Gay Pride de Jérusalem : 52 arrestations dont un homme muni d’un couteau
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Gay Pride de Jérusalem : 52 arrestations dont un homme muni d’un couteau

Près de 10 000 personnes participent à la 18e marche des Fiertés sous haute surveillance policière ; le nouveau ministre ouvertement gay participe au défilé

Des participants à la Gay pride annuelle de Jérusalem, le 6 juin 2019. (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)
Des participants à la Gay pride annuelle de Jérusalem, le 6 juin 2019. (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)

Les festivités de la 18e Gay Pride annuelle de Jérusalem ont commencé mercredi après-midi, sous une forte présence policière.

Les forces de police ont arrêté un homme en possession d’un couteau, qui se trouvait près du défilé organisé dans la capitale. D’après le communiqué officiel, l’homme a éveillé les soupçons d’agents en civils, qui ont décidé de le fouiller et découvert qu’il dissimulait un couteau. Les forces de l’ordre ont indiqué que le suspect avait refusé de donner son nom et qu’il avait été emmené pour être interrogé.

Cinquante-et-une autres personnes ont été arrêtées ou détenues parce qu’elles étaient soupçonnées de vouloir perturber le défilé de la Gay Pride de Jérusalem, selon la police.

« Les mesures de sécurité de la police se poursuivent dans la zone et aux alentours pendant le défilé », indique un communiqué de la police.

Le chef de la police de Jérusalem, Doron Yadid, a déclaré aux journalistes que les personnes arrêtées incluent une personne munie d’un couteau et d’une autre munie de gaz poivré.

Dans le même temps, le nouveau ministre de la Justice Amir Ohana, le premier ministre israélien ouvertement homosexuel, est arrivé dans l’après-midi pour participer au défilé. Amir Ohana, membre du Likud, a été nommé mercredi par le Premier ministre Benjamin Netanyahu dans le gouvernement de transition chargé d’officier jusqu’aux nouvelles élections législatives prévues le 17 septembre. Alors qu’il se frayait un chemin dans la foule, certains participants ont manifesté leur opposition à la présence du nouveau ministre, en scandant « honte ».

En effet, des centaines de personnes ont participé à une manifestation contre le défilé de la Gay Pride à Jérusalem. L’événement était organisé par le groupe de droite Hazon et se déroule sous le slogan « Pour être un pays normal sur notre terre, dites oui à la famille ! »

« C’est la normalité et le naturel de la vie, générations après générations, de père, de mère et d’enfants. C’est une vie normale », a dit Moti Yogev, député de l’Union des partis de droite.

« La marche à Jérusalem est très importante pour moi car Jérusalem est la capitale d’Israël et le siège du gouvernement et des institutions juridiques. En tant que libéral qui croit de tout cœur à la liberté d’expression, j’ai dit au groupe de manifestants qui ont manifesté contre moi – [qui] n’étaient ni ultra-orthodoxes ni religieux – il est important qu’ils soient venus ici », a déclaré Ohana.

« J’espère que cela ne masque pas le message principal censé sortir de cet événement : peu importe que vous soyez religieux ou laïc, de gauche ou de droite, de LGBT ou non, le message est celui de la tolérance. »

Des milliers de personnes ont convergé jeudi vers le centre de Jérusalem pour la 18e édition de la Gay Pride dans la Ville sainte, sous haute surveillance après le meurtre d’une adolescente par un juif ultra-orthodoxe en 2015.

« Deux suspects qui s’apprêtaient à perturber le défilé de cet après-midi » ont été arrêtés, a indiqué la police israélienne dans un communiqué jeudi, précisant que 2 500 policiers, certains en civil, étaient mobilisés pour assurer la sécurité de l’événement.

Des drapeaux couleur arc-en-ciel ont été accrochés par la mairie tout le long du parcours. Le grand rabbin de Jérusalem, Ari Stern, avait demandé sans succès au maire de la ville de retirer ces bannières multicolores afin de « ne pas heurter les sentiments d’une partie de la population ».

En revanche, la municipalité a fait enlever plusieurs affiches qui avaient été placardées en début de semaine contre la Gay Pride avec la mention « Papa et maman = famille. Le courage d’être normal ».

Une affiche contre le mariage homosexuel à Jérusalem qui dit en hébreu : « Père et mère = Famille . Le courage de la normalité » (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Dov Morell, 25 ans, s’est mêlé à la foule colorée avec son bébé dans une poussette. L’homme, une kippa sur la tête, arbore une pancarte sur laquelle est écrit: « Messieurs les rabbins, l’homophobie tue ».

« Je suis venu montrer que les personnes religieuses soutiennent les victimes de meurtre », dit-il.

Le 30 juillet 2015, Yishaï Shlissel s’était rendu à la Gay Pride à Jérusalem où il avait poignardé une adolescente, Shira Banki, qui avait succombé à ses blessures quelques jours plus tard. Six autres personnes avaient été blessées.

Le meurtrier avait été libéré de prison quelques semaines avant son meurtre, après avoir purgé une peine pour avoir déjà blessé trois personnes lors de la Gay Pride de 2005. Il a été condamné à la prison à vie.

Israël est considéré comme un pays pionnier au Moyen-Orient en termes de droits des gays et lesbiennes.

A Jérusalem, une ville sainte pour les juifs, les musulmans et les chrétiens, la communauté homosexuelle a toutefois plus de mal à être acceptée qu’à Tel-Aviv.

Originaire de Jérusalem, Israel Lumbroso, 28 ans, raconte avoir fait son coming-out il y a un an et demi. « Je n’ai plus honte de mon identité sexuelle. Je ne me cache plus. Il est important de venir, spécialement à Jérusalem », où l’homophobie est répandue, dit-il.

L’homosexualité demeure notamment un tabou dans les milieux juifs religieux, partenaires politiques de l’actuel Premier ministre Benjamin Netanyahu.

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