Heda Yazbak disqualifiée, mais le dernier mot revient à la Cour suprême
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Heda Yazbak disqualifiée, mais le dernier mot revient à la Cour suprême

L'élue de la Liste arabe unie est accusée d'avoir soutenu des terroristes

Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

L'élue de la Liste arabe unie Heba Yasbak lors de l'examen d'un recours déposé à la Commission centrale électorale pour l'empêcher de se présenter aux prochaines élections israéliennes à la Knesset, le 29 janvier 2020. Photo par Yonatan Sindel/Flash90
L'élue de la Liste arabe unie Heba Yasbak lors de l'examen d'un recours déposé à la Commission centrale électorale pour l'empêcher de se présenter aux prochaines élections israéliennes à la Knesset, le 29 janvier 2020. Photo par Yonatan Sindel/Flash90

Mercredi, la commission centrale électorale a voté en faveur de la disqualification de l’élue Heba Yazbak de la Liste arabe unie qui ne pourra donc pas pour le moment se présenter aux élections du 2 mars.

Votant à 27 contre 7, la commission, dirigée par un juge de la Cour suprême et composée de représentants des partis politiques de la Knesset sortante, a approuvé un recours déposé contre Yazbak par l’élu du Likud Ofir Katz. Ce dernier avait fait valoir qu’elle avait « systématiquement », pendant des années, soutenu des terroristes et des espions qui ont commis des crimes horribles contre l’Etat d’Israël et ses habitants ».

Les lois électorales israéliennes interdisent à quiconque soutenant ouvertement un conflit armé contre Israël ou incitant au racisme de se présenter à la Knesset.

« Il n’y a pas de place à la Knesset pour ceux qui soutiennent le meurtrier d’une petite fille de quatre ans à coups de crosse de fusil, les espions des terroristes du Hezbollah et les terroristes qui abattent des civils », affirmait le recours.

Yazbak, membre du parti arabe nationaliste Balad inclus dans la Liste arabe unie, a été critiquée pour deux publications sur Facebook. Dans une publication datant de 2015, elle avait salué le terroriste libanais Samir Kunter, qui avait pris part au meurtre brutal d’une famille israélienne dans la ville du nord de Nahariya. Dans un autre message publié sur le réseau social, elle s’était félicitée de la fin de la peine de neuf ans de prison d’Amir Makhol, qui avait plaidé coupable d’avoir transmis des informations sensibles au groupe terroriste du Hezbollah.

Elle a également été critiquée pour des déclarations que certains ont perçues comme cautionnant la violence à l’encontre des soldats israéliens.

La Commission centrale électorale examine un recours pour interdire à la députée Heba Yazbak de se présenter aux élections israéliennes de mars 2020, le 29 janvier 2020. (Yonatan Sindel/Flash90 )

S’exprimant devant la commission, Yazbak a qualifié ces affirmations « d’absurdes » et a déclaré que les attaques portées contre elle « se basaient sur le racisme ».

« Je n’ai jamais appelé à la violence. Je n’ai pas non plus salué le recours à la violence, a-t-elle dit, en référence à ces messages Facebook. La lutte contre la violence est la seule chose associée à la violence que j’ai faite dans ma vie ».

Fustigeant la commission comme ayant « clairement une orientation politique », elle a qualifié son interdiction de « tentative d’empêcher les membres arabes de la Knesset de faire valoir l’un des droits les plus fondamentaux – le droit de voter et d’être élu ».

« Des forces obscures dans le pays transforment une femme qui a lutté toute sa vie pour les valeurs de vie, de justice et de paix, en soutien du terrorisme, uniquement parce qu’elle défend une vision politique et un objectif électoral. Mais ce monstre créé par la droite n’existe tout simplement pas », a-t-elle lancé.

Dans le même temps, Yazbak a souligné qu’elle ne « resterait pas silencieuse dans sa lutte pour la justice et la paix » et que « toutes les tentatives visant à museler le véritable débat politique ne passeront pas ».

« Même si pendant des années la plupart des politiciens ont piétiné, bâillonné et rendu illégitime le récit palestinien authentique, il ne sera pas effacé ou oublié. Le simple fait que ce récit est piétiné ne signifie pas qu’il n’existe pas », a-t-elle dit.

Presque tous les élus juifs de la Knesset ont soutenu les efforts pour disqualifier Yazbak, dont le parti centriste Kakhol lavan et des élus de l’Alliance de gauche Labor-Gesher-Meretz.

Malgré le vote, toute décision de la commission d’interdire à un candidat de concourir doit être confirmée par la Cour suprême. Cette dernière devrait probablement suivre la position du Procureur général Avichai Mandelblit, selon laquelle Yazbak ne devrait pas être empêchée de se présenter.

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