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Exhumation d’un bébé yéménite présumé « disparu », une première historique

La sœur d'Uziel Houri dit avoir des doutes quant à la possibilité de trouver des réponses sur le sort de son frère, décédé en 1952, selon les registres nationaux

Capture d'écran de la vidéo de l'exhumation d'Uziel Houri, le fils d'immigrants yéménites, dont la famille rejette les documents officiels indiquant qu'il est mort de maladie alors qu'il était bébé en 1952. La tombe a été ouverte à Petah Tikva, le 23 mai 2022. (Crédit : Capture d'écran/Twitter)
Capture d'écran de la vidéo de l'exhumation d'Uziel Houri, le fils d'immigrants yéménites, dont la famille rejette les documents officiels indiquant qu'il est mort de maladie alors qu'il était bébé en 1952. La tombe a été ouverte à Petah Tikva, le 23 mai 2022. (Crédit : Capture d'écran/Twitter)

La tombe d’un bébé décédé en 1952 a été ouverte lundi pour confirmer à la famille de l’enfant, une famille d’immigrants yéménites, que celui-ci a bel et bien été enterré là et qu’il ne leur a pas été enlevé il y a 64 ans.

Il s’agit de la toute première ouverture d’une tombe à des fins de tests ADN liée à l’affaire des enfants yéménites, une affaire vieille de plusieurs décennies dans laquelle des immigrants originaires du Yémen et d’autres pays affirment que, dans les années 1950, leurs enfants, frères et sœurs, leur auraient été enlevés alors qu’ils étaient bébés.

L’enfant concerné est Uziel Houri, dont la tombe se trouve au cimetière de Segula, dans la ville de Petah Tikvah, au centre du pays. Cinq familles liées à Houri ont demandé et obtenu une ordonnance du tribunal autorisant l’exhumation. Selon les registres de l’État, l’enfant est né en 1952 et serait mort un an plus tard de maladie.

La sœur de Houri, Hayah Mazuz, qui se trouvait au cimetière pour assister à la procédure, a déclaré aux médias que la famille voudrait bien croire la version de l’État.

« Je voudrais vraiment croire que l’État, à partir du moment où il a pris cette décision [d’ouvrir la tombe], va réellement nous dire la vérité « , a déclaré Mme Mazuz, qui était adolescente quand son frère est mort. « S’il y a quelque chose ici ou non ».

Mais Mazuz dit qu’elle ne s’attend pas à ce que l’exhumation révèle ce qui est réellement arrivé à son frère.

« Il y a 4 ou 5 versions de ce qui lui est arrivé. À chaque fois, ils [les autorités] nous ont dit autre chose – nous ne savions rien », a-t-elle déclaré.

Capture d’écran de la vidéo de Haya Mazuz pendant l’exhumation de son frère Uziel Houri, qui, selon les registres, est mort bébé en 1952, un récit que la famille conteste, à Petah Tikva, le 23 mai 2022. (Crédit : Capture d’écran/Twitter)

Uziel avait été conduit à l’hôpital parce qu’il était malade et, il y serait mort, selon les autorités. Mazuz a déclaré que la famille avait reçu plusieurs versions de la façon dont il était mort – qu’il était tombé, qu’il avait fait un arrêt cardiaque, qu’il avait eu une forte fièvre.

« Ils ont montré à mon père un paquet de loin et lui ont dit qu’ils allaient l’enterrer et s’occuper de tout », s’est-elle souvenue.

Elle a déclaré que les circonstances de la disparition d’Uziel étaient une source de tension entre ses parents, sa mère n’ayant jamais pardonné à son père d’avoir confié leur fils aux autorités.

Mazuz a fait remarquer que le frère jumeau d’Uziel est mort il y a 14 ans sans jamais su ce qui était réellement arrivé à son frère.

La semaine dernière, le ministère de la Santé a annoncé que l’exhumation serait effectuée pour obtenir un échantillon d’ADN de la dépouille afin d’établir l’authenticité de la famille. Le ministère a déclaré qu’il agissait en vertu d’une loi adoptée il y a quatre ans, qui autorise l’ouverture de tombes dans le but d’effectuer des tests génétiques pour déterminer les liens familiaux.

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