Gaza : La trêve semble tenir après les meurtrières confrontations
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Gaza : La trêve semble tenir après les meurtrières confrontations

Les groupes terroristes ont fait savoir que la trêve avait débuté cette nuit à 4h30. Quatre Israéliens et 29 Gazaouis - dont un grand nombre de terroristes - ont été tués

Les services d'urgence israéliens sur le site d'une attaque à la roquette dans la ville d'Ashdod, dans le sud d'Israël, le 5 mai 2019. (Crédit : Ahmad GHARABLI / AFP)
Les services d'urgence israéliens sur le site d'une attaque à la roquette dans la ville d'Ashdod, dans le sud d'Israël, le 5 mai 2019. (Crédit : Ahmad GHARABLI / AFP)

Un cessez-le-feu entre Israël et les groupes terroristes de Gaza est entré en vigueur dans la nuit de dimanche à lundi, à 4h30 du matin, mettant un terme à quarante-huit heures de combats massifs, selon les groupes terroristes du Hamas et du Jihad islamique palestinien.

Plus de 700 roquettes ont été lancées vers le territoire de l’Etat juif, faisant quatre morts.

Le gouvernement israélien a refusé de confirmer cette trêve présumée, apparemment pour éviter de reconnaître publiquement ses négociations avec les organisations terroristes. Les militaires ont néanmoins annoncé que toutes les restrictions sécuritaires mises en place dans le sud du pays durant les combats seraient levées dès 7h du matin et que les écoles seraient rouvertes – ce qui semble confirmer la conclusion d’un cessez-le-feu.

Cette trêve apparente, dont les termes n’ont pas encore été rendus publics, est survenue après plusieurs heures de calme et après qu’un cessez-le-feu qui avait été annoncé a été marqué par des tirs de roquettes et des frappes aériennes.

Dimanche dans la soirée, les médias en hébreu et arabe avaient fait savoir que les médiateurs égyptiens et desNations unies étaient sur le point de parvenir à une trêve entre l’Etat juif et les groupes terroristes de l’enclave côtière.

Les médias avaient cité un diplomate occidental qui avait affirmé que l’accord conclu entre les deux parties entrerait en vigueur aux alentours de minuit. L’envoyé des Nations unies au Moyen-Orient Nikolay Mladenov aurait participé aux pourparlers aux côtés de responsables égyptiens du renseignement.

Les personnels d’urgence israéliens évacuent une femme blessée par une attaque à la roquette dans la ville israélienne d’Ashdod, le 5 mai 2019 (Crédit : Ahmad GHARABLI / AFP)

Mais à minuit, l’armée israélienne continuait ses frappes à Gaza et les sirènes d’alerte à la roquette retentissaient encore dans tout le sud d’Israël. Une salve de roquettes tirée vers le secteur d’Ashkelon a par ailleurs été interceptée par le système du Dôme de fer. Il n’y a pas eu de blessés.

Les tirs de roquettes et les frappes aériennes se sont arrêtés à 2h du matin.

Selon les médias arabes, l’échec du premier cessez-le-feu a été dû au refus israélien de laisser entrer les fonds versés par le Qatar à Gaza. Le Hamas exigeait de pouvoir disposer de l’argent avant le début du mois sacré musulman du Ramadan, qui commence lundi dans les Territoires palestiniens ainsi que dans une grande partie du monde musulman.

Un responsable du Jihad islamique a dit à l’AFP que l’accord de trêve se basait sur l’allègement du blocus mis en place par Israël sur la bande de Gaza. Parmi les mesures, a-t-il continué, l’assouplissement des limites de la zone de pêche autorisée pour les pêcheurs palestiniens et l’amélioration de l’approvisionnement en électricité et en carburant pour les résidents de l’enclave côtière.

Israël n’a pas commenté les informations portant sur l’accord. Dans le passé, l’Etat juif a évité de confirmer la conclusion d’arrangements similaires avec les groupes terroristes de Gaza, allant même jusqu’à démentir des cessez-le-feu présumés qui devaient se maintenir ensuite pendant des jours, des semaines ou des mois.

Mais l’armée israélienne a annoncé lundi qu’elle levait toutes les mesures d’urgence pour les habitants du sud d’Israël, indiquant qu’elle n’attendait plus de tirs de roquettes depuis Gaza.

Le système de défense aérienne israélien du Dôme de fer élimine des roquettes tirées de Gaza près de Sderot, en Israël, le samedi 4 mai 2019. (Crédit : AP / Ariel Schalit)

Les écoles à Beer Sheva, Sdérot, Yavne et Kiryat Malachi ont annoncé qu’elles ouvriraient leurs portes lundi, comme à l’accoutumée. Les établissements situés dans les régions d’Eshkol, de Shaar Hanegev et de Sdot Negev, plus proches de Gaza, resteront fermés.

Dimanche soir, avant la trêve, les militaires israéliens ont fait savoir qu’ils avaient bombardé environ 40 « cibles terroristes » dans la bande de Gaza lors d’une dernière série de frappes aériennes, ce qui amène le nombre total de raids menés par l’armée à 320 au cours des dernières quarante-huit heures. Les avions israéliens auraient visé des sites liés au Hamas – à la tête de la bande de Gaza – et au Jihad islamique palestinien, soutenu par l’Iran et deuxième groupe terroriste le plus important de l’enclave.

En tout, en deux jours et en riposte aux tirs de roquettes, les militaires israéliens ont mené des centaines de frappes aériennes et terrestres – notamment l’assassinat ciblé d’un homme qui, selon Tsahal, livrait des fonds aux groupes terroristes de la bande pour le compte de l’Iran.

Les responsables palestiniens de la Santé ont fait savoir que 29 personnes avaient été tuées depuis vendredi, dont au moins onze terroristes, a-t-il été confirmé au Times of Israel.

Le cabinet de sécurité de haut-niveau s’est réuni pendant cinq heures dimanche pour une rencontre consacrée à ces violences qui ont tué quatre civils du côté israélien en seulement 24 heures – le bilan le plus meurtrier enregistré au sein de l’Etat juif depuis la guerre à Gaza de 2014.

Suite à la réunion, le bureau du Premier ministre a émis un bref communiqué disant que les militaires avaient reçu l’ordre « de continuer les frappes et de se préparer à ce qu’elles ne cessent pas ».

Des Palestiniens transportent un petit garçon blessé aux abords d’un hôpital à Beit Lahia, dans le nord de la bande de Gaza, le 5 mai 2019 (Crédit : ANAS BABA / AFP)

Le communiqué a ajouté que « la principale préoccupation [du gouvernement] est la sécurité de l’Etat et des citoyens ». Une phrase qui a semblé se référer aux affirmations de certains qui avaient clamé qu’Israël avait cédé aux exigences du Hamas et du Jihad islamique pour s’assurer que les combats cesseraient pour Yom HaZikaron, Yom HaAtsmaout, qui auront lieu dans la semaine, et avant le concours international de l’Eurovision, prévu à Tel Aviv du 14 au 18 mai.

Dimanche soir, en plus des quatre morts, au moins dix Israéliens avaient été blessés par des éclats de roquette, de missile et de mortier, selon les services du Magen David Adom.

Moshe Agadi, un père de quatre enfants âgé de 58 ans, aura été la première victime des combats. Blessé par des éclats d’obus lorsqu’une roquette s’est abattue sur son habitation d’Ashkelon vers deux heures et demi du matin, dimanche, il a été évacué vers le centre médical Barzilai de la ville et il a succombé à ses blessures.

Toujours à Ashkelon, dans la même journée, une roquette a frappé une usine, tuant Zaid al-Hamamdeh, un père de sept enfants de 47 ans, et blessant deux autres employés.

Un peu plus tard, un troisième homme, Moshe Feder, 60 ans, a été mortellement blessé après qu’un missile anti-tank s’est abattu sur sa voiture alors qu’il circulait sur la Route 34, à proximité de la communauté du kibboutz Erez, au nord de la frontière avec Gaza. Grièvement blessé à la jambe, il a perdu beaucoup de sang. Sa mort a été prononcée au centre médical Barzilai après des tentatives de réanimation vaines. Le Hamas a revendiqué l’attaque.

Dimanche soir, un quatrième homme a été tué après avoir été touché par un éclat de roquette alors qu’il courait vers un abri antiaérien dans la ville d’Ashdod, dans le sud du pays, ont raconté les médecins. Pinchas Menachem Prezuazman, 21 ans, laisse derrière lui une épouse et un fils. Il a été inhumé à Jérusalem.

Judah Ari Gross et l’AFP ont contribué à cet article.

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