Erekat : L’entretien israélo-soudanais, « un coup de poignard dans le dos »
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Erekat : L’entretien israélo-soudanais, « un coup de poignard dans le dos »

Le secrétaire général de l'OLP a déploré le moment choisi pour cette rencontre après la révélation du plan de paix

Saeb Erekat, le secrétaire général de l'OLP, s'adresse aux médias après une réunion avec des diplomates à Ramallah en Cisjordanie, le 30 janvier 2019. (Crédit : ABBAS MOMANI / AFP)
Saeb Erekat, le secrétaire général de l'OLP, s'adresse aux médias après une réunion avec des diplomates à Ramallah en Cisjordanie, le 30 janvier 2019. (Crédit : ABBAS MOMANI / AFP)

Les Palestiniens ont condamné lundi la rencontre entre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le dirigeant soudanais Abdel Fattah al-Burhane, dénonçant un « coup de poignard dans le dos ».

« Cette rencontre est un coup de poignard dans le dos du peuple palestinien… au moment où l’administration du Président Donald Trump et le Premier ministre israélien Netanyahu tentent de détruire la cause palestinienne », a dénoncé Saëb Erekat, négociateur en chef et secrétaire général de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP).

Le chef du gouvernement israélien, Benjamin Netanyahu, a en effet discuté lundi d’une « normalisation » des relations entre le Soudan, pays majoritairement arabe et musulman, et Israël lors d’un entretien surprise et historique en Ouganda avec le dirigeant soudanais Abdel Fattah al-Burhane.

La rencontre intervient au moment où le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas exhorte les dirigeants arabes, musulmans et africains à dénoncer le plan du président américain Donald Trump censé mettre un terme au conflit israélo-palestinien qu’il juge trop favorable à Israël.

Mais nombre de dirigeants arabes maintiennent pour l’instant le silence sur ce plan, alors que l’Etat hébreu, lui, tente de resserrer ses liens avec des pays de la région qui lui étaient historiquement hostiles.

Les pays arabes ont historiquement fait du règlement de la question palestinienne la condition d’une normalisation avec Israël.

Mais M. Netanyahu et des membres de l’administration américaine de Donald Trump défendent une approche inversée dans laquelle ce serait une normalisation avec les pays arabes qui favoriserait la paix avec les Palestiniens.

Parmi les pays arabes, Israël n’entretient de relations diplomatiques qu’avec l’Egypte et la Jordanie. M. Netanyahu ne cesse de proclamer que les nouvelles réalités régionales, à commencer selon lui par l’expansion de l’influence iranienne, créent une convergence d’intérêts avec les pays arabes.

Une normalisation avec le Soudan serait d’autant plus significative que les autorités à Khartoum ont longtemps accusé Israël de soutenir les rébellions sud-soudanaises et au Darfour.

Le Soudan du Sud est devenu un Etat indépendant en 2011 tandis que le conflit dans la région occidentale soudanaise du Darfour perdure.

L’ancien président soudanais Omar el-Béchir, destitué en avril dernier, accusait notamment Israël de soutenir les rebelles darfouris de l’Armée de libération du Soudan (SLA) d’Abdelwahid Nour.

Le général soudanais Abdel-Fattah Burhan, chef du gouvernement de transition, en juin 2019. (AP Photo/Hussein Malla)

Le Soudan est aujourd’hui dirigé par une autorité de transition, menée par le général al-Burhane.

« Le Soudan se dirige vers une nouvelle direction positive… le général Abdel Fattah al-Burhane désire aider son pays à se moderniser en mettant fin à son isolement », a déclaré M. Netanyahu dans un communiqué.

Omar el-Béchir est l’objet de deux mandats d’arrêt émis en 2009 et 2010 par la CPI pour « génocide », « crimes contre l’humanité » et « crimes de guerre », au Darfour, où la guerre a fait 300.000 morts et 2,5 millions de déplacés, selon l’ONU.

D’ailleurs des milliers de Soudanais ont demandé l’asile en Israël au cours de la dernière décennie.

Les mandats de la CPI et le conflit au Darfour avaient contribué à l’isolement diplomatique du Soudan, et à l’imposition de lourdes sanctions contre Khartoum.

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