Hommage à Marceline Loridan-Ivens à la Cinémathèque de Jérusalem
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Hommage à Marceline Loridan-Ivens à la Cinémathèque de Jérusalem

8 films, courts et longs métrages, programmés du 15 au 26 septembre en hommage à la cinéaste française, résistante et rescapée de la Shoah, décédée l'an dernier

Marceline Loridan-Ivens. (Photo: Facebook)
Marceline Loridan-Ivens. (Photo: Facebook)

Du 15 au 26 septembre, la Cinémathèque de Jérusalem, avec le soutien de l’Institut français d’Israël, a programmé 8 films, courts et longs métrages, en hommage à la cinéaste française Marceline Loridan-Ivens, née Marceline Rozenberg.

Résistante, rescapée de la Shoah, réalisatrice engagée et écrivaine, elle est décédée le 18 septembre 2018, à Paris, à l’âge de 90 ans. L’évènement marquera ainsi le premier anniversaire de sa mort.

« Cette programmation nous permettra de plonger dans l’univers d’une femme engagée, militante, passionnée et furieusement vivante qui, rescapée d’Auschwitz, n’a eu de cesse jusqu’à sa mort l’année dernière d’apporter son témoignage sur la Shoah », écrit l’Institut français sur son site.

Parmi les films programmés, on retrouve notamment « La petite prairie aux bouleaux » (2002), « Algérie, année zéro » (1962) ou encore « Chronique d’un été » (1961).

Le programme complet et les réservations sont disponibles sur le site de la Cinémathèque de Jérusalem.

Sœur de souffrance de Simone Veil, Marceline Loridan-Ivens a passé sa vie à dénoncer l’injustice.

Née le 19 mars 1928 à Epinal, dans les Vosges, de parents juifs polonais, émigrés en France dix ans plus tôt pour échapper aux pogroms, elle est arrêtée par la Gestapo en février 1944 après être entrée dans la Résistance au début de la Seconde Guerre mondiale. Elle est ensuite déportée à Auschwitz-Birkenau en avril 1944.

Après une phase de « grand silence » sur sa déportation – « il fallait se geler de l’intérieur pour survivre », disait-elle -, Marceline Loridan-Ivens avait décidé de témoigner, sans jamais plus s’arrêter.

Dans un témoignage enregistré – comme celui de nombreux autres anciens déportés – au Mémorial de la Shoah à Paris, Marceline Loridan-Ivens avait dépeint sa descente aux enfers : les sélections faites par le docteur Mengele, les fosses communes qu’elle doit creuser pour les Juifs hongrois massivement assassinés à l’été 44, un épisode dont elle dira avoir tout oublié jusqu’à ce qu’une camarade le lui rappelle.

Après une ultime sélection devant Mengele, elle fait partie des déportés qui seront évacués par les nazis, à l’approche de l’Armée Rouge, vers le camp de Bergen-Belsen puis à Theresienstadt, près de Prague.

Rapatriée en France, pour « reconquérir (sa) liberté » loin d’une mère avec qui elle ne parvient pas à s’entendre, loin aussi d’une famille détruite, elle épouse en 1952 Francis Loridan. Elle ne restera pas avec lui mais gardera son nom.

C’est à Saint-Germain-des-Prés qu’elle finit de grandir, dans « ce monde de la pensée, de la modernité et de la poésie ». Elle fréquente la Cinémathèque, tape des manuscrits pour Roland Barthes, fait la connaissance d’Edgar Morin qui l’entraîne dans le tournage d’un film en 1961 avec Jean Rouch, « Chronique d’un été ».

C’est par ce film qu’elle entre dans le monde du cinéma. Elle tournera l’année suivante son premier documentaire, « Algérie année zéro », avec son compagnon Jean-Pierre Sergent.

Elle rencontre ensuite celui qui sera son second mari, Joris Ivens, un cinéaste néerlandais de vingt ans son aîné, avec qui elle partira au Vietnam en pleine guerre. Ils tourneront « 17ème parallèle ». Suivront ensuite une longue série de films sur la Chine de Mao dont ils seront de fervents partisans jusqu’en 1975.

En 2003, elle a réalisé « La Petite Prairie aux bouleaux », avec Anouk Aimée, un film de fiction sur le retour d’une déportée à Birkenau – qui s’inspire de son propre parcours.

Si ses parents avaient tenu à lui donner un prénom français, le second, Meriem, était yiddish – et c’est celui-là qu’elle choisira pour Anouk Aimée dans son film qu’elle disait avoir porté pendant 40 ans.

Elle continuera à témoigner lors de conférences, dans des collèges et des lycées, jusqu’à la fin de sa vie. Elle a été promue officier de la Légion d’honneur en 2011 et chevalier de l’ordre du Mérite national en 2015.

La plaque de la promenade en hommage à Marceline Loridan-Ivens dans les 6 et 7e arrondissements parisiens. (Crédit photo : Paris.fr)

En mai dernier, la maire de Paris Anne Hidalgo a inauguré une promenade en hommage à Marceline Loridan-Ivens.

« Marceline Loridan-Ivens a passé sa vie à dénoncer l’injustice et la violence. Afin de rendre hommage à cette femme témoin de notre histoire et pour que son combat continue d’être porté, une promenade située dans le Parc des Rives de Seine portera dorénavant son nom », avait alors témoigné la mairie de Paris sur son site.

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