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En Cisjordanie, « l’homme aux oiseaux » palestinien veut encourager l’ornithologie

Si l'observation des oiseaux est une activité répandue en Israël, les Palestiniens s'y intéressent moins que les Israéliens, commente Anton Khaliliyeh

Une photo prise le 28 décembre 2015 montre une murmuration d'étourneaux effectuant leur danse traditionnelle avant d'atterrir pour dormir près de la ville de Rahat, dans nord du désert du Néguev nord. (AFP PHOTO / MENAHEM KAHANA)
Une photo prise le 28 décembre 2015 montre une murmuration d'étourneaux effectuant leur danse traditionnelle avant d'atterrir pour dormir près de la ville de Rahat, dans nord du désert du Néguev nord. (AFP PHOTO / MENAHEM KAHANA)

L’ornithologue palestinien Anton Khaliliyeh rêve d’inciter Israéliens et Palestiniens à observer davantage les oiseaux dans les Territoires palestiniens, placés sur leur route de migration, confie-t-il à l’AFP.

Alors que le soleil se lève sur une colline près du village d’Oubeidya, en Cisjordanie, Anton Khaliliyeh, 39 ans, scrute le ciel avec attention à travers son télescope.

Près de lui, un fermier palestinien l’observe, l’air interrogateur, tout en faisant paître ses moutons. Non loin, l’armée israélienne patrouille.

A la tête de « Nature Palestine », une petite ONG qui cherche à documenter tous les oiseaux en Cisjordanie et à établir des stations d’observation pour Palestiniens et étrangers, M. Khaliliyeh a vu grandir l’intérêt des Israéliens et Palestiniens pour l’ornithologie.

Si l’observation des oiseaux est une activité répandue en Israël, les Palestiniens s’y intéressent moins que les Israéliens, commente-t-il toutefois.

« Observer les oiseaux est considéré comme un loisir de luxe », explique l’ornithologue.

Par deux fois ce jour-là, les habitants du village d’Oubeidya viennent voir l’ornithologue.

« Les gens viennent me demander ce que nous faisons. Ils craignent des activités hostiles, explique-t-il, ajoutant que la colline où il se trouve « était autrefois une zone d’entraînement pour l’armée israélienne ».

Bien que les espèces indigènes soient intéressantes, c’est la saison de migration, deux fois par an, qui, à son avis, peut attirer les regards du monde entier.

Environ 500 millions d’oiseaux migrent à travers Israël et les Territoires palestiniens chaque année, selon les chiffres d’organisations israéliennes pour l’environnement.

« Je veux aider les personnes intéressées à venir en Cisjordanie et leur montrer la beauté de la migration croissante des oiseaux d’Europe en Afrique », explique M. Kaliliyeh, diplômé en ornithologie d’une université israélienne.

Parmi les volatiles les plus remarquables figurent des aigles, des cigognes blanches, des buses et des milans noirs, énumère-t-il.

Il laisse soudain échapper un « Ô mon Dieu » : des centaines de volatiles noirs sont apparus dans le ciel, à 150 mètres environ.

Ce sont pour la plupart des buses de miel, examine-t-il. Il y a également des milans royaux noirs, des aigles, ajoute-t-il. Pendant la saison de migration, ces oiseaux parcourent entre 200 et 500 kilomètres par jour.

Pour « Nature Palestine », M. Khaliliyeh avait demandé des subventions auprès de fonds américains.

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