Général de Tsahal : le Liban « paiera le prix fort » pour son soutien au Hezbollah
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Général de Tsahal : le Liban « paiera le prix fort » pour son soutien au Hezbollah

Le chef du Commandement du nord a accusé le groupe terroriste soutenu par l'Iran d'avoir violé une résolution des Nations unies

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Le chef du commandement du nord de l'Armée, Amir Baram, s'exprime à une cérémonie en mémoire de la Deuxième guerre du Liban, le 11 juin 2019. (Crédit : Tsahal)
Le chef du commandement du nord de l'Armée, Amir Baram, s'exprime à une cérémonie en mémoire de la Deuxième guerre du Liban, le 11 juin 2019. (Crédit : Tsahal)

Mardi, le chef du Commandement du nord de Tsahal a menacé de mener des actions ouvertes et couvertes contre le groupe terroriste du Hezbollah et son pays de base, le Liban, en réaction à ses efforts pour renforcer son infrastructure terroriste le long de la frontière. Il s’agissait de la dernière déclaration en date de plus en plus belliqueuse d’un officier militaire de premier plan contre la milice libanaise soutenue par l’Iran.

Le général Amir Baram a accusé le Hezbollah d’avoir violé la résolution 1701 des Nations unies, qui avait mis un terme à la Deuxième guerre du Liban en 2006, en « construisant des infrastructures dans les villages juste ici de l’autre côté [de la frontière] et en essayant de nous menacer avec des forces d’attaque ».

Le chef du Commandement du nord a prévenu que dans une future guerre contre le groupe terroriste, le Liban allait probablement « payer le prix fort » pour avoir permis au Hezbollah de s’y enraciner.

« La loyauté du Hezbollah était et reste envers le guide suprême de l’Iran, et pas envers les citoyens du Liban. En conséquence directe de cela, la nation libanaise va payer le prix fort dans la prochaine campagne en raison de sa coopération avec le terrorisme chiite », a déclaré Amir Baram, en référence à l’islam pratiqué par le Hezbollah et l’Iran.

Ces propos ont été tenus lors d’une cérémonie de commémoration de la fin du 13e anniversaire de la Deuxième guerre du Liban. Ces remarques sont intervenues alors que le chef du renseignement militaire israélien s’est vanté que Jérusalem en savait plus sur le programme de roquette du Hezbollah que son chef, Hassan Nasrallah.

Les soldats israéliens couvrent leurs oreilles alors qu’ils tirent des obus d’artillerie dans le sud du Liban depuis l’extérieur de Kiryat Shmona, dans le nord d’Israël au cours de la seconde guerre du Liban, le 22 juillet, 2006. (Crédit : Pierre Terdjman / Flash90)

« Les 13 années qui se sont écoulées depuis la Deuxième guerre du Liban et la stabilité sécuritaire qu’elle a apportée à la région sont les meilleurs preuves de la capacité de dissuasion apportée par la guerre », a-t-il dit.

La résolution 1701 des Nations unies exige que tous les groupes armés en dehors de l’armée libanaise restent au-dessus de la rivière Litani du pays. Israël affirme que le Hezbollah est en constante violation de cette clause, et que le groupe terroriste conserve un pourcentage important de son arsenal fort de 100 000 roquettes et obus de mortier dans le sud Liban, tout en menant des patrouilles et d’autres activités militaires le long de la frontière.

Fin 2018 et début 2019, Israël a mis au jour au moins six tunnels transfrontaliers creusés par le Hezbollah depuis le sud du Liban vers Israël. Selon l’armée, le Hezbollah avait prévu d’utiliser des tunnels pour enlever ou tuer des civils ou des soldats, et pour capturer une partie du territoire israélien en cas d’hostilités. La force de maintien de la paix de la FINUL a confirmé que ces tunnels constituaient une violation de la résolution 1701, mais n’a pas identifié le Hezbollah comme le groupe responsable de ces tunnels.

« Israël ne permettra pas au [Hezbollah] de mettre en œuvre les plans et les ambitions destructrices de son chef, l’Iran », a déclaré Baram.

Des partisans du Hezbollah font le salut nazi lors d’un rassemblement pour marquer la journée al-Qods à Beyrouth, au Liban, le 31 mai 2019. (AP Photo/Hassan Ammar)

« Nous continuerons à contrecarrer les efforts du Hezbollah à menacer notre sécurité à la fois de manière visible et plus discrète, dès que nécessaire. Et si on nous impose une guerre, nous ferons payer un prix fort à cette organisation et à ceux qui la soutiennent – où qu’il le faille », a-t-il dit.

L’armée israélienne considère que le Hezbollah soutenu par l’Iran est l’un de ses ennemis les plus sérieux. Le groupe terroriste dispose d’un arsenal de roquettes plus important que de nombreux pays et d’une grande expérience de combat acquise pendant ses années à combattre dans la guerre civile syrienne au nom du dictateur Bashar el-Assad.

Des analystes anticipent qu’une future guerre avec le Hezbollah serait dévastatrice aussi bien pour Israël que pour le Liban. L’arsenal massif de roquettes et d’obus de mortier du Liban pourrait bien dépasser les capacités de défense aérienne de l’armée israélienne, entraînant probablement un grand nombre de victimes israéliennes, et le pratique du groupe terroriste de combattre à l’intérieur de zones densément peuplées entraînerait probablement des pertes civiles libanaises très lourdes.

Israël a combattu deux guerres au Liban, une en 1982 contre des groupes terroristes palestiniens, et une autre en 2006 contre le Hezbollah, mais aussi un nombre d’opérations plus réduites.

Même si la situation à la frontière est tendue, aucun affrontement significatif n’a été observé depuis la fin de la guerre de 2006.

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