Gantz : Israël empêchera le réarmement de l’Iran à la fin de l’embargo de l’ONU
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Gantz : Israël empêchera le réarmement de l’Iran à la fin de l’embargo de l’ONU

Le ministre de la Défense appelle les pays du monde à combattre Téhéran après l'échec des USA à renouveler l'interdiction internationale de ventes d'armes à la République islamique

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Le ministre de la Défense Benny Gantz s'adresse aux soldats du Commandement du Front Intérieur de l'armée israélienne, lors d'une visite dans la ville d'Ashdod, dans le sud du pays, le 14 septembre 2020. (FLASH90)
Le ministre de la Défense Benny Gantz s'adresse aux soldats du Commandement du Front Intérieur de l'armée israélienne, lors d'une visite dans la ville d'Ashdod, dans le sud du pays, le 14 septembre 2020. (FLASH90)

Le ministre de la Défense Benny Gantz s’est engagé dimanche à prendre « toutes les mesures nécessaires » pour empêcher l’Iran d’acheter des armes après la levée de l’embargo sur les armes décrété par les Nations unies contre le pays, malgré les efforts américains pour le prolonger.

Plus tôt dimanche, le ministère iranien des Affaires étrangères a annoncé qu’il considérait que l’interdiction des ventes d’armes était totalement levée.

« A partir d’aujourd’hui, la République islamique peut se procurer toutes les armes et équipements nécessaires auprès de n’importe quelle source sans aucune restriction légale, et uniquement sur la base de ses besoins défensifs », a ajouté le ministère dans la déclaration diffusée sur Twitter.

Au fil des ans, l’Iran a exprimé un intérêt considérable pour l’achat de nouveaux avions afin de remplacer sa flotte vieillissante, ainsi que des systèmes avancés de défense antimissile, provenant principalement de Russie – une source potentielle d’inquiétude pour Israël.

L’embargo sur la vente d’armes à l’Iran devait commencer à expirer progressivement à partir de dimanche selon les termes de la résolution des Nations unies qui a béni l’accord nucléaire de 2015 entre la République islamique et les puissances mondiales, officiellement connu sous le nom de Plan d’action conjoint [Joint Comprehensive Plan of Action – JCPOA].

Un système de défense aérienne S-300 de fabrication russe est exposé à l’occasion de la semaine annuelle de la Défense, marquant le 37e anniversaire de la guerre Iran-Irak des années 1980, sur la place Baharestan à Téhéran, en Iran, le 24 septembre 2017. (AP/Vahid Salemi)

En août, les États-Unis – qui se sont retirés du JCPOA sous le président Donald Trump en 2018 – ont tenté de prolonger l’embargo des Nations unies sur les armes à destination de l’Iran, dans une démarche qui devait échouer car elle reposait en fait sur l’accord même que les États-Unis avaient abandonné.

Dans sa déclaration, Gantz a appelé les pays du monde entier à travailler avec Israël pour bloquer les achats d’armes iraniennes.

« Avec l’expiration de l’embargo sur les armes imposé à l’Iran aujourd’hui, nous devons être plus forts et plus déterminés que jamais. L’Iran n’a jamais été un problème israélien, mais, avant tout, un problème mondial et régional », a déclaré M. Gantz.

« En tant que ministre de la Défense, je continuerai à prendre toutes les mesures nécessaires, avec nos partenaires, anciens et nouveaux, pour empêcher l’expansion et l’armement de l’Iran. Tous les pays devraient se joindre à cet effort important », a-t-il déclaré.

Washington a déclaré qu’il avait décidé de rétablir unilatéralement la quasi-totalité des sanctions de l’ONU contre l’Iran levées dans le cadre de l’accord.

Mais l’argument juridique américain a été rejeté par la quasi-totalité du Conseil de sécurité des Nations unies, les alliés européens des États-Unis affirmant que la priorité est de parvenir à une solution pacifique du programme nucléaire iranien.

Les membres du Conseil de sécurité votent au siège des Nations unies sur l’accord nucléaire historique conclu entre l’Iran et six puissances mondiales, le 20 juillet 2015. (AP/Seth Wenig, File)

Dimanche matin, l’Iran a déclaré que c’était « un jour mémorable pour la communauté internationale », ajoutant que le monde s’était rangé aux côtés de Téhéran « au mépris des efforts du régime américain ».

Mais il a souligné que « les armes non conventionnelles, les armes de destruction massive et l’achat effréné d’armes conventionnelles n’ont pas leur place dans la doctrine de défense de l’Iran ».

Moscou a déclaré en septembre qu’elle était prête à renforcer sa coopération militaire avec Téhéran, tandis que Pékin a également parlé de la volonté de vendre des armes à l’Iran après le 18 octobre.

Washington a affirmé qu’il cherchera à empêcher l’Iran d’acheter des chars chinois et des systèmes de défense aérienne russes.

Le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif a déclaré dans un tweet que la communauté internationale avait « protégé » l’accord nucléaire et dimanche a marqué la « normalisation de la coopération de l’Iran avec le monde ».

L’AFP a contribué à cet article.

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