Inculpation d’un policier accusé d’avoir battu des manifestants ultra-orthodoxes
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Inculpation d’un policier accusé d’avoir battu des manifestants ultra-orthodoxes

Selon l'acte d'accusation, le fonctionnaire, qui travaillait à Jérusalem, aurait attaqué des manifestants opposés au service militaire à deux reprises

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Des manifestants ultra-orthodoxes se heurtent à la police lors d'une manifestation contre l'arrestation d'un homme qui a refusé de faire son service militaire, près du bureau de recrutement de l'armée à Jérusalem, le 17 septembre 2017 (Yonatan Sindel / Flash90)
Des manifestants ultra-orthodoxes se heurtent à la police lors d'une manifestation contre l'arrestation d'un homme qui a refusé de faire son service militaire, près du bureau de recrutement de l'armée à Jérusalem, le 17 septembre 2017 (Yonatan Sindel / Flash90)

Ce dimanche, le département des enquêtes internes de la police du ministère de la Justice a inculpé un officier soupçonné d’avoir battu des manifestants lors d’un rassemblement contre la conscription des hommes ultra-orthodoxes.

L’acte d’accusation, déposé devant le tribunal de première instance de Jérusalem contre l’officier du commissariat de Lev Habira, portait sur deux différentes manifestations organisées l’année dernière, a indiqué le ministère de la Justice dans un communiqué. À l’époque, des manifestations – souvent violentes – étaient régulièrement organisées à Jérusalem et dans d’autres villes par le public ultra-orthodoxe opposé à la conscription.

Dans la première affaire, la victime présumée du policier participait à une manifestation dans le quartier de Kikar Shabbat, dans la capitale, lorsqu’un autre manifestant a lancé une insulte raciste à un policier d’origine éthiopienne qui aidait au dispersement du rassemblement. Selon l’acte d’accusation, l’accusé pensait apparemment que la victime était l’auteur de l’insulte et, après l’avoir traîné sur le côté, l’a frappé à deux reprises et lui a dit : « T’as compris ? »

La vidéo amateur de l’agression a été partagée sur les réseaux sociaux.

Dans la seconde affaire, le policier avait été déployé sur une manifestation survenue également à Kikar Shabbat, organisée contre l’arrestation d’un réfractaire ultra-orthodoxe au service militaire. Lors de l’évènement, des manifestants ont bloqué la circulation et lancé des pierres, des bouteilles et d’autres objets.

Des manifestants ultra-orthodoxes affrontent la police lors d’une manifestation contre l’arrestation d’un étudiant juif qui n’a pas respecté un ordre de conscription, à côté du bureau de recrutement de l’armée à Jérusalem, le 4 janvier 2017 (Yonatan Sindel / Flash90)

L’accusé, qui a été blessé dans les affrontements, avait pour mission, avec ses collègues, de disperser les manifestants. Selon l’acte d’accusation, il aurait donné des coups de pied et des coups de genoux à trois reprises à des manifestants traînés dans la rue par d’autres officiers.

L’agent est accusé d’agression lors des deux manifestations.

Dans un communiqué publié dimanche, Itamar Ben-Gvir, l’avocat représentant l’une des victimes ultra-orthodoxes qui a déposé la plainte initiale contre le policier, a qualifié l’acte d’accusation de « premier pas, mais qui n’est pas encore suffisant ».

Ben-Gvir a appelé à la révocation de l’officier de police, affirmant que l’utilisation de la violence par les forces de l’ordre contre des civils innocents ne devrait pas être tolérée.

L’enrôlement ultra-orthodoxe est un sujet controversé en Israël et des membres de la communauté haredi ont organisé des manifestations hebdomadaires, parfois quotidiennes, contre le projet.

La question s’articule autour d’un débat vieux de plusieurs décennies sur la question de savoir si les jeunes hommes ultra-orthodoxes qui étudient dans les yeshivas devraient se soumettre au service militaire obligatoire, comme le reste de la population juive d’Israël. Après avoir atteint l’âge de 18 ans, les hommes doivent servir durant 32 mois et les femmes durant 24 mois.

L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.

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