – le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le président Reuven Rivlin étaient concernés.

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