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Edelstein : Netanyahu est prêt à prendre congé s’il est mis en examen

Le président de la Knesset a déclaré que le Premier ministre est préparé à "payer ce prix pour établir un gouvernement" et éviter un troisième scrutin

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'exprime lors d'une conférence de presse à la Résidence du Président à Jérusalem après avoir été chargé par le Président Reuven Rivlin (hors cadre) de former un nouveau gouvernement, le 25 septembre 2019. (Menahem Kahana/AFP)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'exprime lors d'une conférence de presse à la Résidence du Président à Jérusalem après avoir été chargé par le Président Reuven Rivlin (hors cadre) de former un nouveau gouvernement, le 25 septembre 2019. (Menahem Kahana/AFP)

Le président de la Knesset par intérim Yuli Edelstein a déclaré jeudi que le Premier ministre Benjamin Netanyahu serait prêt à prendre congé s’il était mis en examen dans les affaires de corruption dont il fait l’objet.

« Ce n’est pas une étape facile », a déclaré Edelstein dans une interview à la radio Kan. « Le Premier ministre est préparé à payer ce prix pour établir un gouvernement. »

Les propos d’Edelstein surviennent quelques heures avant la cérémonie d’investiture de la 22e Knesset, quasiment identique à celle de la 21e législature, il y a 5 mois, et l’éventualité d’un troisième scrutin – en raison de l’impasse dans laquelle se trouvent les pourparlers de coalition – point à l’horizon.

Pour tenter de sortir de cette impasse, le président Reuven Rivlin a proposé un gouvernement d’unité entre le Likud de Netanyahu et Kakhol lavan de Benny Gantz, dans le cadre duquel le pouvoir serait partagé équitablement et Netanyahu et Gantz seraient chacun Premier ministre pendant deux ans. Rivlin a également suggéré que Netanyahu prenne un congé à durée indéterminée s’il était inculpé dans l’une des trois affaires qui pèsent sur lui.

Dans le cadre de l’arrangement proposé par Rivlin, Gantz serait « Premier ministre par intérim » et jouirait de toute l’autorité d’un Premier ministre.

Un changement juridique de la fonction pourrait théoriquement permettre à Netanyahu de prendre un congé illimité s’il est formellement accusé dans les trois affaires de corruption contre lui, permettant à Gantz d’éviter de servir dans un gouvernement avec un Premier ministre qui est sous mise en accusation.

Mais les deux partis ne sont pas parvenus à conclure un accord quant au choix du premier Premier ministre, entre autres débats non résolus.

Le président de la Knesset, Yuli Edelstein, préside une séance plénière de la Knesset, le 12 juin 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)

Edelstein a déclaré jeudi que le plan de Rivlin était « audacieux » et a accusé Kakhol lavan d’être responsable de son échec.

« Kakhol lavan l’a probablement rejeté pour des motifs internes, et non pour son contenu », a déclaré Edelstein, en faisant allusion aux accusations proférées par le Likud contre Yair Lapid, le numéro deux du parti, qui ferait capoter les négociations. « Ce qui est important pour le Likud actuellement, tout du moins pour moi et mes amis, c’est d’établir un gouvernement et de ne pas traîner le pays aux urnes une troisième fois. »

Il a déclaré que le Likud était préparé à faire tout ce qui était en son pouvoir pour empêcher un troisième scrutin, mais a évité de dire que le parti pourrait remplacer Netanyahu au poste de dirigeant, et n’a ni confirmé ni infirmé l’idée qu’il briguerait la direction du parti si des élections primaires étaient organisées.

Il a déclaré que le parti ne proposerait pas d’autre candidat que Netanyahu pour un accord de rotation si la charge de former un gouvernement revenait à Kakhol lavan.

Edelstein a également déclaré qu’il était prêt à accepter une rotation du poste de président de la Knesset si cela pouvait éviter un troisième scrutin.

Netanyahu n’a pas dit qu’il se retirerait s’il était mis en examen, et en vertu de la loi israélienne, il n’aurait pas à le faire. De nombreux analystes estiment que le Premier ministre pourrait rester en poste même s’il était condamné, et qu’il n’aurait à démissionner qu’une fois tous les recours juridiques épuisés. Kakhol lavan a déclaré qu’il ne s’associera pas au Likud dans une coalition à moins que Netanyahu démissionne.

Mercredi, lors de la première journée d’audience préliminaires, les avocats de Netanyahu ont soumis aux procureurs de nouveaux arguments et de nouvelles preuves dans ces affaires qui, estiment-ils, « contredisent complètement les allégations de l’acte d’accusation ».

L’avocat du Premier ministre Benjamin Netanyahu Ram Caspi arrive au siège du ministère de la Justice à Jérusalem, le 2 octobre 2019. (Crédit : Menahem Kahana/AFP)

Cependant, des responsables du ministère public ont déclaré à la Douzième chaîne qu’ils n’ont pas été surpris par les preuves et les arguments présentés par la défense, et qu’ils avaient connaissance de la plupart des éléments.

La session de mercredi a porté sur l’affaire 4000 – ou affaire Bezeq. Considérée comme la plus grave, Netanyahu doit répondre, dans ce dossier, sur des présomptions l’accusant d’avoir tenté d’accorder des avantages en termes de régulation au dirigeant de Bezeq Shaul Elovitch en échange d’une couverture médiatique favorable sur le site d’information Walla, que contrôle Bezeq.

Netanyahu n’a pas accompagné ses avocats à l’audience organisée au ministère de la Justice de Jérusalem et on ignore s’il assistera aux débats des prochains jours. L’audience a repris jeudi.

Le procureur général Avichai Mandelblit avait annoncé en février son intention de mettre en examen Netanyahu pour corruption, fraude et abus de confiance dans trois affaires de dons reçus de la part de milliardaires en échange de bons procédés et de tentatives de collusion avec les médias.

Netanyahu rejette toutes les allégations retenues contre lui, et en impute la responsabilité à ses opposants, qui, dit-il, veulent l’évincer du pouvoir. Avec plus de 13 ans passés à la tête du gouvernement israélien, il est le Premier ministre le plus pérenne de l’histoire de l’État.

Le Président Reuven Rivlin (à droite) charge le Premier ministre Benjamin Netanyahu de former un nouveau gouvernement, lors d’une conférence de presse à la résidence du Président à Jérusalem, le 25 septembre 2019. (Menahem Kahana/AFP)

Netanyahu a été chargé par Rivlin la semaine dernière de former un gouvernement, sur la base de la solidité de son pacte avec les partis de droite et les partis religieux, qui forment, avec le Likud, un bloc de 55 députés. Il a 28 jours pour tenter de former un gouvernement. Gantz, son rival, est à la tête d’un bloc de 55 députés du centre, de la gauche et des partis arabes, mais 10 élus de la Liste arabe unie qui l’ont recommandé ne rejoindront pas une coalition. Aucun candidat ne dispose des 61 sièges nécessaires à la formation d’une coalition majoritaire.

Si la situation n’évolue pas, Netanyahu devra annoncer à Rivlin qu’il n’a pas été en mesure de former un gouvernement. Rivlin invitera alors Gantz à tenter de former une majorité, mais son parti Kakhol lavan estime qu’il est hautement improbable que les députés du Likud renversent le chef, et Gantz n’aurait donc pas vraiment la possibilité de former un gouvernement.

Si Gantz échoue également, Rivlin peut solliciter un troisième candidat. Si après 21 jours, cette tentative échoue également, Rivlin devra appeler à de nouvelles élections.

Netanyahu a rencontré Yisrael Beytenu jeudi matin pour discuter de la proposition de ce dernier sur un gouvernement d’unité.

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