Manipulations aux élections américaines : Une firme israélienne impliquée
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Manipulations aux élections américaines : Une firme israélienne impliquée

Le New York Times a publié des propositions du Psy-Group, parmi lesquelles la création de faux comptes pour cibler les soutiens potentiels de Hillary Clinton et Ted Cruz

Le candidat républicain à la présidence  Donald Trump sur la scène au premier jour de la convention nationale républicaine à Cleveland, dans l'Ohio, le 18 juillet 2016 (Crédit :  AFP/TIMOTHY A. CLARY)
Le candidat républicain à la présidence Donald Trump sur la scène au premier jour de la convention nationale républicaine à Cleveland, dans l'Ohio, le 18 juillet 2016 (Crédit : AFP/TIMOTHY A. CLARY)

Une entreprise israélienne qui fait actuellement l’objet d’une enquête du FBI, avait été approchée par un haut responsable de la campagne présidentielle de Donald Trump en 2016, pour mettre en place une stratégie de manipulation sur les réseaux sociaux. Ce plan prévoyait notamment la création de milliers de fausses identités en ligne, selon un article paru lundi.

Psy-Group avait mis au point des propositions secrètes pour la campagne de Trump à la demande de Rick Gates, qui a depuis plaidé coupable et offert de coopérer avec le FBI sur les ingérences étrangères au cours de l’élection américaine, a fait savoir le New York Times.

Selon l’article, l’entreprise Psy-Group, qui employait d’anciens agents du renseignement israélien avant d’être finalement mise en liquidation, avait offert des stratégies de campagne en guise de soutien à la candidature de Trump, en utilisant des plans de manipulation sur les réseaux sociaux contre la candidate démocrate Hillary Clinton et contre le sénateur républicain Ted Cruz (dont l’équipe de campagne du président américain actuel craignait la forte influence, notamment au cours de la convention républicaine de Cleveland).

Une campagne aurait permis de collecter des informations sur les délégués de la convention et d’utiliser de faux profils en ligne pour les bombarder de messages décrivant « les motivations ultérieures ou les plans cachés » de Cruz, dans le but de le discréditer.

Capture d’écran de la proposition du Psy-Group pour la campagne de Trump obtenue par le New York Times.

Une autre campagne aurait utilisé la même tactique pour cibler les femmes issues des minorités dans les banlieues des États susceptibles de faire la différence au moment du vote, afin de les pousser vers Trump et de les éloigner de Clinton.

La compagnie avait également proposé de collecter des recherches sur Clinton et sur dix de ses associés, en utilisant des méthodes « open-source » ainsi que des « activités complémentaires de renseignement ». L’objectif était, là aussi, de renforcer l’opposition contre la candidate démocrate.

Ted Cruz, sénateur républicain du Texas et ancien candidat à l’élection présidentielle américaine, à Hollywood, en Floride, le 20 avril 2016. (Crédit : Joe Raedle/Getty Images/AFP)

Ces propositions étaient restées secrètes, utilisant les noms de code « lion », forêt » et « ours » pour désigner respectivement Trump, Clinton et Cruz.

Gates avait entendu parler pour la première fois de Psy-Group par le républicain George Birnbaum, qui entretient des liens étroits avec certains politiciens israéliens, quelques jours avant de rejoindre la campagne de Trump, selon l’article.

Richard Gates quitte le tribunal fédéral Prettyman de Washington après une audience, le 23 février 2018 (Crédit :Mark Wilson/Getty Images/AFP)

L’équipe de campagne de Trump n’aurait pas porté d’intérêt à ces propositions. Ces activités seraient peut-être tombées sous le coup des lois américaines qui interdisent l’ingérence étrangère lors d’un scrutin électoral. La question reste à trancher.

Selon un reportage du New York Times paru au mois de mai, une firme américaine spécialisée dans les questions juridiques aurait indiqué à l’entreprise Psy-Group que ses activités étaient illégales si des citoyens non-américains s’y trouvaient impliqués.

La candidate démocrate à la présidence américaine Hillary Clinton parle tandis que le candidat républicain Donald Trump écoute durant le second débat présidentiel à l’université de Washington, à St-Louis, le 9 octobre 2016 (Crédit : Rick T. Wilking/Pool via AP)

Gates avait finalement rejeté les propositions, selon l’article de lundi. Le chef du Psy-Group, Joel Zamel, avait lui vraisemblablement reparlé de ses idées au fils de Donald Trump, Donald Trump Jr., lors d’une rencontre à la Trump Tower de Manhattan, le 3 août 2016.

George Nader, conseiller de longue date du prince héritier Mohammed d’Abu Dhabi, qui se trouvait également présent lors de cette réunion, a finalement versé à Zabel la somme de deux millions de dollars après les élections, selon les articles. Nader et Zamel ont livré deux récits différents sur la justification de la remise de ces fonds.

Image d’une vidéo fournie par C-SPAN, datant de 1998, qui montre George Nader, président et rédacteur du Middle East Insight. (Crédit : C-SPAN via AP)

Les propositions soumises par le Psy-Group auraient coûté plus de
3,4 millions de dollars, selon les documents obtenus par le Times.

La rencontre du 3 août à la Trump Tower est au coeur de l’enquête menée actuellement par Robert Mueller, conseiller spécial, qui a été chargé l’année dernière d’examiner une coopération et une coordination possibles entre la Russie et les membres de l’équipe républicaine responsables de la campagne de Trump dans les mois qui ont précédé les élections.

Zamel a été interrogé par les enquêteurs au nom du conseiller spécial, selon les articles, et des agents du FBI se sont rendus en Israël pour s’entretenir avec les employés au sujet de leurs activités. Ils ont également demandé à la police israélienne de saisir les ordinateurs des bureaux du Psy-Group, qui se situent à Petah Tikva.

Le conseiller spécial Robert Mueller part du capitole de Washington, le 21 juin 2017 (Crédit : AP Photo/J. Scott Applewhite)

Un avocat de Zamel a nié avoir discuté de ces propositions avec des membres de l’équipe de campagne de Trump, selon le Times.

« M. Zamel n’a jamais présenté et encore moins discuté d’aucune des propositions de Psy-Group liées aux élections américaines, et sûrement pas avec Donald Trump Jr., sauf pour souligner les capacités de certaines de ses entreprises en des termes plus généraux », a déclaré l’avocat, Marc Mukasey.

Un avocat de Donald Trump Jr., Alan Futerfas, a pour sa part déclaré au Times au mois de mai : « Avant les élections de 2016, Donald Trump Jr. se souvient d’une réunion avec Erik Prince, George Nader, et un autre individu qui pourrait bien être Joel Zamel. Ils ont présenté à M. Trump Jr. une plate-forme de réseau social ou une stratégie marketing. Il n’a pas été intéressé. Point final. »

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