Iran : Des inspectrices de l’ONU auraient été harcelées dans une usine nucléaire
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Iran : Des inspectrices de l’ONU auraient été harcelées dans une usine nucléaire

Le "Wall Sreet Journal" rapporte que des gardiens de sécurité auraient touché de manière inappropriée des inspectrices de l'AIEA, leur demandant également d'ôter leurs vêtements

Des images de l'installation nucléaire de Natanz diffusées par la télévision d'État iranienne, le 17 avril 2021. (Capture d'écran/Twitter)
Des images de l'installation nucléaire de Natanz diffusées par la télévision d'État iranienne, le 17 avril 2021. (Capture d'écran/Twitter)

Des gardiens iraniens auraient harcelé sexuellement à plusieurs reprises, ces derniers mois, des inspectrices de l’Agence internationale de l’Énergie atomique (AIEA) des Nations unies à l’usine nucléaire de Natanz, selon un article publié mardi dans le Wall Street Journal.

Au cours de ces incidents, ces femmes auraient été touchées de manière inappropriée par des gardiens de sécurité. L’un d’entre eux aurait demandé à des inspectrices d’enlever certains vêtements, a noté l’article qui a cité des diplomates qui n’ont pas été identifiés.

Dans un communiqué émis en réponse à l’article, l’AIEA a confirmé que des faits inappropriés avaient bien eu lieu, sans donner davantage de détails.

« L’agence a immédiatement et fermement soulevé ce problème avec l’Iran, pour expliquer de manière très claire et sans équivoque que de tels incidents impliquant des personnels de l’agence étaient inacceptables et qu’ils ne devaient en aucun cas se reproduire. L’Iran a fourni des explications liées au renforcement des procédures de sécurité suite aux événements qui ont eu lieu dans une usine du pays », a expliqué un porte-parole de l’Agence internationale de l’Énergie atomique. « Et, en résultat de cet échange entre l’agence et l’Iran, il n’y a plus eu d’incident de ce type. »

L’ambassadeur iranien à l’IAEA, Kazem Gharibabadi, a écrit sur Twitter, suite à l’article, que les mesures de sécurité « mises en place dans les usines nucléaires avaient été raisonnablement renforcées. Les inspecteurs de l’Agence ont graduellement proposé de nouvelles règles et régulations ».

Un diplomate a confié au journal que sept incidents distincts de harcèlement avaient eu lieu. Le tout premier s’est produit au début du mois de juin et le plus récent au cours des dernières semaines, a-t-il indiqué.

L’usine d’enrichissement nucléaire iranienne à Natanz, en Iran. (Crédit : AP Photo/Hasan Sarbakhshian)

« De ce que j’ai compris, il y a eu des attouchements sur différents endroits du corps, à des endroits sensibles et ailleurs », a déclaré un diplomate proche du dossier. Un autre a évoqué « l’humiliation totale » de l’une de ses collègues.

Ces faits ont amené les États-Unis à faire circuler une note parmi les membres de l’AIEA, cette semaine, demandant que ce phénomène cesse.

« Le harcèlement d’inspectrices de l’AIEA est absolument inacceptable et nous vous demandons avec force d’établir clairement dans votre communiqué national du conseil d’administration qu’un tel comportement est déplorable et qu’il doit immédiatement cesser, et que la direction de l’agence prendra des mesures si de tels incidents se reproduisent à l’avenir », serait-il écrit dans ce document.

L’article de mardi est publié alors que les perspectives visant à redonner vie à l’accord sur le nucléaire moribond conclu entre la République islamique et les puissances mondiales restent bien incertaines. Les négociations, à Vienne, sur la limitation du programme nucléaire iranien – en échange d’un allègement des sanctions qui sont appliquées à l’Iran – se trouvent dans l’impasse depuis le mois de juin.

Au début du mois, l’AIEA a fait savoir dans un communiqué que l’Iran avait quadruplé son stock d’uranium enrichi à plus de 60 % depuis mai. L’agence a aussi noté que les opérations de vérification et de contrôle avaient été « gravement sapées » depuis le mois de février, après le refus de Téhéran de laisser les inspecteurs de l’AIEA mener leur mission de contrôle des équipements.

Les grandes puissances perdent désormais patience, plus de deux mois après la suspension des négociations qui avaient commencé au mois d’avril sous les auspices de l’Union européenne, visant à redonner vie à l’accord international conclu en 2015.

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