Erdogan s’en prend à un philanthrope écroué, le comparant au « juif » Soros
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Erdogan s’en prend à un philanthrope écroué, le comparant au « juif » Soros

Le nom de Osman Kavala est revenu sur le devant de la scène avec l'interpellation, vivement critiquée par des pays européens, d'intellectuels liés au philanthrope

Le président de la Turquie et le chef du Parti de la justice et du développement (APK) Recep Tayyip Erdogan prononce un discours lors de la réunion du groupe parlementaire du Parti AKP à la Grande Assemblée nationale de Turquie (TBMMM) à Ankara le 8 mai 2018. (Crédit : AFP/Adem Altan)
Le président de la Turquie et le chef du Parti de la justice et du développement (APK) Recep Tayyip Erdogan prononce un discours lors de la réunion du groupe parlementaire du Parti AKP à la Grande Assemblée nationale de Turquie (TBMMM) à Ankara le 8 mai 2018. (Crédit : AFP/Adem Altan)

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a accusé mercredi l’homme d’affaires et philanthrope Osman Kavala, écroué depuis un an, d’oeuvrer à « déchirer » la Turquie, le comparant au « célèbre juif » américano-hongrois George Soros, cible privilégiée des complotistes.

Osman Kavala est une figure majeure de la société civile en Turquie. Il est écroué depuis plus d’un an, soupçonné par les autorités d’avoir « financé » des manifestations antigouvernementales en 2013 et d’être lié au putsch manqué en 2016, ce qu’il nie farouchement.

« Qui se trouve derrière lui (Osman Kavala) ? Le célèbre juif hongrois Soros. Cet individu envoie des gens à travers le monde pour diviser et déchirer les nations et emploie l’argent qu’il possède en grande quantité à cet effet », a déclaré M. Erdogan à Ankara.

« De la même manière, son représentant en Turquie (…) emploie ses moyens à soutenir ceux qui s’efforcent de déchirer et diviser ce pays », a poursuivi le président turc, qui s’exprimait devant un parterre d’élus locaux.

Le nom de M. Kavala est revenu sur le devant de la scène depuis la semaine dernière avec l’interpellation, vivement critiquée par des pays européens, d’intellectuels liés au philanthrope.

Bien qu’il se défende de tout antisémitisme, M. Erdogan a plusieurs fois été épinglé pour des propos très controversés. En 2014, il avait ainsi suscité un tollé en traitant un manifestant d’ « espèce de sperme d’Israël ».

Le milliardaire américain George Soros, lors d’un forum économique à Trente, Italie en 2012. (Crédit : Niccolò Caranti/CC BY-SA 3.0/WikiCommons)

Le milliardaire américano-hongrois George Soros est une cible régulière de dirigeants autoritaires à travers le monde qui l’accusent de comploter contre leur pays par le biais d’ONG qu’il finance. C’est le cas notamment du Premier ministre hongrois Viktor Orban, proche du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

M. Erdogan présente régulièrement la Turquie comme cernée par des ennemis qui tentent d’empêcher son pays de déployer tout son potentiel économique.

Mercredi, M. Erdogan a également vivement critiqué un arrêt émis mardi par la Cour européenne des droits de l’homme sommant Ankara de libérer l’opposant kurde Selahattin Demirtas. « Prenez les décisions que vous voudrez, votez ce que vous voudrez depuis votre tour d’ivoire », a lancé le président turc.

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