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Hongrie : Un député du parti au pouvoir reconnait l’utilisation de Pegasus

Le gouvernement du Premier ministre nationaliste Viktor Orban avait jusqu'à présent refusé de confirmer qu'il avait utilisé le logiciel espion israélien

Le logiciel d'espionnage Pegasus (capture d'écran Youtube - The Guardian)
Le logiciel d'espionnage Pegasus (capture d'écran Youtube - The Guardian)

La Hongrie a bien utilisé le logiciel-espion israélien Pegasus, a admis jeudi un député du parti au pouvoir, tout en affirmant que cela n’avait pas été pour espionner illégalement des citoyens hongrois.

La Hongrie était le seul pays de l’UE figurant sur la liste publiée en juillet par un consortium de journalistes d’investigation comme utilisateur potentiel de ce logiciel d’espionnage, avec des centaines de cibles, dont des journalistes, des avocats et d’autres personnalités publiques.

Les smartphones infectés par Pegasus se transforment en dispositifs d’espionnage, permettant à l’utilisateur de lire les messages de sa cible, de regarder ses photos, de suivre sa localisation et même de mettre en marche son appareil photo à son insu.

Le gouvernement du Premier ministre nationaliste Viktor Orban avait jusqu’à présent refusé de confirmer qu’il avait utilisé Pegasus.

Mais Lajos Kosa, député du parti au pouvoir Fidesz, a répondu « oui » jeudi lorsqu’un journaliste hongrois lui a demandé si le ministère de l’Intérieur avait acheté ce logiciel controversé.

« Je n’y vois rien de répréhensible », a déclaré M. Kosa, qui préside une commission parlementaire sur la Défense, lors d’une audition de la commission.

« Le plus souvent, les grandes firmes technologiques mettent en place une surveillance bien plus serrée que ce que fait l’État hongrois », a-t-il ajouté.

Il a ajouté que le ministère de l’Intérieur, en utilisant ce logiciel, n’avait violé les droits d’aucun citoyen hongrois.

Le ministre de l’Intérieur Sandor Pinter a assuré à la commission parlementaire que les services de sécurité l’avaient employé dans un cadre légal, avec la permission d’un juge ou du ministre de la Justice.

Une membre de la commission faisant partie de l’opposition, Agnes Vadai, a indiqué à la presse que M. Pinter avait refusé de confirmer ou de démentir que des journalistes ou des politiciens avaient été surveillés grâce à Pegasus.

Les États-Unis viennent de placer NSO, qui a développé Pegasus, sur leur liste noire des entreprises menaçant la sécurité nationale.

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