Enterrement de la troisième victime de l’incendie de Duma
Rechercher

Enterrement de la troisième victime de l’incendie de Duma

Les Palestiniens devaient enterrer lundi Riham Dawabcheh, morte de ses blessures après son bébé et son mari à la suite d'un incendie criminel

Saad et Riham Dawabsha, avec leur bébé Ali. Tous les trois sont morts lorsque leur maison dans le village de Douma, en Cisjordanie, a été incendiée par des extrémistes juifs présumés, le 31 juillet 2015. (Crédit : capture d'écran Deuxième chaîne)
Saad et Riham Dawabsha, avec leur bébé Ali. Tous les trois sont morts lorsque leur maison dans le village de Douma, en Cisjordanie, a été incendiée par des extrémistes juifs présumés, le 31 juillet 2015. (Crédit : capture d'écran Deuxième chaîne)

Riham Dawabcheh, brûlée au troisième degré sur 80 % de son corps, a succombé peu après minuit à l’hôpital Sheba dans la banlieue de Tel Aviv, cinq semaines après l’incendie de la petite maison familiale de Duma, a indiqué l’hôpital.

Cette enseignante avait eu 27 ans dimanche.

Les autorités palestiniennes ont décrété trois jours de « deuil national » et ordonné que les drapeaux soient mis en berne.

De la petite famille ne subsiste qu’Ahmed, 4 ans, grièvement brûlé, toujours hospitalisé à Sheba.

Avant sa mère, son petit frère de 18 mois Ali avait péri dans l’incendie du 31 juillet. Son père Saad Dawabcheh, 32 ans, avait succombé huit jours plus tard.

Toute la famille avait été surprise dans son sommeil lorsque, selon l’enquête, des hommes masqués avaient lancé des engins incendiaires par les fenêtres de la maison restées ouvertes pour atténuer la chaleur.

Des inscriptions retrouvées sur place et des témoignages ont immédiatement désigné comme responsables des extrémistes juifs, peut-être venus des implantations juives voisines.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a qualifié l’incendie d’acte « terroriste », terme bien plus souvent employé pour les agissements palestiniens. Le gouvernement a pris la mesure exceptionnelle d’autoriser le placement d’extrémistes juifs en détention administrative.

Trois activistes ont depuis été placés sous ce régime extrajudiciaire qui permet de détenir des suspects sans inculpation pour une durée illimitée et qui est habituellement appliqué aux Palestiniens. Dix autres ont été assignés à résidence.

Les services de sécurité les ont liés à des organisations ou des actes terroristes, dont certains meurtriers. Mais ils n’ont jamais précisé si certains d’entre eux étaient soupçonnés d’être directement impliqués dans l’incendie de Duma.

De nouveau interrogée par l’AFP lundi, le Shin Bet a décliné toute réponse en invoquant la censure imposée aux investigations.

« Plus d’un mois a passé, et on attend toujours que le gouvernement israélien traduise les terroristes en justice », a déclaré Saëb Erakat, un proche du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas. Il a invoqué la responsabilité du gouvernement israélien dans la « culture de l’impunité » qui permet de tels actes et dans la propagation de la haine que favorise la poursuite de la colonisation.

Les Israéliens devraient remettre le corps de Riham Dawabcheh aux Palestiniens à un checkpoint à l’entrée de la Cisjordanie. La dépouille devrait être autopsiée, ont indiqué des sources de sécurité palestiniennes, puis inhumée dans l’après-midi à Douma.

Des milliers de Palestiniens avaient pris part aux funérailles de son fils et de son mari.

Quant au petit survivant, gravement brûlé, « sa situation s’est améliorée », a dit une porte-parole de l’hôpital, « mais il doit encore subir plusieurs opérations, dont une la semaine prochaine, et c’est alors seulement qu’on pourra dire avec certitude que ses jours ne sont plus en danger ». Il devrait rester hospitalisé plusieurs mois.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...