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État d’alerte élevé après la mort de deux policiers dans l’attentat à Hadera

Des renforts militaires et policiers ont été déployés en Cisjordanie et dans le Wadi Ara alors que la fusillade meurtrière laisse craindre de nouveaux attentats inspirés par l'EI

Le Premier ministre Naftali Bennett rencontre des responsables de la sécurité après une attaque terroriste meurtrière à Hadera, le 27 mars 2022 (Crédit : Kobi Gideon/GPO).
Le Premier ministre Naftali Bennett rencontre des responsables de la sécurité après une attaque terroriste meurtrière à Hadera, le 27 mars 2022 (Crédit : Kobi Gideon/GPO).

La police israélienne a été placée en état d’alerte élevé dans tout le pays, lundi, suite à l’attaque qui a été perpétrée dimanche à Hadera et qui a fait deux morts, Yezen Falah et Shirel Abukarat, qui étaient tous les deux âgés de 19 ans et qui étaient membres de la police des frontières.

Cet attentat a été commis quelque jours après une attaque au couteau qui avait fait quatre morts à Beer Sheva – la plus grave à avoir été menée contre des civils depuis plusieurs années.

Dans le cadre de ce renforcement de la sécurité, de nouvelles forces vont être déployées et des barrages routiers et autres checkpoints vont être dressés sur les artères de circulation majeures du pays.

Le chef de la police, Kobi Shabtai, a rencontré le Premier ministre Naftali Bennett, le ministre de la Sécurité intérieure Omer Barlev et d’autres hauts-responsables, dimanche soir, pour procéder à une évaluation de la situation.

Après cette réunion, l’armée a fait savoir que quatre bataillons supplémentaires seraient déployés dans les implantations israéliennes situées entre la Ligne verte et la barrière de sécurité en Cisjordanie. Elle a ajouté qu’elle envisageait également de renforcer encore la présence de ces troupes si la situation sur le terrain devant l’exiger.

Des unités de la police des frontières seront aussi déployées dans le secteur de Wadi Ara – une vallée du nord du pays dont la population est majoritairement arabe israélienne et qui accueille également la localité d’Umm al-Fahm, dont les terroristes qui ont commis l’attentat de Hadera étaient originaires.

Les agents de la police des frontières Yezen Falah à droite, et Shirel Abukarat, tous deux âgés de 19 ans, ont été tués lors d’une attaque terroriste dans la ville de Hadera, le 27 mars 2022 (Crédit : Police)

Les deux attaquants auraient été des partisans de l’État islamique.

Des images qui ont été tournées par les caméras de sécurité montrent les deux hommes armés, qui portent la barbe et qui sont vêtus d’une combinaison blanche, ouvrir le feu en direction d’un passant et d’agents de police à un arrêt de bus de la ville, à proximité de plusieurs restaurants.

Les forces de l’ordre ont indiqué que plusieurs agents avaient été blessés dans l’attaque et dans les échanges de coups de feu avec les terroristes qui ont suivi.

Les deux hommes ont été abattus par des membres d’une unité policière qui travaillait sous couverture et qui étaient en train de dîner dans un restaurant voisin, ont expliqué les responsables de la police.

Le député d’extrême-droite Itamar Ben Gvir, qui appartient au parti Sionisme religieux, s’en est directement pris à Barlev au cours d’une manifestation qui a réuni la droite de l’échiquier politique sur la scène de l’attaque, dimanche soir à Hadera. Des protestataires ont bloqué la Route 4 et scandé des slogans tels que : « Mort aux Arabes ! »

S’exprimant devant les journalistes lors de ce rassemblement, Barlev a expliqué que l’incident était encore en cours et que les forces de l’ordre ratissaient la zone pour s’assurer qu’aucun complice n’avait été impliqué dans l’attentat.

L’interrompant, Ben Gvir a crié au ministre : « Stop ! Vous devriez avoir honte ! Vous êtes le pire ministre… On a choisi le pire gauchiste qu’on pouvait trouver et on en a fait le ministre de la Sécurité intérieure ! »

Barlev a répondu : « Non, je n’ai pas honte. C’est vous qui devriez avoir honte ! Vous n’êtes rien ! ». L’escalade verbale a ensuite continué et les forces de sécurité ont été obligées de séparer physiquement les deux politiciens.

Cette fusillade a eu lieu quelques jours après un autre attentat meurtrier perpétré dans la ville de Beer Sheva, dans le sud d’Israël, par un homme qui avait également tenté de rejoindre le groupe jihadiste – ce qui a fait naître la crainte de nouvelles attaques inspirées par l’organisation terroriste.

Les responsables ont mis en garde contre une recrudescence des violences avant et pendant le mois du Ramadan qui commencera à la fin de la semaine.

Les services de renseignement indiquent que si les attaques récentes ont été commises à Beer Sheva et à Hadera, Jérusalem reste le principal point de friction et qu’il est probable que de futures attaques toucheront plutôt la capitale.

A l’approche de la fête musulmane du Ramadan, au mois d’avril, la police a fait savoir qu’elle n’allègerait pas les restrictions mises en place dans la capitale.

Au printemps dernier, des événements survenus à Jérusalem autour du mont du Temple et de l’expulsion en suspens de familles palestiniennes dans le quartier de Sheikh Jarrah avaient entraîné un conflit d’onze jours entre l’État juif et les groupes terroristes de la bande de Gaza.

Redoutant une répétition des violences du mois de mai dernier, l’administration Biden a vivement demandé à Israël d’adopter des mesures préemptives dans le but d’empêcher une escalade similaire des tensions au mois d’avril – un mois qui sera marqué à la fois par la fête juive de Pessah, le mois sacré du Ramadan et la fête chrétienne de Pâques.

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