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En Irlande du Nord, les républicains et les unionistes divisés sur la guerre entre le Hamas et Israël

"Cette manière de prendre parti, cet effort de rhabiller le conflit israélo-palestinien avec les habits de celui vécu ici, cela n'a aucun sens", note une chercheuse israélienne

Une fresque murale israélienne est visible sur le côté unioniste du mur de la Paix à Belfast, le 23 octobre 2023. (Crédit : Paul Faith / AFP)
Une fresque murale israélienne est visible sur le côté unioniste du mur de la Paix à Belfast, le 23 octobre 2023. (Crédit : Paul Faith / AFP)

Les drapeaux israéliens et palestiniens hissés dans les rues de Belfast ne trompent pas : malgré la distance, le conflit entre Israël et le groupe terroriste du Hamas met en évidence des divisions très anciennes en Irlande du Nord.

Les souvenirs de trois décennies sanglantes restent vifs dans la province britannique 25 ans après l’accord de paix qui a mis fin au conflit entre unionistes, surtout protestants, attachés à l’appartenance au Royaume-Uni et républicains, essentiellement catholiques, favorables à une réunification avec la République d’Irlande.

Chaque côté a choisi son camp dans la guerre déclenchée par l’attaque sanglante sans précédent du Hamas en Israël le 7 octobre.

Sur Falls Road, l’une des principales artères qui traverse les quartiers républicains de l’ouest de Belfast, Pat Sheehan, parlementaire du Sinn Fein, première force politique d’Irlande du Nord, tente d’expliquer pourquoi les habitants ici ressentent de « l’empathie » pour les Palestiniens.

« S’il y a une nation qui peut comprendre les difficultés que subissent les Palestiniens, c’est l’Irlande », affirme à l’AFP cet ancien membre du groupe paramilitaire Armée républicaine irlandaise (IRA), en montrant une nouvelle peinture murale pro-palestinienne.

« L’Irlande souffre de la colonisation et de l’occupation depuis 800 ans. Il y a eu de nombreuses révoltes armées contre le pouvoir britannique et nous voyons les Palestiniens souffrir de la même occupation coloniale », assure-t-il.

Il y a deux semaines, Pat Sheehan, qui a passé plusieurs années en prison dans sa jeunesse pour des attaques à la bombe, a participé à une cérémonie pour inaugurer cette nouvelle fresque murale. Cette dernière porte l’inscription « Free Palestine » et représente un poing fermé peint aux couleurs palestiniennes et irlandaises.

Pat Sheehan, député du Sinn Fein et ancien gréviste de la faim de l’IRA, pose à côté d’une nouvelle fresque murale sur Falls Road à Belfast le 23 octobre 2023. (Crédit : Paul Faith / AFP)

Le même jour, il a tenu un discours devant des centaines de personnes lors d’une manifestation pro-palestinienne.

Non loin de là, de l’autre côté des murs érigés pour séparer les enclaves des communautés républicaines et unionistes durant les trois décennies de troubles qui ont fait plus de 3 500 morts, les drapeaux israéliens flottent en nombre dans le quartier protestant et unioniste autour de Shankill Road.

Ici il y a « une affinité et une adhésion à la cause d’Israël », explique Brian Kingston, parlementaire du principal parti unioniste, le DUP.

« Nous considérons qu’Israël a souffert terriblement du terrorisme depuis des années, exactement comme nous », affirme ce responsable politique de 57 ans, ancien maire de Belfast.

Brian Kingston, homme politique du Parti unioniste démocrate et membre de l’Assemblée d’Irlande du Nord, s’adresse à l’AFP du côté loyaliste du mur de la paix à Belfast, le 23 octobre 2023. (Crédit : Paul Faith/AFP)

Un peu plus tôt, il a participé à la commémoration du trentième anniversaire de l’attaque à la bombe qui avait visé un restaurant de « fish and chips » et fait neuf morts en 1993.

« L’IRA et l’OLP (Organisation de libération de la Palestine, qui sera plus tard reconnue par l’ONU comme représentant du peuple palestinien et signera en 1993 les accords d’Oslo avec Israël sur l’autonomie palestinienne) ont coopéré dans le domaine du terrorisme international, partageant leur expertise. Et nous nous y sommes opposés », souligne-t-il.

Pour Ronit Berger, professeure d’origine israélienne spécialiste des conflits à la Queens University de Belfast, ces parallèles s’expliquent par une certaine « compréhension du fait post-colonial, de l’idée du ‘gentil contre le méchant’ ou du ‘David contre Goliath' ».

Cette chercheuse est venue en Irlande du Nord pour tenter de savoir si le processus de paix qui a abouti dans la province à l’accord du Vendredi Saint en 1998 pouvait inspirer la résolution du conflit entre Israël et les Palestiniens.

« Cette manière de prendre parti, cet effort de rhabiller le conflit israélo-palestinien avec les habits de celui vécu ici, cela n’a aucun sens », note-t-elle. « Les conflits sont bien plus compliqués, et tout comme celui-ci remonte à plusieurs siècles, celui entre Israéliens et Palestiniens aussi, mais de manière très différente ».

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