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L’UE préparerait des sanctions contre Israël en cas de construction dans la zone E1

Bruxelles aurait élaboré des mesures touchant le commerce, les universités et la sécurité si les travaux débutaient dans la zone considérée comme cruciale pour un futur État palestinien

Vue de la zone du projet E1 prévue entre Jérusalem et Maale Adumim, le 21 août 2025. (Crédit : Jamal Awad/Flash90)
Vue de la zone du projet E1 prévue entre Jérusalem et Maale Adumim, le 21 août 2025. (Crédit : Jamal Awad/Flash90)

L’Union européenne (UE) serait en train de préparer une série de sanctions contre Israël si celui-ci mettait à exécution son projet controversé d’extension des implantations dans la zone sensible E1 de Cisjordanie.

Ces mesures, qui toucheraient notamment le commerce, l’enseignement supérieur et la coopération en matière de sécurité, viendraient s’ajouter aux nombreuses condamnations occidentales suscitées par le projet.

Mardi, le gouvernement a lancé un appel d’offres pour la construction de sept complexes résidentiels comprenant 1 234 logements dans la zone E1, à l’est de Jérusalem-Est. Les partisans israéliens du mouvement des implantations cherchent à construire dans ce secteur afin d’empêcher la création d’un État palestinien.

La Treizième chaîne a rapporté, citant deux diplomates occidentaux, que l’UE avait dressé une première liste de sanctions qui pourraient être imposées si les travaux débutaient.

Parmi les mesures envisagées figureraient notamment un étiquetage spécifique des produits provenant d’Israël, et non plus seulement de ceux issus des implantations de Cisjordanie, une réduction des partenariats universitaires avec Israël ainsi que la suspension de certaines formes de coopération sécuritaire et diplomatique entre Bruxelles et Jérusalem. Cette information, qui n’a pas été confirmée, marquerait une rupture avec la politique de longue date de l’UE, qui établit une distinction entre Israël et les implantations de Cisjordanie.

L’extension de la zone E1 relierait les régions de Jérusalem et de Maale Adumim, compromettant ainsi toute possibilité de souveraineté palestinienne contiguë entre les centres urbains de Bethléem, Jérusalem-Est et Ramallah.

Le projet avait été gelé pendant des années en raison d’une vive opposition internationale, notamment de la part des précédentes administrations américaines, qui craignaient que la construction d’une nouvelle implantation sur cette parcelle de terrain en grande partie inhabitée ne rende impossible la création d’un État palestinien viable.

Le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, lors d’une conférence de presse au cours de laquelle il a annoncé son intention d’approuver la construction de plus de 3 000 logements dans le cadre du projet E1 en Cisjordanie, entre Jérusalem et Maale Adumim, le 14 août 2025. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Les logements concernés par l’appel d’offres font partie des quelque 3 400 habitations prévues dans la zone E1 dont le gouvernement a approuvé la construction en août 2025. Le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, avait alors salué cette décision, affirmant qu’elle « mettait pratiquement fin à l’illusion de la solution à deux États ».

Jeudi, la France, l’Italie, la Grande-Bretagne et l’Allemagne se sont jointes aux condamnations internationales croissantes du projet, mettant en garde les entreprises contre toute participation aux appels d’offres, ce qui risquerait, selon elles, de les rendre « complices de graves violations du droit international ».

Le ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prevot, a également qualifié jeudi ces appels d’offres « d’inacceptables », affirmant que le projet « compromettrait gravement la viabilité de la solution à deux États ».

Le projet a également été vivement critiqué mercredi par le ministre britannique des Affaires étrangères et du Commonwealth, Ed Miliband, qui l’a qualifié « d’inacceptable et destructeur » et qui a menacé de prendre des mesures de rétorsion.

Dans une longue publication sur le réseau social X, le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar, a déclaré « rejeter catégoriquement » les propos « condescendants » de Miliband, affirmant « que le peuple juif avait le droit de vivre sur l’ensemble de la Terre d’Israël, tout comme les Britanniques avaient le droit de vivre à Londres et partout au Royaume-Uni ».

« La politique systématique du gouvernement britannique, qui consiste à tenir Israël pour seul responsable tout en ignorant l’extrémisme palestinien, a déjà contribué à une vague massive de haine antisémite et d’attaques contre la communauté juive britannique », a dénoncé Saar, jugeant « profondément regrettable » la « décision de Londres de nuire aux relations entre nos pays ».

Les ministres d’extrême droite Bezalel Smotrich et Itamar Ben Gvir, farouchement opposés à la création d’un État palestinien, ont eux aussi réagi aux propos de Miliband. Ben Gvir a écrit en anglais sur X que « quelqu’un devrait rappeler à Ed que le mandat britannique sur la Terre d’Israël a pris fin en 1948 et qu’Israël est un État indépendant. »

« Peut-être qu’au lieu de se bercer d’illusions sur l’époque du mandat, il ferait mieux de regarder par la fenêtre et d’observer son Londres, qui se transforme rapidement en un califat islamique », a-t-il ajouté.

Smotrich a quant à lui déclaré que le mandat britannique « était terminé » et qu’il n’accepterait ni « les diktats de pays étrangers » ni de changer de cap sous l’effet de « menaces et de sanctions ». Il a présenté le projet comme une nécessité pour la sécurité nationale, destinée à prévenir toute menace contre l’État et à « concrétiser notre droit historique et biblique à la terre de nos ancêtres ».

L’AFP a contribué à cet article.

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