Israël autorise le transfert de fonds qataris à Gaza, le Hamas refuse
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Israël autorise le transfert de fonds qataris à Gaza, le Hamas refuse

Après un blocage des fonds suite à des violences frontalières, le cabinet de sécurité israélien a toutefois décidé de laisser passer l'argent envoyé par le Qatar

Un Palestinien montre son argent après avoir reçu son salaire à Rafah dans le sud de la bande de Gaza, le 9 novembre 2018 (Crédit : Said Khatib/AFP)
Un Palestinien montre son argent après avoir reçu son salaire à Rafah dans le sud de la bande de Gaza, le 9 novembre 2018 (Crédit : Said Khatib/AFP)

Une assistance qatarie de plusieurs millions de dollars, objet de crispations entre Palestiniens et Israéliens, devrait être délivrée dans les prochains jours à Gaza où elle passe pour un important facteur d’apaisement, a indiqué jeudi une source diplomatique.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a décidé mardi soir de bloquer l’acheminement de 15 millions de dollars censés transiter par Israël et attendus depuis deux semaines dans la bande de Gaza, selon un responsable. Il agissait en représailles à un épisode de violences le même jour le long de la frontière et à des tirs en provenance de l’enclave palestinienne sur des soldats.

Le cabinet de sécurité israélien, forum restreint d’officiels autour du Premier ministre, a toutefois décidé mercredi de laisser passer l’argent envoyé par le Qatar, selon une source diplomatique.

Cette décision a été prise sous les encouragement de responsables de la Défense, qui soutiennent toute aide pouvant soulager la crise humanitaire à Gaza.

L’argent devrait être « autorisé à entrer à Gaza dans les prochains jours », a dit une source proche de Mohammed al-Emadi, ambassadeur du Qatar à Gaza.

Cependant, quelques minutes après la validation par le cabinet israélien, Khalil al-Hayya, un haut-responsable du Hamas, a annoncé que le groupe terroriste refusait le financement, estimant qu’Israël violait l’accord de cessez-le-feu négocié par l’armée égyptienne, l’envoyé de l’ONU Nickolay Mladenov et le Qatar, en reportant le transfert des fonds, censés rémunérer les fonctionnaires et les familles défavorisées à Gaza.

« Nous avons dit à [notre] frère l’ambassadeur que nous rejetons le troisième versement qatari en raison de la politique de l’occupant, qui a tenté d’hésiter et de ne pas se conformer à l’accord », a déclaré Hayya aux journalistes à Gaza. « Qu’ils endossent la responsabilité de cette hésitation et de ce chantage. »

Le responsable du Hamas a déclaré que le groupe terroriste avait notifié Mohammed al-Emadi, ambassadeur du Qatar, arrivé mercredi à Gaza.

M. Emadi est entré mercredi soir dans Gaza via Israël, mais sans l’argent, qui devrait arriver ultérieurement.

Le responsable du Hamas a déclaré qu’al-Emadi « comprenait » la refus du groupe terroriste.

Les tensions demeurent malgré un cessez-le-feu conclu en novembre par l’entremise de l’Egypte voisine.

On ignore encore comment le refus du Hamas affectera le cessez-le-feu officieux et si le Hamas rejetait l’ensemble des fonds ou seulement le versement de janvier.

Cette aide est censée pour contribuer à dissiper les tensions dans l’enclave palestinienne, soumise depuis plus de dix ans au contrôle du groupe terroriste palestinien du Hamas, entraînant de sévères restrictions israéliennes pour éviter tout détournement de matériel à des fins terroristes.  

Israël a accepté que le Qatar, rare soutien du Hamas, transfère à Gaza 90 millions de dollars en six tranches mensuelles pour payer les salaires de dizaines de milliers d’employés du Hamas et aider les pauvres, qui représentent la moitié de la population.

Deux premiers versements qataris ont eu lieu en novembre et décembre. Cependant, le Premier ministre israélien est contraint, en pleine période électorale, à un exercice délicat entre le risque d’un nouvel accès de fièvre à la frontière si l’argent n’est pas versé, et les accusations de ses adversaires qui lui reprochent de servir les intérêts du Hamas en permettant les transferts.

« Avec nos forces actives et nos factions, nos menons des efforts afin d’obtenir nos droits, qui nous ont été bafoués, sur la voie de la libération et du retour », a ajouté Hayya.

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