Gantz compare le virus à la guerre de 73 : non préparé, Israël en paiera le prix
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Gantz compare le virus à la guerre de 73 : non préparé, Israël en paiera le prix

Lors des commémorations de la guerre du Kippour, Rivlin a appelé à l'unité pour le "jour d'après le virus" ; Netanyahu suggére qu'Israël aurait dû mener une guerre préventive

Le ministre de la Défense Benny Gantz s'exprime lors de la cérémonie annuelle en l'honneur des soldats tombés pendant la guerre de Kippour en 1973, depuis le mont Herzl, le 29 septembre 2020. (Ariel Hermoni/Ministère de la Défense)
Le ministre de la Défense Benny Gantz s'exprime lors de la cérémonie annuelle en l'honneur des soldats tombés pendant la guerre de Kippour en 1973, depuis le mont Herzl, le 29 septembre 2020. (Ariel Hermoni/Ministère de la Défense)

Mardi, le ministre de la Défense Benny Gantz a comparé la pandémie de coronavirus à la guerre de Kippour de 1973, soutenant qu’une fois de plus des gens allaient mourir parce que les dirigeants du pays avaient été pris par surprise.

« Nous sommes aujourd’hui en guerre sur un champ de bataille complètement différent », a déclaré M. Gantz lors d’une cérémonie nationale de commémoration des victimes de la guerre. « Nous devons honnêtement admettre que cette fois aussi, nous avons été pris au dépourvu. Nous avons affamé notre excellent système de santé pendant des années. Nous n’avons pas réagi correctement. Cette fois aussi, nous en paierons le prix, et ce prix sera le lourd tribut de la vie ».

« Mais cette fois aussi, nous allons gagner, avec l’aide de tous », a affirmé M. Gantz.

Le gouvernement fait face à de sévères critiques pour sa gestion de la pandémie, après avoir été considéré au départ comme une réussite mondiale dans la suppression du virus.

Le nombre de décès dus au coronavirus en Israël a dépassé les 1 500 lundi soir, selon les données du ministère de la Santé, avec plus de 500 nouveaux décès enregistrés en trois semaines environ. Le 18 septembre, Israël a procédé à son deuxième confinement national complet.

Des blindés israéliens prennent position dans la péninsule du Sinaï au début de la guerre de Yom Kippour, le 6 octobre 1973 (Crédit : Avi Simhoni/Bamahane/archives du ministère de la Défense)

La guerre de Kippour de 1973 et les défaillances du renseignement qui ont empêché les militaires de voir ce qui était évident rétrospectivement restent des sujets douloureux dans le discours public israélien.

Bien que les forces israéliennes aient été capables de repousser les invasions militaires, la campagne a coûté la vie à plus de 2 500 Israéliens et a laissé une cicatrice durable sur le psychisme national, minant la confiance des Israéliens dans leur armée et leur gouvernement et obligeant Tsahal à procéder à des changements radicaux dans sa structure et ses protocoles pour éviter d’être à nouveau pris de court.

Lors de la cérémonie de mardi, le président Reuven Rivlin a parlé de la nécessité d’une unité nationale face à la pandémie, en déclarant que la guerre avait été gagnée par des soldats de différentes parties de la société travaillant ensemble.

Le président Reuven Rivlin s’exprime lors de la cérémonie commémorative pour les soldats tombés pendant la guerre de Kippour en 1973, le 29 septembre 2020. (Kobi Gideon / GPO)

« J’ai combattu dans les champs de bataille de cette terrible guerre, et je suis ici avec vous aujourd’hui. Près de 50 ans plus tard, et je me souviens bien de la façon dont nous avons gagné cette guerre. Dans les tranchées, nous avons combattu côte à côte et personne n’a vérifié si vous aviez des papillotes sous votre casque, ou si vous aviez votre carte de membre du parti rouge dans votre poche », a souligné M. Rivlin. « Nous avons attaqué ensemble en sachant que si nous n’avancions pas, il n’y aurait peut-être plus d’endroit où retourner ».

« Un jour, nous nous réveillerons au lendemain du virus. Je ne sais pas quand ce jour arrivera, mais il arrivera. Et quand il viendra, nous devons veiller à le saluer comme des frères et sœurs, responsables et dépendants les uns des autres », a encouragé le président.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a tenu une allocution vidéo dans laquelle il n’a que légèrement évoqué la pandémie mortelle, préférant se concentrer sur les accords de paix au lendemain du conflit de 1973, ainsi que sur les récents accords de normalisation avec le Bahreïn et les Émirats arabes unis.

« La guerre de Yom Kippour est aussi un rappel constant de l’importance de la force. La force a conduit la partie adverse à rechercher un cessez-le-feu. La force nous permet aujourd’hui de nous défendre par nous-mêmes », a-t-il déclaré.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’exprime au cours d’une conférence de presse sur le coronavirus en Israël à son bureau de Jérusalem, le 13 septembre 2020 (Crédit : Alex Kolomiensky/Yedioth Ahronoth via AP, Pool)

« La force a ouvert la voie à la paix avec l’Égypte, et plus tard avec la Jordanie, et la force a établi les accords historiques que nous avions conclus avec les Émirats arabes unis et avec Bahreïn », a commenté le Premier ministre. « La force apportera plus d’accords de paix avec plus de pays arabes et musulmans. La force nous permettra, avec l’aide de Dieu, de surmonter également avec succès la crise du coronavirus ».

Le chef du gouvernement a indiqué à nouveau qu’Israël aurait dû prendre des mesures préventives en 1973, et que les actions de Jérusalem contre l’Iran aujourd’hui étaient le résultat des leçons tirées du passé.

« Si nous avions mené une frappe préventive, le visage de la bataille aurait été complètement différent. Une frappe préventive est une chose très difficile à faire. Mais je sais, par exemple, après la guerre de Kippour, que si l’Iran veut s’établir à notre frontière nord et ne nous a pas encore attaqués, nous ne devons pas le laisser s’y établir, donc nous empêchons les concentrations de forces, nous les combattons. Une leçon directe de la guerre de Kippour », a -t-il expliqué.

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