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France: la justice confirme l’arrêt des aides au journal d’extrême droite « Rivarol »

Cette décision prive ainsi Rivarol des avantages du régime économique de la presse : taux réduit de TVA à 2,1 % et tarifs postaux privilégiés

Jérôme Bourbon, directeur de publication, et un journaliste de Rivarol dans une vidéo datée de juillet 2022. (Crédit : capture d’écran Jérôme Bourbon / YouTube)
Jérôme Bourbon, directeur de publication, et un journaliste de Rivarol dans une vidéo datée de juillet 2022. (Crédit : capture d’écran Jérôme Bourbon / YouTube)

En mai dernier, l’hebdomadaire d’extrême droite Rivarol se voyait retirer son agrément par la Commission paritaire des publications et agences de presse (CPPAP), ce qui le privait des avantages fiscaux et des tarifs postaux réduits dont bénéficient les journaux.

Faisant l’objet d’un recours devant la justice administrative, les juges ont finalement rejeté la requête du journal et de son directeur, Jérôme Bourbon, confirmant la décision de la CPPAP d’exclure le journal de ses registres, ont rapporté plusieurs comptes Twitter proches des « Sleeping Giants », « collectif citoyen de lutte contre le financement du discours de haine ».

Cette décision prive ainsi Rivarol des avantages du régime économique de la presse : taux réduit de TVA à 2,1 % et tarifs postaux privilégiés.

En théorie, elle l’empêche également de bénéficier des aides à la presse du ministère de la Culture, qu’il ne touchait de toute façon pas car il ne les demandait pas, a-t-on précisé à la CPPAP.

Fondé en 1951, Rivarol (du nom du contre-révolutionnaire Antoine de Rivarol) est une publication phare de l’extrême droite française.

Son directeur de publication, Jérôme Bourbon (Fabrice de son vrai prénom), a été condamné une quinzaine de fois, en particulier pour provocation à la haine, contestation de crime contre l’humanité et injure raciste.

Jérôme Bourbon. (Crédit : capture d’écran YouTube)

En décembre dernier, il avait ainsi été condamné pour contestation de crime contre l’humanité et provocation à la haine envers les juifs en raison d’une vidéo où il évoquait la rafle du Vel d’Hiv.

Il y affirmait notamment que le maréchal Pétain s’était « toujours opposé à ce qu’il y ait la moindre persécution ou atteinte quelconque aux Juifs français ».

Rivarol et son directeur seront à nouveau confrontés à la justice en septembre pour contestation de crimes contre l’humanité suite à des propos antisémites et négationnistes dans une vidéo de son journal.

En mars, une trentaine d’historiens et de personnalités, parmi lesquels Beate et Serge Klarsfeld, défenseurs de la mémoire des déportés de France, avaient protesté contre les « aides publiques indirectes » dont bénéficiait Rivarol.

« Notre pays accorde des facilités à Rivarol, hebdomadaire le plus raciste, le plus antisémite et le plus négationniste qui soit », écrivaient-ils dans une tribune publiée par le journal Le Monde, en demandant à la CPPAP de retirer son agrément à l’hebdomadaire.

En novembre, le député LREM Jean-Louis Touraine avait également interpellé à ce sujet la ministre de la Culture de l’époque, Roselyne Bachelot.

La CPPAP est une instance composée à parité de représentants de l’État et de professionnels de la presse. Elle est chargée de décider si les publications sont éligibles au régime économique de la presse, en fonction d’un certain nombre de critères.

Son règlement précise que les « publications négationnistes, incitant à la haine raciale, à la xénophobie et celles portant atteinte à la dignité de la personne humaine » ne peuvent bénéficier de ce régime.

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