Eizenkot : un commandant du Hezbollah a été tué par ses propres hommes en 2016
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Eizenkot : un commandant du Hezbollah a été tué par ses propres hommes en 2016

Les chefs de l’armée et du Mossad affirment que l’extrémisme chiite est la plus grande menace à la sécurité d’Israël

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Le chef d'Etat-major, Gadi Eizenkot, pendant une réunion de la commission de contrôle de l'Etat de la Knesset, le 16 août 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le chef d'Etat-major, Gadi Eizenkot, pendant une réunion de la commission de contrôle de l'Etat de la Knesset, le 16 août 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le chef de l’armée israélienne a déclaré mardi que le commandant militaire du Hezbollah en Syrie, Mustafa Badreddine, avait été tué par ses propres hommes l’année dernière.

« Cela montre le niveau de vice [du Hezbollah], a déclaré le chef d’Etat-major Gadi Eizenkot.

Le 10 mai 2016, Badreddine avait été tué par une mystérieuse explosion près de Damas, peu après une réunion avec ses commandants, selon les médias libanais.

A l’époque, Badreddine commandait les forces du Hezbollah en Syrie, qui se battent aux côtés des troupes du président syrien Bashar el-Assad.

Le groupe terroriste avait demandé aux journalistes de ne pas attribuer l’attaque à Israël, et avait annoncé qu’il lançait une enquête sur l’explosion. Dans les semaines qui ont suivi, le Hezbollah avait accusé des rebelles syriens. D’autres avaient accusé les Etats-Unis de la mort du commandant.

Les membres du groupe terroriste chiite libanais Hezbollah portent un portrait de Mustafa Badreddine, un haut commandant du Hezbollah qui a été tué dans une attaque en Syrie, lors de ses funérailles dans le quartier Ghobeiry du sud de Beyrouth, le 13 mai 2016. (Crédit : AFP / ANWAR AMRO)
Les membres du groupe terroriste chiite libanais Hezbollah portent un portrait de Mustafa Badreddine, un haut commandant du Hezbollah qui a été tué dans une attaque en Syrie, lors de ses funérailles dans le quartier Ghobeiry du sud de Beyrouth, le 13 mai 2016. (Crédit : AFP / ANWAR AMRO)

Eizenkot n’est pas le premier a accusé le Hezbollah du meurtre de Badreddine. Ce mois-ci, le média saoudien Al-Arabiya avait soutenu la même hypothèse.

Selon Eizenkot, les propres commandants de Badreddine sont ceux qui sont responsables de l’explosion qui l’a tué.

Le chef d’Etat-major n’a pas dit sur quelle information il se basait.

Un responsable du Hezbollah a répondu aux propos d’Eizenkot, en affirmant que l’affirmation du chef d’Etat-major israélien était « fausse et nulle ».

Eizenkot s’exprimait pendant une conférence organisée au Collège académique de Netanya en l’honneur de l’ancien chef du Mossad Meir Dagan, mort l’année dernière.

Pendant son discours, le chef de l’armée a déclaré que le Hezbollah, groupe terroriste chiite basé au Liban et financé par l’Iran, était la plus grande menace à la sécurité d’Israël.

Yossi Cohen devant la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset, le 2 septembre 2014. (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)
Yossi Cohen devant la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset, le 2 septembre 2014. (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)

Yossi Cohen, l’actuel directeur du Mossad, a pour sa part estimé que l’Iran lui-même était l’ennemi principal d’Israël.

« Tant que le régime des ayatollahs existe, avec ou sans accord nucléaire, l’Iran continuera à être le plus grand défi d’Israël et du Mossad », a-t-il déclaré.

Eizenkot a déclaré que, même si le Hezbollah avait perdu un nombre important de combattants dans la guerre civile syrienne, il avait acquis une expérience et un entraînement considérable des armées conventionnelles qui se trouvent sur ce terrain.

Le mois dernier, un combattant du Hezbollah avait déclaré depuis le Liban à Middle East Eye que « nous apprenons vraiment beaucoup en travaillant avec les Russes et les Iraniens dans la guerre syrienne, et plus précisément au sujet des drones. »

« La guerre syrienne a permis au Hezbollah de développer l’utilisation des drones », a-t-il indiqué.

Eizenkot, en parlant des récentes frappes aériennes israéliennes en Syrie, a déclaré que l’armée israélienne travaillait à « arrêter ceux qui tentent de se réarmer ».

Cohen a ensuite parlé des actions plus générales de son agence.

Des femmes agitent des drapeaux libanais ou du groupe terroriste chiite du Hezbollah devant des portraits du guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei (à droite) et le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah, pendant un discours de ce dernier commémorant les dix ans de la deuxième guerre du Liban, à Bint Jbeil, le 13 août 2016. (Crédit : AFP/Mahmoud Zayyat)
Des femmes agitent des drapeaux libanais ou du groupe terroriste chiite du Hezbollah devant des portraits du guide suprême iranien, l’ayatollah
Ali Khamenei (à droite) et le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah, pendant un discours de ce dernier commémorant les dix ans de la deuxième guerre du Liban, à Bint Jbeil, le 13 août 2016. (Crédit : AFP/Mahmoud Zayyat)

Internet, a-t-il déclaré, a changé le monde, en apportant plus d’informations, plus d’égalité et d’autres éléments positifs à ceux qui y sont connectés.

Il a cependant également créé des « frustrations pour ceux qui ne sont pas invités à la fête, ce qui mène à l’extrémisme », a-t-il ajouté.

Pour lutter contre ces difficultés, a déclaré Cohen, le Mossad opère selon un plan pluriannuel, qui comprend des objectifs à long terme ainsi que des missions plus immédiates.

Israël, a-t-il déclaré, doit tirer partie de « mesures fortes et douces ».

Le terme de « mesures douces » se réfère généralement à des moyens non violents, comme la guerre psychologique, les sanctions et l’influence culturelle. Les mesures fortes comprennent des mesures comme des menaces militaires et des attaques informatiques.

Cohen a encouragé une coopération accrue au sein des agences de sécurité, entre elles et à l’international, afin de se confronter aux menaces qu’affronte Israël.

Il a déclaré qu’Israël voyait le turbulent Moyen Orient et acceptait que certains pays « peuvent être des amis sur certains sujets et des ennemis sur d’autres sujets. »

Cohen a déclaré que le pays est quelque part chanceux que les défis et les menaces posés à la sécurité d’Israël soient des « menaces claires », et pas des menaces subtiles.

Joshua Davidovich a contribué à cet article.

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