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Eisenkot lance sa campagne et s’engage à rétablir l’unité

L'un des rivaux de Benjamin Netanyahu s'engage à mettre en place une commission d'enquête nationale le 7-Octobre, à renforcer les effectifs de Tsahal, à limiter la durée du service de réserve et à servir "tous les citoyens israéliens"

Gadi Eisenkot, chef du parti Yashar, prenant la parole lors du lancement de la campagne électorale de son parti, à Hod HaSharon, dans le centre d'Israël, le 30 juin 2026. Le slogan en hébreu signifie : « Israël doit gagner ! » (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)
Gadi Eisenkot, chef du parti Yashar, prenant la parole lors du lancement de la campagne électorale de son parti, à Hod HaSharon, dans le centre d'Israël, le 30 juin 2026. Le slogan en hébreu signifie : « Israël doit gagner ! » (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

Gadi Eisenkot, favori pour affronter le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors des prochaines élections législatives, a officiellement lancé sa campagne mardi. Il s’est engagé à être un dirigeant rassembleur et à remplacer un gouvernement qu’il accuse d’avoir semé le « chaos ».

Le chef du nouveau parti centriste Yashar a déclaré qu’il se présentait au poste de Premier ministre et a dévoilé un vaste programme qu’il s’est engagé à mettre en œuvre. Celui-ci couvre des domaines tels que l’éducation, l’économie, la sécurité publique, le recrutement des communautés haredim et arabes dans l’armée et le service national, ainsi que l’inversion de la tendance à la fuite des cerveaux.

Sous le slogan « Israël doit gagner », il a qualifié les prochaines élections de « décisives pour la sécurité, l’unité et l’âme d’Israël ».

« En octobre prochain, le gouvernement de ce terrible mois d’octobre arrivera à son terme », a-t-il déclaré, faisant référence au pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023.

« Nous ouvrirons un nouveau chapitre, bien meilleur, de l’histoire d’Israël. Nous l’écrirons ensemble. »

Eisenkot, ancien chef d’état-major de l’armée israélienne, qui a quitté le parti Kakhol Lavan de Benny Gantz pour diriger son propre mouvement, a promis d’être un dirigeant « rassembleur », ancré dans « la tradition, le patrimoine et la Torah d’Israël », et « un Premier ministre pour tous les citoyens israéliens ».

Bien qu’il n’ait pas cité Netanyahu nommément, il a déclaré qu’il y avait « ceux » qui semaient la division et « prenaient des mesures allant à l’encontre de l’intérêt national et constituant un camouflet pour les Israéliens qui travaillent, servent et sont prêts à sacrifier leur vie pour cette patrie », faisant ainsi référence aux tentatives du gouvernement d’adopter une législation rétablissant les exemptions militaires générales pour les hommes ultra-orthodoxes et d’annuler les sanctions pour refus de service militaire.

Après que Netanyahu a récemment déclaré vouloir former un « large gouvernement d’union nationale », Eisenkot a déclaré : « La direction utilise le terme ‘union nationale’ comme un argument de campagne électorale cynique. Je ferai tout pour unifier la nation. »

« C’est une direction pour laquelle les mots ‘responsabilité’ et ‘exemple personnel’ sont inconnus. C’est une direction qui ment. Comme s’il n’y avait pas d’autre voie que le chaos dans lequel nous vivons, qui alimente la division comme si cela n’avait aucun coût ; dont la seule façon de gouverner est de nous diviser », a dénoncé Eisenkot.

« Nous avons le devoir de mettre fin à cette folie… car l’État d’Israël n’a pas le luxe de se tromper à nouveau », a-t-il ajouté.

Montage de photos (de gauche à droite) : Gadi Eisenkot, chef du parti Yashar, le 1ᵉʳ novembre 2025 ; le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’exprimant lors de la conférence du Jewish News Syndicate, à Jérusalem, le 21 juin 2026. (Crédits : Moshe Shaï/Flash90 ; Chaïm Goldberg/Flash90)

« Nous remplacerons une direction dépourvue de toute vision et de toute stratégie. »

« Allons-nous accepter la persistance des divisions sociales et foncer tête baissée vers la prochaine catastrophe ? », a-t-il demandé. « Ou bien allons-nous panser nos blessures et reconstruire ? »

Eisenkot a promis de former immédiatement une commission d’enquête nationale sur le 7-Octobre, au cours duquel plus de 1 200 personnes ont été tuées et 251 enlevées et emmenées à Gaza. Ses conclusions serviront à « tirer les leçons du passé et à préparer l’avenir », a-t-il ajouté.

Le chef du parti Yashar, Gadi Eisenkot, et des membres du parti lors du lancement de la campagne électorale, à Hod HaSharon, le 30 juin 2026. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

Il a également cité la reconstruction du nord et du sud parmi ses principaux objectifs, et s’est engagé à « prendre soin de toute personne ayant subi des préjudices physiques ou psychologiques pendant la guerre ».

Alors que de nombreux réservistes se sont plaints d’un fardeau immense après avoir été contraints de servir pendant des centaines de jours au cours de cette guerre qui a duré plusieurs années, dans un contexte de pénurie chronique de main-d’œuvre, Eisenkot a présenté un plan visant à plafonner le service de réserve à 50 jours par an, et à « renforcer les effectifs de Tsahal afin de faciliter considérablement la tâche des conscrits et des réservistes, sans compromettre la sécurité ».

Face aux pressions exercées par le parti « BeYahad » de Naftali Bennett et Yaïr Lapid pour qu’il s’allie à eux, Eisenkot a répété qu’il n’avait pas l’intention de former une alliance avec d’autres factions qu’il ne dirigerait pas lui-même.

Entré en politique il y a quatre ans, cet ancien général, qui a rejoint le cabinet de guerre de Netanyahu après le 7-Octobre, mais a ensuite démissionné en 2024 en l’accusant de manquer de stratégie à Gaza, serait le principal challenger du Premier ministre lors des élections qui devraient se tenir le 27 octobre ou un peu avant, à en croire les sondages.

À l’instar de la quasi-totalité des rivaux du Premier ministre, Eisenkot a largement soutenu les opérations militaires israéliennes dans des régions telles que Gaza, le Liban et l’Iran.

Mais il a également accusé Netanyahu d’échec stratégique à la suite de l’attaque du 7-Octobre et a déclaré que sa vision d’un Israël plus isolé constituait une menace pour l’avenir de l’État.

Ces derniers jours, Netanyahu, qui dirige le parti de droite du Likud, a riposté en affirmant que s’il avait écouté Eisenkot, qui s’opposait à certaines opérations à Gaza, le Hamas contrôlerait toujours l’ensemble de l’enclave.

Fils d’immigrés juifs marocains âgé de 66 ans, Eisenkot contraste fortement avec Netanyahu, un membre de l’élite ayant fait ses études aux États-Unis. Il vient d’une famille de la classe ouvrière. Son anglais n’est pas parfait. Il a passé quarante ans au sein de l’armée israélienne.

Il n’a par ailleurs jamais fait campagne en mettant en avant ses liens avec le président américain Donald Trump. Il a perdu son fils de 25 ans, Gal Meïr Eisenkot, tué au combat à Gaza en décembre 2023, ainsi que deux neveux, Maor Cohen Eisenkot, 19 ans, et Yogev Pazy, 22 ans.

Il se présente comme un outsider de la politique et un faucon de la sécurité.

Le chef du parti Yashar, Gadi Eisenkot, s’exprimant lors du lancement de la campagne électorale de son parti, à Hod HaSharon, le 30 juin 2026. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

Dans le système multipartite et fragmenté d’Israël, il serait difficile pour l’un des adversaires du Premier ministre de former une coalition suffisamment large pour le détrôner.

Si le parti d’Eisenkot remporte plus de sièges que celui de Netanyahu – comme l’a récemment prédit pour la première fois un sondage du Times of Israel -, il devra tout de même former des alliances avec suffisamment d’autres partis pour constituer une majorité. Eisenkot a déclaré qu’il ne ferait aucun compromis sur la législation rendant obligatoire le service militaire pour les ultra-orthodoxes.

Il devra également décider s’il inclura des partis dirigés par des Arabes pour franchir le seuil des 61 sièges nécessaire à la formation d’une coalition majoritaire à la Knesset, qui compte 120 membres – un argument que Netanyahu et ses alliés d’extrême-droite ont déjà utilisé comme ligne d’attaque.

Alors que son nouveau parti aborde la campagne électorale avec un élan considérable, après avoir progressé dans les sondages ces dernières semaines et ces derniers mois, Tamar Hermann, politologue et chercheuse senior à l’Institut israélien de la démocratie (IDI), estime que Netanyahu pourrait encore réussir un retour en force.

« Netanyahu est en quelque sorte un Houdini de la politique ; il parvient toujours à se sortir de situations apparemment sans issue », a prévenu Hermann.

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