Francfort veut interdire ses salles municipales au BDS
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Francfort veut interdire ses salles municipales au BDS

Le maire accuse le mouvement de boycott d'être “profondément antisémite” et d'utiliser une rhétorique rappelant celle des nazis

Le maire de Francfort Uwe Becker (Capture d'écran: YouTube)
Le maire de Francfort Uwe Becker (Capture d'écran: YouTube)

Le conseil municipal de Francfort a approuvé une loi présentée par le maire pour interdire les financements et les salles municipales au mouvement de boycott, désinvestissement et sanctions (BDS) contre Israël.

La décision de vendredi rapproche encore le conseil d’une éventuelle interdiction du mouvement BDS, que le maire Uwe Becker a qualifié de « profondément antisémite ». Le projet de législation a dorénavant besoin de l’approbation du corps législatif municipal.

Les militants du BDS rejettent constamment toute accusation d’antisémitisme comme moteur de leurs actions, et soulignent que certains Juifs prennent part à leurs activités ou les soutiennent. Le mouvement BDS affirme que ses actions sont une réaction aux violations israéliennes présumées du droit international contre les Palestiniens.

La ville de Munich étudie pour sa part une législation similaire.

Le Conseil municipal a décidé qu’aucune salle municipale, ou espace en plein air, ne serait fourni pour les activités du BDS, et que toute organisation offrant son soutien au BDS risquait de perdre son financement municipal. La ville a également demandé aux propriétaires privés de biens immobiliers de prendre note de cette nouvelle réglementation, même si elle ne s’applique pas officiellement pour eux.

Des touristes israéliens devant un stand du BDS avec des photos et des drapeaux palestiniens, appelant à la "Palestine libre", à sur la place de Dam, au centre d'Amsterdam, en Hollande, le 24 juin 2016. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
Des touristes israéliens devant un stand du BDS avec des photos et des drapeaux palestiniens, appelant à la « Palestine libre », sur la place de Dam, au centre d’Amsterdam, en Hollande, le 24 juin 2016. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Dans un communiqué publié vendredi, Becker a expliqué que le mouvement BDS utilisait l’antisionisme pour véhiculer un agenda antisémite. Il a également souligné les connexions entre sa ville et Israël, et ses espoirs d’une solution pacifique au conflit du Moyen Orient.

Le mouvement BDS ne s’intéresse pas à la résolution du conflit, a-t-il dit, mais œuvre « essentiellement à ôter sa légitimité à l’Etat d’Israël en utilisant l’outil des boycotts et de la calomnie. » Becker a dénoncé les actions d’une « police de grand magasin auto-proclamée » qui attache des étiquettes sur les produits israéliens afin d’intimider les vendeurs, et qui tente « d’intimider les artistes qui vont se produire en Israël ou qui désirent le faire et qui perturbent les événements. »

Le maire a accusé le mouvement BDS « d’utiliser le même langage que le mouvement national socialiste employait pour dire : ‘N’achetez rien aux Juifs !' »

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