En Israël, une ministre italienne déclare que l’Etat juif fait “partie de nous”
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‘Les universités sont nées avant les états nations ; elles surpassent toute raison d’état’

En Israël, une ministre italienne déclare que l’Etat juif fait “partie de nous”

Menant une délégation de doyens d’universités, la responsable de l’éducation Stefania Giannini raille le BDS aux célébrations de la Fête de la République italienne

Le ministre israélien de l'énergie Yuval Steinitz (à gauche) lève un un verre aux côtés de la ministre italienne de l'Education, des Universités et de la Recherche Stefania Giannini et de l'ambassadeur Francesco Maria Talo lors de la célébration Festa della Repubblica à la résidence de l'ambassadeur d'Italie à Ramat Gan, le 2 juin 2016 (Photo: Rossella Tercatin / Times of Israel)
Le ministre israélien de l'énergie Yuval Steinitz (à gauche) lève un un verre aux côtés de la ministre italienne de l'Education, des Universités et de la Recherche Stefania Giannini et de l'ambassadeur Francesco Maria Talo lors de la célébration Festa della Repubblica à la résidence de l'ambassadeur d'Italie à Ramat Gan, le 2 juin 2016 (Photo: Rossella Tercatin / Times of Israel)

Le four à bois installé dans un coin du jardin de l’ambassadeur italien à Ramat Gan rougeoie de chaleur, prêt à produire des centaines de pizzas croustillantes pour nourrir les plus de 1 400 invités.

La réception, organisée chaque année par l’ambassadeur italien Francesco Maria Talo pour célébrer la Festa della Repubblica (Fête de la République) est toujours un succès – des citoyens italiens, israéliens et détenteurs de la double nationalité viennent de tout le pays pour apprécier le meilleur de ce que l’Italie a à offrir : des pizzas, du vin, et des gelato artigianale, des glaces artisanales.

Les invités de l’évènement du 2 juin étaient impatients de célébrer non seulement la fête nationale italienne, mais aussi la relation forte entre Israël et l’Italie. En effet, comme l’ont précisé les autorités – dont le ministre israélien de l’Energie Yuval Steinitz – depuis la scène, les relations entre les deux pays n’ont jamais été plus fortes.

Pour cela, les représentants israéliens ont décidé de marquer la célébration avec un plat principal spécial : leur rejet et leur condamnation absolue de ce qu’Israël estime être l’un des phénomènes les plus menaçants qu’affronte le pays en ce moment, le mouvement de Boycott, Désinvestissements et Sanctions (BDS).

« En ces temps troublés, je vois de mauvais sentiments envers Israël se lever dans beaucoup de pays européens. L’Italie est contre le BDS, qui est mauvais sur le principe et mauvais dans sa pratique », a déclaré la ministre italienne de l’Education, des Universités et de la recherche Stefania Giannini, qui a donné ce discours lors de la réception. Giannini est membre du Parti démocrate italien de centre gauche.

Musique traditionnelle et danses accompagnaient de délicieux plats italiens à la célébration marquant la Festa della Repubblica (Jour de la République)  la résidence de l'ambassadeur d'Italie en Israël Francesco Maria Talo à Ramat Gan, le jeudi 2 juin 2016 (Photo: Rossella Tercatin / Times of Israel )
Musique traditionnelle et danses accompagnaient de délicieux plats italiens à la célébration marquant la Festa della Repubblica (Jour de la République) la résidence de l’ambassadeur d’Italie en Israël Francesco Maria Talo à Ramat Gan, le jeudi 2 juin 2016 (Photo: Rossella Tercatin / Times of Israel )

Depuis qu’elle a pris la tête de ce ministère en 2014, Giannini est venue trois fois en Israël. Pour cette visite, elle a emmené une délégation de la Conférence des recteurs d’universités italiennes (CRUI) qui a pris part à plusieurs conférences académiques dans une initiative que la ministre a décrite pendant une conversation avec le Times of Israël comme la « réponse la plus concrète et efficace au BDS ».

« L’Italie est le seul pays qui a affirmé cette position à l’égard du BDS d’une manière si claire et sans équivoque, a déclaré Giannini. Quand 300 universitaires ont signé une pétition pour boycotter Israël, la Conférence des recteurs d’université et la communauté scientifique ont réagi fortement et clairement, contrairement à ce qu’il se passe dans d’autres pays. »

‘Aller contre Israël, c’est aller contre nous, parce qu’Israël fait partie de notre identité’

« Je pense que le meilleur moyen d’affirmer l’opinion italienne sur le sujet est de répéter ce qu’a dit le Premier ministre Matteo Renzi devant la Knesset l’année dernière : aller contre Israël, c’est aller contre nous, parce qu’Israël fait partie de notre identité », a-t-elle continué.

La ministre a noté que, de son point de vue occidental, d’une part Israël semble être dans une situation plus calme qu’il y a 10 ans, mais d’autre part il y a d’autres sujets alarmants, dont le BDS.

« Il y a dix ans, il était impossible d’imaginer des départements dans des universités américaines défendant le boycott d’Israël, a-t-elle noté. Peut-être les ennemis d’Israël sont moins évidents que dans le passé, mais la croissance d’un sentiment répandu contre Israël n’est pas un bon signe. »

Le recteur de Polytechnique Turin, Marco Gilli, a fait écho aux paroles de la ministre sur le BDS.

La ministre italienne de l'Education, des Universités et de la Recherche Stefania Giannini a rencontré son homologue le ministre israélien de l'Education Naftali Bennett, le 2 juin 2016, ainsi qu'avec le ministre des Sciences Ofir Akunis. (Photo: Rossella Tercatin / Times of Israel)
La ministre italienne de l’Education, des Universités et de la Recherche Stefania Giannini a rencontré son homologue le ministre israélien de l’Education Naftali Bennett, le 2 juin 2016, ainsi qu’avec le ministre des Sciences Ofir Akunis. (Photo: Rossella Tercatin / Times of Israel)

Fin 2015, son université a signé un accord de coopération avec le Technion de Haïfa, ce qui a déclenché l’appel le plus récent à boycotter Israël, signé par 300 universitaires.

« Je voudrais souligner que mon école compte plus de 800 professeurs, et que seuls un ou deux d’entre eux ont signé l’appel. Si nous considérons toute l’Italie, seuls 100 professeurs sur 50 000 l’ont signé », a déclaré Gilli.

« Et pourtant, aussi marginal qu’il ait pu être, nous nous sommes vigoureusement opposés à l’appel pour une raison éthique : la recherche scientifique et technologique ne doit avoir aucune barrière », a déclaré Gilli au Times of Israël pendant la réception.

« Empêcher une université de coopérer avec toute autre université dans le monde est absurde et mauvais, encore plus avec une université telle que le Technion, qui est multiculturelle et multiethnique. »

Le recteur a souligné comment Polytechnique Turin avait récemment ouvert un bureau de transfert technologique pour breveter et vendre les résultats des recherches de l’université sur le modèle de celui du Technion.

« Les résultats sont jusqu’à présent plutôt bons », a-t-il déclaré.

De gauche à droite: L'ancien président Shimon Peres, la ministre Stefania Giannini, l'ambassadeur d'Italie Francesco Maria Talo, et le président de l'Union des communautés juives italiennes Renzo Gattegna au Centre Peres pour la Paix, le 2 juin 2016 (Photo: Rossella Tercatin / Times of Israel)
De gauche à droite: L’ancien président Shimon Peres, la ministre Stefania Giannini, l’ambassadeur d’Italie Francesco Maria Talo, et le président de l’Union des communautés juives italiennes Renzo Gattegna au Centre Peres pour la Paix, le 2 juin 2016 (Photo: Rossella Tercatin / Times of Israel)

L’année 2016 marque le 15e anniversaire de la signature de l’accord israélo-italien sur la collaboration scientifique, technologique et industrielle.

La ministre Giannini a souligné à quel point Israël était un partenaire très important dans la recherche et l’innovation scientifique, particulièrement dans des domaines comme la nanotechnologie, la robotique et les start-ups, un secteur « qui est bien développé dans ce pays, et pas tellement en Italie. »

Pendant une conférence célébrant l’anniversaire de l’accord au Centre Peres pour la Paix à Tel Aviv, Fabio Rugge, recteur de l’université de Pavie et délégué aux relations internationales de la CRUI a renforcé cet engagement.

‘Il y a dix ans, il était impossible d’imaginer des départements dans des universités américaines défendant le boycott d’Israël’

« [Pendant notre visite] nous avons rencontré des hommes et des femmes engagés dans la même entreprise que nous, a déclaré Rugge. Nous avons le même enthousiasme, la même dévotion à la cause de la recherche scientifique, la même confiance que notre travail peut servir le bien-être et, en fait, le bonheur du monde entier. »

« Rien ne nous séparera, contre notre volonté, de tels hommes et de telles femmes, qu’ils vivent en Israël ou dans tout autre pays. Les universités sont nées avant les états nations ; elles ont des raisons qui surpassent toute raison d’état [en français dans le texte] », a déclaré Rugge.

La ministre Giannini était accompagnée du président de l’Union des communautés juives italiennes, Renzo Gattegna. Pendant sa visite en Israël, elle a également rencontré ses homologues israéliens, le ministre de l’Education Naftali Bennett et le ministre des Sciences Ofir Akunis.

Elle a visité l’université Ben-Gurion ainsi que la tombe de Ben-Gurion elle-même, et l’école judéo-arabe Hagar de Beer Sheva.

La ministre Giannini était accompagnée par Renzo Gattegna, le président de l’Union des communautés juives italiennes. Au cours de sa visite en Israël, elle a également rencontré ses homologues israéliens, le ministre de l’Éducation Naftali Bennett et le ministre des Sciences Ofir Akunis.

Elle s’est rendue à l’université Ben-Gurion, ainsi qu’à la tombe de David Ben Gourion lui-même, et à l’école judéo-arabe Hagar à Beersheba. Elle a également présenté au président israélien Reuven Rivlin le première traité de Talmud de Babylone traduit en italien .

Parlant au Times of Israel, Giannini a souligné l’importance du projet de traduction du Talmud.

La ministre Stefania Giannini, l'ambassadeur Francesco Maria Talo, le chef de l'opposition israélienne Isaac Herzog, et Michal Herzog, le 2 juin 2016 (Photo: Rossella Tercatin / Times of Israel)
La ministre Stefania Giannini, l’ambassadeur Francesco Maria Talo, le chef de l’opposition israélienne Isaac Herzog, et Michal Herzog, le 2 juin 2016 (Photo: Rossella Tercatin / Times of Israel)

« C’est le premier exemple de ce type de recherche qui emploie des technologies spécialement conçues à cet effet, et il est entièrement financé par l’État, » a-t-elle souligné, ajoutant que lors du dernier vote sur le budget, le gouvernement italien a attribué une nouvelle subvention d’un million d’euros au projet, ce qui porte à cinq millions d’euros le budget alloué il y a cinq ans.

Une copie du traité a été également offerte au à l’ancien président d’Israël Shimon Peres, lors d’une rencontre en marge de la conférence tenue au Centre Peres pour la Paix.

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