Smotrich récidive : « Israël devrait être régi par la Torah » ; Liberman fulmine
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Smotrich récidive : « Israël devrait être régi par la Torah » ; Liberman fulmine

Le député de la Droite unie affirme qu'il aspire à un Etat religieux, réitérant des propos controversés tenus en juin ; le chef de Yisrael Beytenu juge ces remarques "incroyables"

Bezalel Smotrich, ministre des Transports et chef du parti d'Union nationale, s'exprime lors d'une conférence à l'université d'Ariel en Cisjordanie, le 20 juin 2019. (Sraya Diamant/Flash90)
Bezalel Smotrich, ministre des Transports et chef du parti d'Union nationale, s'exprime lors d'une conférence à l'université d'Ariel en Cisjordanie, le 20 juin 2019. (Sraya Diamant/Flash90)

Le ministre des Transports Bezalel Smotrich s’est à nouveau montré lundi en faveur d’un Israël régi par la loi religieuse, réitérant des propos controversés et s’attirant les foudres d’Avigdor Liberman, chef du parti Yisrael Beytenu.

« Nous voudrions tous que l’Etat agisse conformément à la Torah et la halakha », a déclaré Smotrich durant une conférence des rabbins à Jérusalem, en employant le terme hébraïque désignant la loi juive.

Mais le député nationaliste, membre de la Droite unie, a déclaré que ce n’était pas encore faisable parce qu’il y a « d’autres personnes qui pensent différemment et nous devons les contenter ». Il a affirmé que même les rabbins progressistes de la communauté sioniste religieuse étaient d’accord avec lui.

Smotrich a déclaré qu’en tant que ministre des Transports, ils cherchera à faire interrompre les travaux de construction, d’infrastructure et d’entretien pendant Shabbat, et a défendu l’ingérence de l’Etat dans les mariages et les divorces.

« L’Etat s’implique dans nos vies chaque jour », a-t-il dit. « La question n’est pas de savoir si l’Etat est autorisé à s’impliquer et à déterminer qui je peux aimer et qui je peux épouser, parce que c’est ce qu’il fait tout le temps, comme par exemple en interdisant l’inceste. La question est de savoir si cela importe suffisamment au public pour justifier son application. »

Il a ajouté que les valeurs libérales allaient à l’encontre des droits des Israéliens religieux, notamment leurs droits à avoir des espaces où hommes et femmes sont séparés, et de cette manière, « nous avons également un droit à faire appliquer, à la condition que nous sachions nous expliquer et convaincre les autres que c’est justifié. »

Liberman a fustigé Smotrich pour ses propos.

« C’est incroyable qu’une fois de plus, sans sourciller, le ministre Smotrich déclare que si cela ne tenait qu’à à lui et à ses comparses, il abrogerait toutes les lois de l’Etat d’Israël et nous imposerait un État halakhique. »

Le leader de Yisrael Beytenu Avigdor Liberman à Tel Aviv, le 30 juillet 2019 (Crédit : Tomer Neuberg/ Flahs90)

« J’ai quelque chose à vous annoncer : vous n’aurez pas besoin de nous contenter, parce que le 18 septembre, nous établirons un gouvernement national large et progressiste, sans vous et sans quiconque tente de nous imposer un Etat halakhique », a déclaré Liberman, faisant référence au lendemain des élections nationales prévues le 17 septembre.

Smotrich a répondu à ces critiques dans un communiqué mardi matin. Il a affirmé que les médias avaient déformé ses propos, en mettant l’accent sur son souhait de voir un Etat régi par la Torah, tout en minimisant sa clarification sur le fait que cela était impossible à l’heure actuelle.

« C’est assez frustrant de voir avec quelle facilité on peut déformer ce que quelqu’un dit et en faire un gros titre », a-t-il tweeté, avec une capture d’écran d’un article publié sur le site Ynet.

« Je comprends Avigdor Liberman, un gauchiste cynique avec zéro-crédibilité et zéro accomplissement. Qu’a-t-il à par des mensonges et des différends ? Mais Ynet s’acharne à perdre le peu de crédibilité qui lui reste – et j’ai du mal à comprendre cela », a-t-il écrit.

Le parti de Smotrich, la Droite unie, s’est fait l’écho du député, dans un communiqué déplorant un « lynchage médiatique ».

« Le ministre Smotrich a parlé la nuit dernière lors d’une conférence sur ses croyances personnelles, et a, dans le même temps, souligné qu’il ne peut pas et ne souhaite pas les imposer à d’autres », indique le communiqué. « Quiconque l’a écouté a clairement entendu qu’il a dit que nous devons vivre ensemble et prendre en compte l’ensemble de la population, dans le respect plutôt que dans la coercition. »

(De gauche à droite) Ayelet Shaked, Naftali Bennett, Bezalel Smotrich et Rafi Peretz annonçant une fusion entre partis de droite religieuse, le 29 juillet 2019. (Autorisation)

« Le lynchage médiatique dont il fait l’objet est une façon, pour la gauche, Liberman et une partie spécifique des médias, de le réduire au silence. Ils sont motivés par leur haine du judaïsme et leurs intérêts politiques. « La liberté d’expression n’est pas unilatérale. »

Smotrich avait déjà exprimé des positions similaires au début du mois de juin, alors qu’il aspirait à remplacer Ayelet Shaked au ministère de la Justice. Il avait déclaré que le pays devrait aspirer à se gouverner comme « au temps du roi David ».

« Nous voulons le portefeuille de la Justice parce que nous voulons restaurer le système de justice de la Torah », avait déclaré Smotrich quelques heures après que le Premier ministre Benjamin Netanyahu a limogé Ayelet Shaked.

Smotrich avait déclaré à la radio publique Kan que « le peuple juif est un peuple spécial qui a besoin de vivre selon la Torah ».

Le Premier ministre avait fustigé les propos de Smotrich. « L’Etat d’Israël ne sera pas un Etat religieux », avait tweeté Netanyahu.

Après ces propos, Netanyahu a placé Amir Ohana, un fidèle député du Likud au ministère de la Justice, suscitant la colère de l’Union des partis de droite.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu prend la parole lors d’une conférence organisée par le journal « Israel Hayom » dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 27 juin 2019. (Aharon Krohn/Flash90)

Les propos de Smotrich avaient également était critiqués par Tamar Zandberg du Meretz et Yair Lapid de Kakhol lavan.

A ce moment, Liberman avait déclaré que « ce ne sont plus des propos venant d’un jeune des collines délirant, mais une déclaration d’intention » a-t-il dénoncé, faisant référence aux ultra-nationalistes de Cisjordanie.

« Nous empêcherons cela, nous ne tendrons pas la main à ces efforts. La loi juive est une part importante et essentielle du système judiciaire israélien, mais la loi israélienne ne peut pas devenir celle de la Torah. »

Liberman avait refusé de rejoindre la coalition de Netanyahu en raison d’un désaccord sur le projet de loi de l’enrôlement des ultra-orthodoxes, tout en soulignant que son parti laïc de droite s’opposera à un Etat halakhique.

Quand il a été nommé ministre des Transports, en juin, Smotrich avait dit qu’il « travaille pour Dieu » – et non pour le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à l’origine de sa nomination.

L’Union des partis de droite, dont Smotrich fait partie, a conclu le 29 juillet un accord pour fusionner avec HaYamin HaHadash, de Shaked. Les deux partis, regroupés sous le nom de Droite unie, comptent dans leur rang Shaked, et l’ancien ministre de l’Education Naftali Bennett, aux côtés de HaBayit HaYehudi et l’Union nation, les factions qui composaient l’Union des partis de droite. Rafi Peretz, ministre de l’Education, issu de l’Union des partis de droite, est numéro deux sur la liste, suivi par Smotrich. Bennett est quatrième, suivi de de Moti Yogev et Ofir Sofer, de l’Union des partis de droite. Les derniers sondages suggèrent que la Droite unie obtiendra 11 sièges.

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