Enquête sur les 138 Israéliens ayant enfreint les conditions de leur quarantaine
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Enquête sur les 138 Israéliens ayant enfreint les conditions de leur quarantaine

Selon son porte-parole, la police a rendu visite à 20 000 personnes supposées être en quarantaine ; les forces de l'ordre prêtes à patrouiller en cas de confinement total

La police israélienne sur la promenade de la plage de Tel-Aviv le 23 mars 2020. La police a été envoyée dans tout le pays pour empêcher les gens de se rassembler dans les espaces publics afin de contenir la propagation du coronavirus. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)
La police israélienne sur la promenade de la plage de Tel-Aviv le 23 mars 2020. La police a été envoyée dans tout le pays pour empêcher les gens de se rassembler dans les espaces publics afin de contenir la propagation du coronavirus. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Cent trente-huit Israéliens font actuellement l’objet d’une enquête pour avoir enfreint les conditions de leur quarantaine, a fait savoir la police mardi.

Le porte-parole de la police Micky Rosenfeld a fait savoir que cette dernière travaille dans l’ensemble du pays pour s’assurer du respect des restrictions liées au coronavirus, et notamment de l’interdiction faite aux personnes en quarantaine de quitter leur domicile.

Il a déclaré que de plus en plus de gens signalent des violations de quarantaine, ce qui rend possible certaines enquêtes, et la police en a ouvert d’autres sur la base de ces propres informations.

« Nous avons rendu visite à 20 000 personnes en quarantaine qui doivent rester isolées », a indiqué Micky Rosenfeld. « Nous les appelons et leur demandons de venir au balcon ou à la fenêtre.

« Nous nous servons de différents systèmes de données pour joindre ces individus, pour vérifier qu’ils sont chez eux. Il y a les bases de données de la police israélienne, celles du ministère de la Santé, et celles des passages aux frontières ».

Des policiers israéliens ferment les échoppes du marché Mahane Yehuda à Jérusalem, le 22 mars 2020 à Jérusalem. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Mardi, la police a été déployée dans l’un des quartiers les plus touchés par le coronavirus, Avnei Hoshen à Modiin.

Un individu de 44 ans, en quarantaine, qui s’est exprimé sous couvert d’anonymat, a déclaré au Times of Israël que « l’officier a appelé et m’a demandé de venir au balcon. Je leur ai dit que nous n’avons pas de balcon, donc il m’a dit de venir à la porte et qu’il se tiendrait à distance ».

« Il a vérifié que nous étions tous les cinq là et dit qu’il y avait une amende pour toute violation de la quarantaine. »

Le porte-parole de la police israélienne Micky Rosenfeld (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Quand la police leur a demandé s’ils se conformaient aux règles, l’homme a montré du doigt la pile d’ordures devant la porte et affirmé qu’il n’était même pas aller descendre les poubelles. « Le policier a alors pris nos poubelles et est descendu », a ajouté le résident de Modiin.

Si le gouvernement israélien approuve un confinement total, la population verra la police – et peut-être même l’armée – patrouiller dans les rues pour s’assurer que chacun est bien chez soi, a fait savoir Micky Rosenfeld.

« Nous sommes totalement préparés à un confinement total dans tout Israël, avec des officiers dans les rues pour empêcher les gens de sortir. Si nécessaire, l’armée viendra en renfort », a-t-il annoncé.

Le porte-parole de l’armée Hidai Zilberman a en effet fait savoir mardi que l’armée israélienne se préparait à aider la police à faire appliquer un confinement national, en consacrant huit bataillons – plus de 2 000 soldats – à la cause, avec la possibilité d’en affecter d’autres. Les soldats agiront comme une force auxiliaire de la police, qui aura l’autorité légale pour faire respecter le confinement. Hidai Zilberman a précisé que les troupes de Tsahal ne seraient pas armées.

Certains experts craignent qu’un confinement total ne représente une charge trop importante pour les forces de l’ordre.

Arye Rattner, criminologue à l’université de Haïfa, a déclaré que « les ressources humaines de la police sont limitées, et si elles se consacrent à une mission spéciale, cela pourrait être au détriment de la criminalité et de la violence conjugale ». La capacité à réagir à la violence conjugale est impérative, a-t-il souligné, car le nombre de cas sont susceptibles de grimper en période de confinement.

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