HaYamin HaHadash et l’Union nationale s’unissent finalement
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HaYamin HaHadash et l’Union nationale s’unissent finalement

"La porte reste ouverte" à la faction Habayit HaYehudi de Rafi Peretz qui fulmine, disant que l'accord d'unité entraînera "l'éclatement du sionisme religieux"

De gauche à droite : Naftali Bennett, Ayelet Shaked et Bezlale Smotrich lors d'un événement de campagne dans l'implantation d'Elkana, en Cisjordanie, le 21 août 2019. (Crédit : Ben Dori/Flash90)
De gauche à droite : Naftali Bennett, Ayelet Shaked et Bezlale Smotrich lors d'un événement de campagne dans l'implantation d'Elkana, en Cisjordanie, le 21 août 2019. (Crédit : Ben Dori/Flash90)

HaYamin HaHadash et l’Union nationale ont annoncé, mardi, qu’ils se présenteraient finalement sur une liste conjointe au cours des prochaines élections nationales, appelant la faction nationale-religieuse HaBayit HaYehudi à les rejoindre.

Cette annonce a eu lieu après la rupture des négociations de fusion entre l’Union nationale et HaBayit HeYehudi, alors que les deux formations étaient proches d’un accord. Elle survient également vingt-quatre heures après la promesse de HaYamin HaHadash de se présenter seul lors du scrutin du 2 mars.

L’Union nationale a appelé le leader de HaBayit HaYehudi, Rafi Peretz, à les rejoindre, indiquant que « la porte reste ouverte » pour son parti.

« Nous avons pris une initiative importante et significative ce matin, et avec l’aide de Dieu, nous mettrons en œuvre dans les heures à venir une union complète en nous associant avec HaBayit HaYehudi », a déclaré Bezalel Smotrich, dirigeant de l’Union nationale, dans un communiqué conjoint émis par les partis.

Les responsables de HaYamin HaHadash, Naftali Bennett et Ayelet Shaked, ont également appelé Peretz et sa formation à s’allier à eux.

« Nous avons ouvert la marche vers une grande union de la droite idéologique et du sionisme religieux », a clamé Bennett.

Le leader de HaBayit HaYehudi Rafi Peretz, (à gauche), avec Itamar Ben Gvir, de la formation extrémiste Otzma Yehudit, le 20 décembre 2019. (Autorisation)

Le Foyer juif uni, qui regroupe HaBayit HaYehudi et Otzma Yehudit, une faction d’extrême-droite, a réagi avec colère à l’accord d’unité conclu entre HaYamin HaHadash et l’Union nationale.

« Le vrai visage de Bezalel Smotrich et de Naftali Bennett a été exposé – celui de l’éclatement du sionisme religieux », a dénoncé le parti dans un communiqué.

Le communiqué reproche à HaYamin HaHadash et l’Union nationale d’avoir « heurté tout le camp de droite », désignant Smotrich spécifiquement dans ses critiques.

« Soudainement, des primaires ouvertes, une compétition démocratique ou la fusion des partis n’intéressent plus Bezalel – seulement le siège déjà chaud de HaYamin HaHadash », a accusé HaBayit HaYehudi.

Le Foyer juif uni a fait savoir qu’il annoncerait rapidement ses prochaines initiatives.

Les formations ont jusqu’à mercredi minuit pour finaliser leur liste électorale.

Dans un communiqué séparé, Otzma Yehudit a affirmé que Smotrich avait rompu les pourparlers entre son parti et HaBayit HaYehudi en raison du refus opposé par ce dernier de donner la quatrième place sur la liste conjointe à un député de l’Union nationale plutôt que la cinquième.

Cet accord place Peretz dans un dilemme considérable, Bennett souhaitant, selon de nombreuses informations, intégrer HaBayit HaYehudi, mais refusant Otzma Yehudit. Rester aux côtés du parti d’extrême-droite fait courir le risque à HaBayit HaYehudi de ne pas franchir le seuil d’éligibilité tandis qu’abandonner Otzma Yehudit pourrait nuire à la crédibilité de Peretz.

Le ministre de l’Éducation, Rafi Peretz, lors d’une réunion d’une faction de son parti à la Knesset, Jérusalem, le 11 novembre 2019. (Hadas Parush/Flash90)

L’Union nationale et HaBayit HaYehudi étaient sur le point de signer un accord d’unité, mais Smotrich avait donné pour instruction à ses négociateurs de quitter les pourparlers après avoir accusé HaBayit HaYehudi de renier son engagement à dissoudre les comités centraux respectifs des formations pour mettre en place une seule instance interne qui aurait la charge de prendre des décisions futures pour le parti.

HaBayit HaYehudi avait démenti avoir fait marche arrière par rapport à l’accord et avait ajouté rester attaché à un arrangement.

Bennett avait promis, lundi, de se présenter en indépendant lors du prochain scrutin et avait rencontré le chef de Zehut, Moshe Feiglin, pour tenter de le convaincre de rejoindre HaYamin HaHadash dans la soirée de lundi.

Le chef du parti Zehut, Moshe Feiglin, est aperçu sur le marché Mahane Yehuda de Jérusalem, lors d’une visite de campagne électorale, le 4 avril 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)

L’intéressé a rejeté l’offre, conduisant Bennett à reconsidérer la possibilité de fusionner avec Smotrich, a fait savoir un responsable proche des négociations au Times of Israel.

Zehut, qui combine nationalisme d’extrême droite et libertarisme, s’était présenté au mois d’avril dernier, échouant toutefois à franchir le seuil d’éligibilité.

Bennett avait semblé abandonner la possibilité d’une large alliance de partis national-religieux à la droite du Likud, annonçant lundi que HaYamin HaHadash se présenterait en tant que formation « de droite idéologique et libérale » lors du vote du mois de mars.

L’année dernière, Smotrich s’était exprimé en faveur d’un État juif gouverné par la loi religieuse, ajoutant que les valeurs libérales enfreignaient les droits des religieux israéliens.

Ces dernières semaines, le Premier ministre Benjamin Netanyahu encourage HaYamin HaHadash, HaBayit HaYehudi, l’Union nationale et Otzma Yehudit, d’Itamar Ben Gvir, à se présenter sur une liste unie réunissant partis de droite et national-religieux pour éviter un scénario dans lequel une formation ou plus de ces petites factions échouerait à franchir le seuil d’éligibilité.

Bennett, à l’inverse, a maintenu que le bloc de droite était suffisamment important pour soutenir deux partis nationalistes-religieux à la droite du Likud de Netanyahu l’un d’entre eux légèrement plus modéré sur les questions sociales et faisant campagne sur la notion d’un partenariat religieux-laïcs, comme l’a fait HaYamin HaHadash, et une autre, plus expressément religieux et plus dur dans le domaine social.

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