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France : Douze Stolpersteine posés au Havre en hommage aux familles juives déportées

De nouveaux pavés ont également été installés à Rouen, ville qui en comptait déjà plusieurs et neuf pavés ont été posés à La Baule

Les Stolpersteine posés au Havre par Gunter Demnig, le 28 mars 2022. (Crédit : Twitter / Le Havre)
Les Stolpersteine posés au Havre par Gunter Demnig, le 28 mars 2022. (Crédit : Twitter / Le Havre)

Douze Stolpersteine ont été posées ce lundi au Havre en hommage aux familles juives de la ville déportées, a rapporté France Bleu.

Le maire du Havre, Édouard Philippe, a participé à la cérémonie de pose de ces pavés de la mémoire. L’artiste allemand Gunter Demnig, à l’origine du projet des Stolpersteine, était présent pour les installer.

Des lycéens havrais ont été associés au projet, travaillant sur les histoires des familles déportées à partir de différentes archives et registres. Dans ce cadre, ils ont conçu une exposition, à découvrir dans le hall de la mairie du Havre à partir de ce lundi.

« Il n’y a pas si longtemps, la ville ignorait combien de Havrais et Havraises avaient été déportées, il n’y avait pas de plaque, pas de trace physique, ces pavés correspondent donc à un besoin ! », a réagi Marie-Paule Hervieu, historienne havraise qui a participé au projet en tant que présidente du Cercle d’étude de la Déportation et de la Shoah.

« J’ai entendu dire à une époque qu’il n’y avait pas de Juifs au Havre pendant la Guerre, or c’est faux ! Moi, en cherchant un peu, j’en ai comptabilisé 300 mais il y en a certainement beaucoup plus ! », a-t-elle ajouté.

Gunter Demnig a profité de sa venue en France pour poser d’autres Stolpersteine. Ainsi, ce lundi également, de nouveaux ont été installés à Rouen, ville qui en comptait déjà plusieurs. Ce mardi matin, l’artiste était présent à La Baule pour la pose de neuf pavés.

Les Stolpersteine visent à rendre hommage aux personnes mortes dans les camps de concentration nazis. On compte aujourd’hui plus de 75 000 pavés recouverts d’une plaque de laiton posés à travers 25 pays d’Europe depuis les années 1990.

Ils viennent rappeler le destin des victimes du nazisme, qu’elles soient Juives, Tziganes, homosexuelles, handicapées ou opposants politiques. Gravés à la main par le sculpteur Michael Friedrichs-Friedlander, on retrouve inscrit sur chaque pierre le nom, l’adresse, la date de naissance et du décès de la personne tuée par les nazis.

Fin 2020, la mairie de Paris avait refusé la pose de ces petits pavés de la mémoire dans les rues de la capitale, affirmant qu’ils n’étaient « pas adaptés au travail de mémoire parisien ».

En France, on trouve des pavés de la mémoire dans les villes de Strasbourg, Bordeaux, Rouen ou encore en Vendée.

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