Eisenkot : La solution à deux États est « illusoire », E1 est une « erreur »
Le chef de Yashar fustige Bezalel Smotrich et Itamar Ben Gvir pour avoir attisé la violence des résidents d'implantation, et affirme que Tsahal a "perdu le contrôle" en Cisjordanie
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Le chef du parti Yashar et grand favori des prochaines élections législatives, Gadi Eisenkot, a estimé que quiconque croit encore à la solution à deux États, après le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023, est « dans l’illusion ». Il a par ailleurs critiqué le gouvernement, qui poursuit la mise en œuvre du projet controversé d’extension des implantations dans la zone E1, un projet susceptible de rompre la contiguïté territoriale entre les principaux centres de population palestiniens de Cisjordanie.
L’ancien chef d’état-major a également déploré l’escalade de la violence des partisans du mouvement pro-implantations à l’encontre des Palestiniens en Cisjordanie, dans un extrait d’une interview qu’il a accordée au quotidien Israel Hayom et qui sera publiée dans son intégralité vendredi.
« Quiconque envisage une solution à deux États après les événements du 7-Octobre est tout simplement dans l’illusion », a déclaré Eisenkot, interrogé sur la position internationale largement acceptée concernant le conflit israélo-palestinien.
Mais dans le même temps, il a ajouté que le plan controversé d’extension des implantations dans la zone E1, dont les partisans affirment qu’il vise à faire obstacle à la création d’un État palestinien, était une « erreur » aux conséquences néfastes pour Israël sur la scène internationale.
« Je me souviens que Netanyahu lui-même s’y est longtemps opposé. C’est sous la pression de la coalition qu’il a fini par céder et l’a approuvé », a-t-il commenté.
L’extension prévue de la zone E1 relierait les régions de Jérusalem et de Maale Adumim, réduisant ainsi à néant la perspective d’une souveraineté palestinienne contiguë aux centres de population de Bethléem, de Jérusalem-Est et de Ramallah – longtemps considérés comme le fondement d’un futur État palestinien.
Le projet a été gelé pendant des années face à la vive opposition de la communauté internationale – notamment de celle des précédentes administrations américaines, mais il a finalement été approuvé par le gouvernement l’an dernier.
Ce mois-ci, le gouvernement a lancé un appel d’offres pour la construction de sept complexes résidentiels dans le cadre de ce projet, soit plus d’un millier de logements.
Selon certaines informations, l’Union européenne serait en train de préparer un train de sanctions à l’encontre d’Israël si Jérusalem mettait son projet à exécution.
Le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, fervent défenseur du projet E1, a répondu à Eisenkot en écrivant sur le réseau social X : « Le gouvernement Eisenkot-Liberman-Golan a déjà commencé à faire des concessions alors qu’il n’est même pas encore au pouvoir. »
Le ministre ultra-nationaliste faisait référence à Avigdor Liberman, chef du parti Yisrael Beytenu, et à Yaïr Golan, chef du parti de gauche Les Démocrates.
« La construction que je pilote dans la zone E1 anéantit le rêve de créer un État terroriste à proximité de Jérusalem », a écrit Smotrich.
« Quiconque s’oppose à cette construction dans la zone E1 est favorable à la création d’un État palestinien. Même s’il vous ment et qu’il tente de vous faire croire le contraire. »
Dans son interview, le chef du parti Yashar a également critiqué le gouvernement, en particulier Smotrich et son collègue ministre d’extrême-droite Itamar Ben Gvir, pour la perte manifeste de contrôle de l’armée israélienne en Cisjordanie face aux violences perpétrées quasi quotidiennement par des résidents d’implantation à l’encontre de Palestiniens.
« Netanyahu a confié la police à Ben Gvir et le COGAT à Smotrich. C’est pour cette raison que Tsahal a perdu son contrôle dans la région, et ce contrôle doit lui être restitué », a affirmé Eisenkot, ancien chef d’état-major de l’armée.
Smotrich exerce un certain contrôle sur le COGAT, l’unité chargée de superviser les affaires civiles en Cisjordanie, en raison de sa fonction ministérielle au sein du ministère de la Défense.
« Les agissements de ces deux ministres, auxquels s’ajoutent les violences des résidents d’implantation à l’encontre des Palestiniens, font perdre à Israël sa légitimité auprès de la communauté internationale et mettent en péril l’ensemble du mouvement pro-implantations », a averti le chef de Yashar.
« Ces deux hommes sabordent les intérêts nationaux d’Israël. »
Le plus haut gradé de Tsahal en Cisjordanie a averti lundi, lors d’une réunion à huis clos consacrée à l’évaluation de la sécurité, que la montée des violences des résidents d’implantation risquait de déclencher une escalade dans la région.
Mardi, le député Zvi Sokot (HaTzionout HaDatit) a saccagé un monument dédié aux « martyrs » palestiniens dans un village de Cisjordanie, sous les yeux de soldats.
Selon le journal Israel Hayom, ce monument rend hommage à un terroriste impliqué dans un attentat de 2003 au cours duquel quatre personnes ont été assassinées et plus de vingt autres blessées.
La violence des résidents d’implantation a fortement augmenté depuis l’arrivée au pouvoir du gouvernement actuel. Les Palestiniens sont victimes de harcèlement et d’agressions presque quotidiennement. Les poursuites judiciaires sont rares. Les détracteurs accusent Tsahal et la coalition du Premier ministre Benjamin Netanyahu de fermer les yeux sur ces violences, voire de les encourager.
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