Étude israélienne sur la Shoah: 1/4 des Juifs ont été tués en 100 jours en 1942
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Étude israélienne sur la Shoah: 1/4 des Juifs ont été tués en 100 jours en 1942

Le professeur Stone a calculé que 1,5 million de Juifs ont été tués en trois mois, phase qui n'a ralenti que parce qu'il ne restait que peu de Juifs en Pologne occupée

Cette image fournie par le US Holocaust Memorial Museum montre des policiers bulgares qui surveillent la déportation des Juifs macédoniens vers les camps de la mort allemands en mars 1943 à Skopje occupée par la Bulgarie. (Crédit photo : AP Photo/U.S. Holocaust Memorial Museum, Courtesy of Jewish Historical Museum, Belgrade)
Cette image fournie par le US Holocaust Memorial Museum montre des policiers bulgares qui surveillent la déportation des Juifs macédoniens vers les camps de la mort allemands en mars 1943 à Skopje occupée par la Bulgarie. (Crédit photo : AP Photo/U.S. Holocaust Memorial Museum, Courtesy of Jewish Historical Museum, Belgrade)

Une nouvelle étude israélienne affirme que près d’un quart des Juifs assassinés pendant la Shoah l’ont été en 100 jours en 1942, ce qui en fait la période la plus meurtrière du 20e siècle.

L’opération Reinhard était une intense campagne d’extermination massive menée par l’Allemagne nazie entre mars 1942 et novembre 1943 qui tua quelque 1,7 million de Juifs polonais dans les camps de la mort de Treblinka, Belzec et Sobibor – dont 1,47 million auraient été tués par les nazis en trois mois à peine, entre août et octobre 1942.

Le professeur Lewi Stone de l’Université de Tel Aviv a fait cette affirmation dans une étude publiée mercredi dans la revue académique Science Advances, basée sur son analyse des données de déportation des trains allemands vers les trois camps de la mort compilées dans les années 1980 par l’historien de la Shoah, Yitzhak Arad.

Le taux de meurtres et de décès au cours de l’opération Reinhard a été « mal quantifié dans le passé », a affirmé M. Stone, notant que la plupart des registres des meurtres ont été détruits par les nazis.

Le Professeur Lewi Stone. (Université RMIT)

Le taux de mortalité moyen de près de 15 000 décès par jour pendant la « phase extrême d’hyperintensité » – qui a commencé après que le Führer Adolf Hitler a ordonné « l’accélération » des opérations – est presque trois fois supérieur aux estimations précédentes.

Stone soutient que le taux d’assassinats a diminué en novembre 1942 parce qu’“il restait relativement peu de Juifs” dans les zones contrôlées par les nazis dans et autour de la Pologne occupée, « de sorte que le taux des meurtres a probablement diminué en raison de la difficulté à rassembler les victimes ».

L’étude signifie que ces trois mois ont connu un taux de mortalité beaucoup plus élevé que le génocide rwandais de 1994, généralement considéré comme la campagne la plus rapide du 20e siècle, avec quelque 800 000 personnes tuées en 100 jours.

« Les historiens, les spécialistes des sciences sociales, les décideurs et les journalistes se sont toujours fiés à des évaluations inexactes qui ont largement sous-estimé le taux d’extermination de la Shoah pendant l’opération Reinhard », écrit Stone.

Dans l’ancien camp de la mort nazi de Sobibor, des archéologues ont découvert les fondations de chambres à gaz dans lesquelles plus de 200 000 Juifs ont été assassinés pendant la Shoah, novembre 2014 (Matt Lebovic / The Times of Israel)

« Ces sous-estimations se sont répétées pendant près de deux décennies sans qu’il y ait eu de critiques substantielles, un schéma qui a effectivement réécrit l’histoire de la Shoah en réduisant son importance historique et le nombre de vies humaines concernées.

« L’opération Reinhard a connu des taux de meurtres extraordinaires », a-t-il ajouté. « Le fait que le massacre ait eu lieu en si peu de temps, et sous une tromperie totale, a empêché le peuple juif d’avoir une chance de survivre et rendu extrêmement difficile la formation de la résistance organisée ».

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